ACTE II, SCENE VIII
par pitié, ne me trompez pas!... Une pareille espérance déçue, j'ea mourrais!... je me tuerais d'aisord.
CATHEUîXE, effrayée.
Allons, voilà déjà sa mauvaise tête !
CHARLES, hors de lui.
Non, non, je ne me tuerais pas... Mais si j'étais aimé... si quelqu'un, par pitié, par bonté, consentait à se charger de mon bonheur... ma vie entière ne sufOrait pas pour reconnaître un si grand bienfait; j'en deviendrais fou de joie 1
Il va devenir fou à présent !
CHAULES, lui prer.aiit la main.
Non, non... mais si c'éluiL vous... vous!
CATHERINE, souriant.
Vous n'auriez pas pe;ir que je vous trompe?
CHARLEÏj.
Me tromper ! est-ce que je ne vous connais pas? est-ce que je ne sais pas par votre frère tout ce que vous valez?... En venant ici, s'il faut vous l'avouer, eh bien! c'était ma dernière espérance.
catueplIne, émue.
Vraiment !
CHARLES
Me tromper!... vous, Catherine!... oh! non... vous en êtes incapable ; et quand vous m'aurez dit, en me donnant votre main : Monsieur Charles, je vous aime... je suis à vous... je vous appartiens... je serai tranquille; car vous ne le direz qu'une fois dans votre vie, et jamais vous n'avez manqué à votre serment !
CATUEUlNE, qui a étû frappée pendant ces derniers mots.
Un serment!... que dit -il?... Ah! grand Dieu!... mais j'en ai fait un autre, et je l'oubliais I
CHARLES, remarquant son trouble.
Qu'avez-Yousî
CATHEUi>'E, pâle et tremblaiile.
Rien!... rien!... mais laissez-moi.
CHARLES
Laissez-moi, vous dis-je ! (Se cachant la figure dans sa main, et d'une voix entrecoupée.) Ah ! malheureuse ! (Elle s'enfuit dans la maison.)
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