‹ Catherine de Medicis drame en cinq actesChapitre 44 sur 67 · ALFIÉRI, CATHERINE · texte numérisé non relu

ALFIÉRI, CATHERINE

CATHERINE. Eh bien, docteur, que se passet-il? pouvez-vous enfin calmer l’inquiétude qui me dévore?

alfiÊri. Ah! madame, qu’avez -vous fait, en exécutant votre projet de pénétrer incogniloet presque seule dans cette ville? si votre retraite était découverte... si ces forcenés pou-

vaient se douter que le vieux château dis anciens comtes de Dreux, dont on a fait un arsenal, abrite en ce moment la reine de France, que deviendrait Votre Majesté?

CATHERINE. Et qu’oserait tenter cette populace contre notre royale personne, docteur.

ai.fiéri. Tout, madame... Avez-vous oublié que les uns vous accusent de favoriser le parti des huguenots. .. tandis que les autres prétendent au contraire que le duc de Guise n'agit qu'à l'instigation de Votre Majesté... l’reuczy garde, madame, car ce peuple souffre...

Catherine, arec impatience. Laissons cela, docteur. Avez-vous des nouvelles de ce jeune homme ?

Bruit de voix de dehors.

alfiêri. Stelli!... En présence de tant de dangers, quel intérêt si grand Votre Majesté prend-elle à ce page, quand elle 11e songe pas même à la comtesse de laquelle nous avons été si traîtreusement séparés en gagnant ce donjon...

CATHERINE. Que m'importe cette follecomtosse de Saint-André? Quant à l'intérêt «,iic m’inspire ce jeune homme... faut-il vous répéter que vous ne pouvez, que vous ne devez chercher à me comprendre? [Après une pause et ave - intii ét.) Et vous dites l’avoir reconnu au milieu de ce peuple?

alfiêri. Eu effet, madame, dans le trajet de la porte Chartraine ici, j'ai remarqué un jeune homme qui, vêtu des habits de ia corporation des colporteurs, allait de groupe en, groupe, excitant le peuple en faveur de M de Condé, et dans ce jeune homme j'ai cru reconnaître...

MAGASIN THEATRAL

Catherine. Oh ! nui. il aura quitté le Lou- Tre pour rejoindre l'année de Coudé doul il croit devoir embrasser la cause. . . Cette funeste intrigue perdra cet enfant... mais comment, et pourquoi dans celte ville T

alfiéri. Comme émissaire du prince, n'en doutez pas.

Catherine. Vous avez raison... Mais alors il serait exposé aux plus grands dangers...

Tenez, Alfiéri, celte idée me tourmente et me torture... (Bauit dehors.) Ecoulez, docteur, écoutez!...

Elle approche du balcon.

aLeiêRî. C’est le lion qui se réveille... l’émeute qui se fait entendre de nouveau...

Éloignez-vous, madame; si l'on vous apercevait tout serait perdu 1

Catherine. Non... je veux voir... Grand Dieu! mais je ne me trompe pas... voyez, Alfiéri... là . au milieu de ces hommes...

alfiéri. Retirez-vous, madame; craignez d'attirer leur attention du côté de ce balcon.

Catherine. C esl lui, vous dis-je, mon Dieu... c'est bien lui... Oh! mon emur ne me trompe |ias. .. Arrêtez, arrêtez!...

alfiéri. Silence! madame, il y va de la vie peut-être.

CATHERINE. Eh! que m’importe! c’est la sienne qu'il faut sauver... (kiurez, Alfiéri. .. Ils vont le tuer, mon Dieu ! mon Dieu, pitié! allez, vous dis-je... dites que r'est de la part de la reine... promettez de l'or... priez...

ordonnez. .. Oh ! ces hommes. , . ces hommes. . . je ferai mettre le feu à leur ville maudite... Mais partez donc, monsieur; ne voyez-vous pas que je ne veux pas que cet enfant meure?

ALFIÉRI, à part el bat. Moi non plus... il n’est pas temps encore.

II sort.

Catherine. Courage, mon Stelli... noble enfant... comme il se défend., oh! que ne puis-je faire de lui un roi de France! (Elle te cache.) Mon Dieu! ( Regardant de noureau.) Je ne vois plus rien. . tout a disparu... ils l'auront tué, les misérables. (Parcourant lu scène, avec fureur.) Oh ! bourgeois et manants de notre bonne ville de Dreux, bientôt vous apprendrez à connaître ce que vaut la vengeance de Catherine de Médicis. Je ne vois plus rien... qui me délivrera donc de cette horrible iucertilude ?

(Sanglotant.) Mon enfant! mon enfant !...

ce braie., quel est ce bruit?

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