C.VTHERINE
Comment?
LOUISE
Il nous a trompées... on vient le chercher. „ il part à l'instant !
CATHERINE, avec un cri.
Lui!
MAUmC", allant ou^Tir.
Calmez-vous.
CATHERINE, furieuse.
Ça ne se peut pas !... non, jamais !...Q!i"ils viennent... qu'ils viennent le chercher !... Je me moque du sergent, du préfet, de tout le monde, et même des gendarmes !
■(Elles s'emparent toutes deux de IMaurice, qu'elles semblent vouloir défendre. La porie s'ouvre.)
OOOOOOCW>(S0CCSOO£w9OOCwOSSOO£a3âCOOL«O«OCeC3OCSOOCO
scÈrsE X.
AtrSTERLITZ, CATHERINE, MAURICE,
LOUISE
AUSTERLITZ, le sac sur le dos et le fusil sous le bras.
Snlut la société!... Mes belles demoiselles, souffrez que je me réincline... (A Maurice.) Ah ça ! jeune et beau guerrier, voilà le jour... et...
C'est bon !... on n'a pas besoin de vous ici... Tournez-moi les talons... et plus vite que çal
MAURICE et LOUISE.
AUSTERLITZ, souriant à Catherine.
C'est bien ce que nous allons faire, mon ofiîcier... résolument et du pied gauche... coniuic disait un ancien militaire ! mais avant de nous embarquer dans ce charmant pèlerinage, voici une petite feuille de route que je prie l'ami Maurice... (Il li'i tend un papier.) CATHERINE, voulant Se jc ter dessus.
Je vais la déchirer, votre feuille déroute... AUSTERLITZ, l'arrêtant et donnant le papier à !\Iaurice.
Sac à papier !... Minute !... pas de bétije, la petite mère!... Vous en seriez bien fâchée... c'est son congé...
TOUS
Son congé!...
Qu'est-co que vous dites?
LOUISE
Il serait possible !
MAURICE, qui a parcouru le papier.
Oui, vraiment., mon congé ! ma libération !... Je ne pars plus ! Qu'est-ce que cela signifie ?...
AUSTERLITZ
Ca signifie que vous pouvez rester dans vos foiliers respectives !...
CATHERINE, hors d'elle.
Mon frère!...
LOUISE, de même.
Maurice !...
CATHEl.i-T.,
Ah ! j'en deviendrai folie de joie!... Comment, Irtonsiciir le sergent, ce papier!... (Elle le couvre de baisers.) Et c'est VOUS qui nous l'apportez 1 Oh ! que VOUS êtes bon ! que vous êtes beau !... AUSTEnLiTZ, souriant.
Elle est connaisseuse !...
CATHERINE, lui Sautant au cou.
Il faut que je vous embrasse...
AUSTEIILITZ.
Ke vous gênez pas... pour peu que ça vous fasse plaisir...
LOUISE, Itii sautant au cou de l'autre côté. Et moi aussi "...
AUSTEULITZ.
Allez... allez... on reçoit à bureau ouvert! Cré nom d'un petit bonhomme! si les Cosaques avaient CCS manières-là !...
MAURICE
Eh! vite, Catliorine... du vin !... Le sergent boira bien un coup avec nous.
AUSTEULITZ.
D'ux même... si la chose se présente... Le conscrit n'est jamais remplacé pour payer à l'ancien.
J'y cours...
MACRICE.
Et du meilleur, au moins!...
ACSTERLITZ.
AIR : AdiL'u, je vous fuis, bois charmant.
Du meilleur, c'est un mot charmant ; V'Ià comm' jaim' qu'on parle, mon brave.
CATHERINE, en sortant.
Pour moi, j'ai le cœur si content, Que j'vais vous monter tout' la cave t
AUSTEULITZ.
Très bien ! nous boirons tous les deux. J'ai pris part à votre tristesse ; Mais à pré.sei:tqu"vous ét's heureux, Je veux partager \oire ivresse !
(Il Se met à table avec .Maurice, et mange pendant presque toute la scène.)
(Souriant.) Co n'( st pas de moi cetle idée-là... c'est (l'un ancien militaire!....
HAU;aci:, à Louise.
Mais, en vérité, je n'ose y croire... Ça me paraît un songe, une vision... Ma Louise, je ne te quitterais plus...
austerlitz.*
Et vous n'en serez pns fâché, malgré votre Inimetir belli'ineu<e.. On ne se sépare pas eomme ça d'un joli pflil caniarade de... (Louise baisse Us yeux.) >"e craignez rien, -eune fille... le Français est malin et lé;'.er... mais plein de convenances. (Cath"rine revient ei ))r<ce tlenx bouteilles sur la table.) MATRICE, versant & boire.
Mais expliquez-nous donc comnient ce congé... car je n'y comprends rien encore !...
' Auâterliiz h table , Mourire, et Louise près de Maurice.
AUSTERtlTZ.
C'est juste ! j'oubliais la moitié de la consigne...
M.\URICF, choquant son verre.
A voire santé !...
AUSTErîLITZ.
A la vôtre! sans oublier ces dames! (Tirant un papier de sa pociie.) Vous n'êtes pas sans savoir que vous avez une sœur... mani>elie Catherine Pilois. CATHERINE, saluant en militaire.
Présente !
AUSTEULITZ.
Très bien ! le corps en avant, la main droite au bonnet ! J'aime la folie dans ime femme!... Pour lors, caporal... voilà le mot d'ordre...
(Il lui présente une [lettre.) CATHERINE, prenant la letire et l'ouvrant. Une lettre 1... pour moi ?...
AUSTERLITZ
Personnellement...
CATHERINE, dc même. Eh bien ! je n'en ai jamais reçu !
'MAURICE, pendant qu'elle lit.
Qui est-ce qui peut lui écrire ? et qui vous a remis celte lettre, sergent?
AUSTERLITZ
Un individu qui m'est parfaitement inconnu!...
MAURICE
Et c'c-st pour ma sœur ?... (Voyant qu'elle fait un mouvement.) Eh bien! Catherine... Catherine, qu'as-t!i donc?
CATHERINE, un peu émue.
Moi? rien... rien... Xh bien ! c'est drôle 1... Dame ! après loat, je l'ai dit! il a raison ! ça m'est bien égal !
MAURICE, vivement.
Oui, mais ça ne nie l'est pas, à moi!... et je veux savoir... (il saisit la leiire.)
AUSTERLITZ, buvant.
C'est jiistel un frère est un ami... comme dirait un ancien. .. Non, c' n'était pas unmililaire, celuilà .c'était un écrivain publicl
LOfiSE, se pressant près de Maurice.
Q;ii i!c est dpr.c'teltc lettre?
MAURICE, lisant.
« Mamselle, » Vous ne ire coumissez pas... mais moi, je » vous ni vue tout à l'heure .. tandis que vous » vous désoliez du départ de votre frère! car j'é- » lais là... près dc vous... »
LOUISE, m'Uitrant la porte .t droite.
Comment ! c'était /e voy.Te'ir...
CATTJr.KINE.
Il no"S éronti:it!...
M A un 'CE.
Par exemple! (Toiuii u:>nt ) « .Te pnrs'sans con- » diiion...je remplace votre frf'rel... vous îivez » besoin de lui et personne n'a besoin de moi !... » car je suis sans rmiille, sans amisl... mais je « suis bon... et je vous aime depuis que je vous