‹ Catherine de Medicis drame en cinq actesChapitre 18 sur 67 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

CATHERINE, Af.FlÉRI.

aêfiFri. Votre Majesté me pardonnera si je l'ai fait attendre.

CATHERINE. Oui, sans doute, je vous pardon lierai en faveur des nouvelles que vous m'apportez... Que disaient les astres cette nuit, Alfieri? vous savez que sur votre grande renommée, je vous ai lait quitter l’Italie pour vous attacher à notre personne, eu vous investissant de toute notre confiance. Quel est le résultat de vos travaux de celte nuit? ALFIËR1. Itien de bien favorable, madame. CATHERINE. Que dites-vous là!

ALFlÊRl. Oh! ras urez-vous... cependant j'avouerai à Votre .Majesté que le meilleur moyen de détourner le coup qui la menace serait...

Catherine. De signer cet édit qui donnerait aux huguenots le droit d'exercer librement leur culte- . Non, je ne le signerai pas;., oubliez-vous que je ne puis abaisser l'orgueil du parti catholique qn en lui opposant celui des protestants ? Pendant qu'ils se battront, Mfiéri, j’aiîcrmirai mon autorité... Non, non, je ne signerai [tas.

ACFlÉHl. Songez aux maux qu’occasionnera cette guerre.

CATHERINE. Et qui donc devra se les reprocher si ce n'est M. de Guise?... Mais parlez... le moyen, selon vous, d’échapper à cet odieux joug sans qu’il soit question de votre édit...

alfiêue le vous ai fait connaître ce qui s'est | tassé dans ce conciliabule tenu au château d'Anet, la ligue formée entre &1M. de Guise, le connétable de Montmorency et le maréchal de Saint-André , faction qui n’a d'autre but que celui de renverser votre autorité.

Il observe Catherine.

CATHERINE, avec impatience. Je sais tout cela. . . je sais même que dans cet odieux conseil l’un d’eux u’a pas craint de proposer de me faire coudre dans un sac et jeter à la Seine... Oh! si je savais lequel 1.... Le moyen de perdre ces trois hommes , Mfiéri, et je te fais plus riche que le roi de France !

THÉÂTRAL

ai.fiF.ri, après un mouvement de joie. Le parti des Guise est trop puissant pour l’attaquer de front... v

Catherine. Je le sais... aussi préféronsnous la ruse à la force.

alfiFri. I.e prince de Condé fut bien injustement envoyé en exil... si Votre Majesté...

Catherine. Rappeler le prince, voilà ce que vous voulez dire!... Oh! oui, ce serait un coup de maître... mais le puis-je ? t .. Il faudrait un prétexte, on pour mieux dire, c’est impossible; notre beau cousin de Guise ne manquerait [vas de nous accuser de trahison envers la nation... et puis le prince est en Navarre.

AiriÊRl. Le prince est en France, madame, à quelques lieues de Paris.

Catherine. Que dis-tu là?

ai.fiFri. Je dis qu’en ce miment M. de Saint-André est mort de la main de monseigneur de Condé, ou que ce dernier est prisonnier du maréchal.

Catherine. Saint-André mort!... Condé en France!... Oh! ce serait trop de joie...

vous vous abusez ; mais qui dune aurait conduit cette intrigue?... vous?... oh! notre docte ami, s’il en est ainsi, je vous rends les armes.

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