‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 98 sur 186 · CHAPITRE VII. 18îi · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. 18îi

temps redoutés des Guises, des Tavannes et des Montluc. Cette impression publique n'arriva pas aux rangs plus élevés de la société. On vit la duchesse de Montpensier \ aussi courtoise pour Catherine que pour Henri, se rapprocher d'elle comme d'une protectrice et d'une amie, et lui offrir en présent de réconciliation les guipures d'Anne de Bretagne et de Claude de Valois, riche parure que la belle ennemie de Henri HT avait portée avec orgueil durant ses jours de triomphe et de jeunesse.

Ces honneurs dissimulaient de constantes épreuves et des dangers incessants. Si Henri avait triomphé de ses principaux ennemis, il n'avait pas dominé l'esprit d'insubordination de sa cour guerrière. Le roi et sa sœur étaient sans cesse obligés de réprimer des divisions sanglantes et de redoutables prétentions. Autour du roi, c'étaient les princes, le comte de Soissons surtout, qui s'agitaient dans une turbulente ambition. Près de

1. Catherine-Marie de Lorraine, fille du duc de Guise assassiné devant Orléans, née en 1552, morte en 1596 sans postérité. On sait quel rôle elle avait joué durant les guerres de la Ligue.

m CATHERINE DE BOURBON,

Catherine^ il y avait les huguenots mAcontents, les grandes dames oahinistes, irritées de la bienveiUanea avec laquelle Henri et sa sœur accu^laiept les princesses de Guise ^ fallait ainsi lutter contre les aversions des partis, savoir transiger avec ses propres souvenirs, se montrer à la fois indulgents et fermes. Catherine soutenait moins vaillamment que Henri ce rôle difficilOé Avec autant d'esprit, plus de constance, moins de génie et d'expérience, elle n'acceptait pas sans scrupule et sans effroi les difficultés de sa position et le^ exigences de la politique de Henri ; le désordre des mœurs, le luxe .des maîtresses du roi, tout, dans cette cour militante, 1 Wensait ou Talarmait. Il y avait encore le peuple si différent de celui de Béarn, le peuple toujours agité par les vieilles haines du passé, dont la passion se manifestait encore par la menace et l-assassinat. L'année i594, signalée par tant d'événements importants, devait se terminer par la tentative de meurtre de Jean Châtel sur Henri IV. Catherine apparaît pieuse et imposante dans la douleur que lui cause le

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