ACTE II, SCENE XV
MAURICE
Que veuî-tu î CATHEniNE , regardant du côté du pavillon.
Il était mort! et lui qui ose se présenter ù sa place, qui ose réclamer ses droits!... Ah ! quelle indignité!...
ACSTERLITZ.
Qu'est-ce que vous dites?... Comment ! il y aurait un être assez dégradé... assez avili.
LOUISE
Oui ! un homme qui prétend que c'est lui qui est parti à la place de Maurice...
MAUBICE.
Qui le soutient...
Qui voulait m'épouser !
AUSTEBLiTZ , furleux.
Mille Kremlins! quelle infamie! tromper de braves gens! prendre le nom d'un camarade, et vouloir prendre un susterfuge auprès d'une jeune fille... Où est-il 7
MAURICE, montrant le pavillon.
Dans celle chambre! Mais je ne puis croire... AUâTEBLiTZ , froidement et la main sur son sabre.
Je vas lui dire deux mots... à ses oreilles 1...
MAURICE
Non, non 1...
LOUISE
Prenez garde 1...
C'est un officier...
AUSTEHLITZ.
Qu'est-ce que ça me l'ail ! ..
BIAURICE.
Un brave !
AUSTERLITZ
Tant mieux!... je lui passerai mon sabre au travers du corps ; j' peux pas faire moins pour un ami !... (Il fait un pas vers la porte.)
MAURICE, remontant aussi.
Je ne souffrirai pas...
LOUISE, effrayée.
Ah ! mon Dieu !
CATaERINE.
Ils vont s'égorger !
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SCIÎNE XV.
Les M£:mes; CHARLES, prêt à partir et sortant du pa\illun.
AUSTERIJTZ, tirant le sabre.
SSîlic tonnerres! c'eit donc vous... (Il l'envisage.) Que vois-je?...
CHARLES
Auslerlilzl
AUSTERI.ITZ.
C'est lui !
(Il jette son sabre et s'élance à son cou.)
TOUS, étonnés.
Ils s'embrassent !
AUSTEBLITZ, fou de joie.
Il n'est pas mort ! mon bon Charles...* ENSEMBLE.
AIR : Âh i mon Dieu, quel malhear ! [FBUittB de t'AVOVé.) Ah! grand Dieu, quel bonheur I Est-ce un prodige ? ô joie extrême I
D'ivresse et de bonheur Comm' Je sens s'agiter mon cœur I
celui 1"f.J*"«y3» mort, qu'il croyait ^
Le voiU donc... oui, c'est lui-même.
Ab I Je bénis le sort
De pouvoir l'embrasser encor.
MAURICE, trèsémn.
C'était mon lieutenant.
Qui me remplaça l'antre année.
CHARLES
J' von» l* disais dans l'instant.
Qu' j'étais iixjuste en 1' repoussant I LOUISE.
Cte croix qu'il n'avait pas.
AUSTERLITZ
J* crois bien, puisqu'il m' l'avait donnée. MAURICE.
Vous pleuriez son trépas ?
Il était mort !...
AUSTERLITZ, avec transport.
Il 11' l'était pas !
(Tous sautent au cou de Charles.) ENSEMBLE.
Ah î grand Dieu, quel bonheur ! etc,
MAURICE, gaîment.
Avons-nous eu du mal à nous y reconnaître.
AUSTERLITZ, à Charles.
Mais comment diable vous en êtes-vous lire?... Car, enfin... je vous ai tenu mort dans mes bras!...
CHARLES , souriant.
Je n'étais qu'évanoui... Ramassé par un brave
chirurgien-major... il a long-temps désespéré de
moi !... mais au bout de trois mois j'étais en élal
de recommencer, et j'en ai attrapé bien d'autres 1
AUSTEULITZ.
Je n'en suis pas en peine... Vous étiez fait pour avoir tout ce qu'il y a de mieux en ce genre-là !
CATHERINE, tri's émue et regardant Charifs.
Celait vous... vous que je repoussais... que je désespérais.
AUSTERLITZ
Comment ! eh bien ! on vous en donnera des ' Haarice, Catherine, Austerlitx, Charles, Louise.
épanlettes de la jeune garde pour que vous me les arrangiez comme ça!
CATHERINE, tendant la maio à Charles.
Pardon, pardon! je t'avais méconnu... mais je t'aimerai deux fois!...
CHARLES, lui baisant la main.
MACRICB, la contrefaisant.
Ma croix ! ma croix... montrez-moi ma croix !
Ah! je n'étais coupable que par excès de fidélité!
ACSTERLITZ.
C'est d'autant plus beau... que c'est infiniment plus rare... Ce n'est pas d'un ancien militaire ça... c'est de moi !...
MAURICE, à sa sœur.
C'est égal , voilà une croix qui sera ta croix d'honneur !
Elle ne me quittera plus... je lui dois mon bonheur!...
CHARLES
Et moi donc !
MAURICE et LOUISE.
Et nous!
AUSTERLITZ
Et moi! Il y a de l'écho I...
MAURICE
Eh bien! sergent... faites comme lui... restez aussi avec nous!...
AUSTERLITZ
Oh ! je ne peux pas, moi... Je n'ai ni femme, ni cnfans... mais j'ai mon Empereur... là-bas, qui m'attend à l'île d'Elbe... Je suis sûr qu'il a déjà dit : « Où est donc Asterlis ? il n'y a donc plus d'Aslcrlis? « Oh ! que si... on y va, mon général !... Le plus souvent que je le planterai là... tout seul.
CHABLBS, riant.
Et s'il ne veut pas de toi ?
AUSTERLITZ, avec Un tournoiement d'épanle.
Laissez donc !... il n'est pas si dégoûté!... Seulement... (Baissant la voix.) si nous revenions, quêtefois... On ne sait pas... faut rien dire. . faut pas prévenir les autres... Je vous dirais bonjour en passant, et je fumerais une pipe avec vous!
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOflOOOQOflCOOOOÇOOOO