‹ Catherine de Medicis drame en cinq actesChapitre 1 sur 67 · POLTROT, ALFIÉRI · texte numérisé non relu

POLTROT, ALFIÉRI

Au lever du rideau, une patrouille d’Archer» traverse le théâtre leniement. Poltrot observe les mouvements des soldats ; lorsqu’il est certain d’étre seul , il va à la porte et introduit* Alfiéri.

poltrot. Ils s’éloignent. (Ouvrant ta

un pavillon auquel on parvient par quelques degrés ; dans la forteresse; sur le 1®' plan, à gauche, une petite porte.

porte.) Venez , messire ; soyez sans inquiétude , personne ne vous a vu. Savez-vous bien qu'en introduisant ainsi un étranger au chiteau de Méziéres , je commets une action unissable de mort? Oh ! si le maréchal haitait ce manoir, je me serais bien donné de garde de céder à vos sollicitations; mais. Dieu merci , madame de Saint-André v est seule ,

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cl madame est une bonne et noble châtelaine.

alfiêri. Sois certain que la récompense ne se fera pas attendre.

poltrot. C’est moi qui m’acquitte envers vous , messire , car deux fois dans ma vie je vous ai rencontré sur mon passage. . . alors de grands malheurs me menaçaient : après m'avoir en quelque sorte prédit ce qui devait m’arriver, vous fûtes assez, bon pour appliquer le remède au mal... deux fois enfin vous fûtes mon sauveur, et j’ai juré de vous obéir aveuglément

Ai.Fif.ni. Et jusqu’alors . tu as fidèlement tenu ton serment

POLTROT. Jusqu'alors oui , c'était mon devoir; mais aujourd'hui j’avoue que ce mystère dont vous vous entourez, cette insistance à vouloir que je vous introduise au château pendant la nuit...

alfiêri. Va te sembler toute naturelle.. . Kn me présentant au pont-levis du château il m’eût fallu décliner mon nom , mes titres, et l’entretien secret que je veux obtenir delà comtesse m'eût été refusé.

poltrot. Un entretien avec la comtesse!...

je. comprends... le mystère était indispensable.

*•* alfiêri. Vous êtes curieux , mon maître, et'snrtout raisonneur.

poltrot. Pardonnez- moi , messire, je saurai trouver le moment favorable de vous faire parler â la comtesse, et je veux jusque-là vous dérober à tous les yeux.

Il fait un mouvement pour «ortir.

alfiêri. Dis-moi , que devient ce jeune homme qui jadis fut recueilli par la comtesse et auquel elle témoigne la même affection qu’à sa propre fille ?

poltrot. Messire Stelli... c’est un brave et beau cavalier... brave comme sou é;>6e et avide de gloire. ..

alfiêri. Et... semble-t-il satisfait de sa position?

poltrot. Je le pense , et vous dire qu'il quitterait le château avec joie serait peut-être mentir, car si messire Stelli aime la gloire , je crois qu'une autre passion lui tient aussi fortement au cœur...

alfiêri. Une passion?

poltrot. Je me trompe fort, ou damoiselle Blanche de I.uslrac , née du premier mariage de la maréchale, a v ivement impressionné notre jeune homme.

alfiêri. A merveille ! Quant à madame de Saint-André elle le verrait sans doute s’éloigner avec plaisir : un jeune homme sans nom ne peut aspirer à la main de sa fille. Et mademoiselle de I.uslrac répond-elle à l'amour de Stelli?

TH É ATR A I-

poltrot. Qui diable |>eul deviner ce qui • se passe dans le ccegr d’une jeune fille... Croyez-moi , messire , il fait grand jour, madame la comtesse vient chaque matin dans ce pavillon... peut-être serait-il prudent..

alfiêri , préoccupé. Je te suis.

I poltrot. Hâtez-vous , messire , on vient de ce côté !

alfiêri. Quel est ce jeune homme? > poltrot. Messire Stelli... mais, Dieu nn- .damne, mademoiselle l'accompagne... Oh!

les amoureux... Venez, messire, venez passage doit être libre.

alfiêri. Un moment !

poltrot. Qu'allez-vous faire ?

alfiêri. Je dois parler à ce jeune homme, j’attendrai là qu’il soit seul.

poltrot. Seul... il est en trop bonne compagnie pour la quitter de sitôt — vous allez me compromettre, c’est sûr.

alfiêri. Laisse-moi, te dis-je.

POLTROT. J’obéis.... au diable le serment... Prenez garde , le jeune faucon n’est pas endurant.

alfiêri. Sois sans crainte. (Poltrot torl.) i Cet amour , s'il existe , peut me servir; saj ( lions donc si maître Poltrot était bien informé.

Il se cache i l’angle du pavillon.

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