‹ Catherine de Medicis drame en cinq actesChapitre 35 sur 67 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

HÉLÈNE, STELLL

STELLl. Me pardonnerez-vous, madame, d’avoir involontairement interrompu cet entretien ?

Héiène, arec bonté et distraite. Te pardonner... approche, enfant!

STELLl , a part. Toujours la même bonté... Jamais je n'oserai...

Hélène. Eh bien! pourquoi cet embarras?

crains-tu que je te demande ce que peut te vouloir monsieur de Saint-André, ce que signifie le mystérieux rendez-vous qu'il vient de te donner?

STELl.l. Je ne puis craindre nne question h laquelle il me serait impossible de répondre.

Hélène. Tu ignores ce que te veut le maréchal ?

stelli. Entièrement, madame, je vous , l'assure.

Hélène , à pnrt arec joie. Oh ! je me sens délivrée d’une horrible inquiétude! [Haut.) Qui donc, te retient ainsi éloigné de moi ?

depuis hier je ne t'ai pas vu... n'aitneraistu plus celle qu'avec tant de bonheur tu nommais...

STELl.l, sur un mouvement d’Hélène et arec effusion. Arrêtez... Moi, ne plus vous aimer? Tant d'ingratitude ne pourrait entrer dans mon âme.

HÉLÈNE. I examinant. Eh bien! mais qu’est-il arrivé? pourquoi ces pleurs?...

STELLl. C’est que’je souffre tant, voyezvous?...

iiêiène. Toi... Oh! je comprends maintenant .. car je t'ai deviné : une mère sait toujours lire dans le cceurde son enfant

stelli , bas et avec désespoir. Ma mère !

Hélène. Oui... j'ai deviné qu'un atuour plus fort que ta raison s'est emparé de ton cœur; j'ai deviné que Blanche...

STE LLl. Oh ! taisez-vous , madame ; cet amour est un crime , en parler est une honte !

héiène. Un crime! (J part.) Hélas! l’amour calcule-t-il les distances ! (Haut.) Qui donc peut désirer tou bonheur, si ce n'est moi?

stelli. Du bonheur pour moi! Oh! non...

depuis la révélation de ce fatal secret, qui dans toute autre circonstance eût (ait ma joie, toute idée de bonheur est à jamais anéantie , perdue. ..

héi ène. Un secreL..

stelli. Vous allez m'ordonner de vous fuir... me maudire peut-être , lorsque vous apprendrez que ce secret que vous vouliez cacher à tous , j'ai su le pénétrer, moi !...

Hélène. Mais je ne te comprends plus.

STELLI , bort de lui. Eli bien !... puisqu'il le faut, puisque je dois parler... ('duce désespoir.) Au nom de Dieu qui nous entend...

dites, madame, oh ! dites que ma mère n'est pas coupable... ( tombant à scs pieds.) Ditesmoi que je ne suis pas votre Tils.

héiène. Tanière!... moi?...

stelli. Retrouver celle que l'on doit aimer et respecter à I égal de Dieu , la retrouver pour maudire le jour qu'elle vous a donné... oh ! c’est affreux!

Hélène. Mais explique-toi donc , au nom du ciel.

stki.il La retrouver déshonorée, flétrie...

HÉLÈNE, se rappelant les reproches du Maréchal et sa lelhe. Grand Dieu! quelle horrible lumière. (Elle outre la lettre et la parrourt.) Oh ! les infâmes!., les infâmes !.. (A pari.) Mais je n’ai pas écrit cela, moi... Non... et cependant, c'est bien mon écriture. (Haut.) Oh ! mais c'est horrible !

STELLI. Oui... bien horrible!

Hélène. Arrête... ne blasphème pas , ne m’oblige pas h te maudire comme je les maudis , ceux qui me font si malheureuse.

( A fri, ) Je comprends tout maintenant , et les soupçons du maréchal et votre conduite, madame la reine; il vous fallait ma honte, le sacrifice de mon honneur; mais détrompez-vous, car je saurai le défendre , je parlerai... oh ! oui, je dirai... Sèche tes larmes, enfant, je ne suis pas coupable, vois-tu... et d'un mot je puis...

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