CHAPITRE ly
Infidélité: Deeniéee Conséquence du Peotestantisme
SECTION I
RÉFUTATION DE L'InFIDÉLITÊ 317
Existence de Dieu 319
Immortalité de L'Ame ^ . . . 322
Nécessité de la Religion 326
Nécessité de la Révélation 327
Mission Divine de Jésus-Christ 831
Différence entre l'Eglise et les autres Institutions
Humaines 344
Axiome de St. Ambroise 347
SECTION IL
Solution des Objections 350
Mystères 350
Peines Eternelles 356
Prétendue Opposition de la Révélation à la Géologique et à l'Histoire
CONOLTJSION 371
Lorsque ron examine la nature intime du Protestantisme, et que l'on en considère le point de départ et la tendance logique, on est porté* à le juger d'une manière qui peut paraître dure et même injurieuse, et qui, toutefois, est parfaitement conforme à la vérité et à* la justice. Ce jugement surtout s'applique à ce qui en forme le caractère psychologique, auquel, peut-être, jusqu'à présent, on n'a point fait assez d'attention. Chose étonnante ! Le protestantisme, tel qu'il fut enseigné par les premiers réformateurs, et tel. qu'il est encore admis de nos jours, au moins quant à la substance, s'est appliqué à retrancher du symbole catholique les articles les plus capables d'inspirer des pensées de consolation et d'espérance, et qu'a-t-il inventé pour les remplacer ? Des doctrines qui inévitablement plongent l'âme dans la tristesse et l'abattement, et la précipitent enfin dans l'abîme du plus profond désespoir.
Si le fait que je signale est réel, il faudra bien en convenir, le protestantisme aura de la peine à justifier ses droits, et à se faire reconnaître comme prenant sa source dans une révélation divine. Il est si
évidemment incompatible avec les besoins du cœur et les exigences de la raison, que même, en ne regardant le Catholicisme et le Protestantisme que comme des inventions purement humaines, il serait plus aisé d'expliquer comment un protestant peut devenir catholique, que d'assigner une raison solide au changement d'un catholique qui se fait protestant. N'est-il pas en effet plus naturel de croire à des dogmes encourageants 'et consolants que d'admettre des doctrines qui désolent et bouleversent le cœur ? L'acte par lequel vos ancêtres ont rejeté le Catholicisme, avec toutes les consolations qu'il présente, pour embrasser une religion d'angoisses et de désespoir, m'a toujours paru le fait le plus étonnant consigné dans les annales du genre humain. Un pareil choix n'a point été le fruit du calme et de la réflexion ; il n'a pu être, selon le témoignage de l'histoire, que le résultat de la violence et de l'aveuglement des passions. Pour prouver ce que j'avance, il n'est pas nécessaire de démontrer l'origine divine de l'Eglise Catholique et de ses doctrines. Je le ferai voir en peu de mots, et d'une manière concluante, lorsque, dans la suite de cet ouvrage, je discuterai le fondement de la foi. Il n'est pas même nécessaire que les protestants qui me lisent s'accordent en tout avec les premiers auteurs de la réforme. Pour établir le point en question il sufîira de montrer qu'ils ont maintenu des doctrines désolantes et désespérantes, et que celles des protestants de nos jours sont encore les mêmes en
substance, SOUS beaucoup de rapports, et les mêmes en principe, sous tous les rapports.
• Mon intention n'est pas d'entreprendre une longue et pénible discussion, ou de composer une symbolique telle que celle de Moeler ou de Buchmann ; tout ce que je me propose, c'est de comparer ensemble les doctrines des Protestants et des Catholiques, et d'en examiner la nature, avec les conséquences logiques, des unes et des autres.
A mesure que nous avancerons dans cette comparaison, je vous donnerai des preuves de l'accusation que j'intente contre le protestantisme. D'un côté, la doctrine catholique vous paraîtra non seulement féconde en consolations, mais tellement en harmonie avec les besoins de l'homme, qu'elle ne peut être que le don de La main de Dieu, puisqu'elle porte en ellemême l'empreinte de la vérité et d'une beauté toute divine ; de l'autre, vous serez obligé d'en convenir ; le Protestantisme, en rejetant les principaux articles de notre foi, a défiguré le symbole commun à tous les Chrétiens, vous a dépouillés de ce qu'il y a de plus saint dans les pensées et de plus doux dans les sentiments, et ce qui est plus déplorable, vous enlève l'espérance de votre salut éternel.
Après avoir passé en revue les principaux points controversés entre les Catholiques et les Protestants, il me sera permis de vous demander avec l'accent de l'étonnement : Comment vos pères ont-ils pu embrasser une religion si extraordinaire ? Comment
* leurs descendants s'attachent-ils à un système religieux si complètement dépourvu de consolation et d'espérance ?
Je vous montrerai, en second lieu, que le seul obstacle qui empêche votre retour à l'Eglise Catholique consiste dans le peu de soin que vous prenez d'examiner le fondement de la foi, et dans des préjugés qui ne s'appuient sur rien de solide.
Enfin, je réfuterai, en peu de mots, i'infidélité, dernière conséquence logique du protestantisme.
Cet ouvrage sera donc divisé en quatre chapitres, qui traiteront les questions suivantes : Caractère du Protestantisme, — Fondement du Protestantisme, — Préjugés communs aux Protestants, — Infidélité, dernière conséquence logique du Protestantisme.
CHAPITEE I.
Par le caractère du Protestantisme j'entends ce signe particulier qui donne à tout le système protestant l'empreinte d'une religion de désolation et de désespoir. Pour établir que tel est en effet son caractère, je passerai en revue les doctrines qu'il enseigne, en les comparant avec celles de l'Église. Dans le dessein d'éviter les longueurs, et d'être aussi simple que possible, je suivrai l'ordre clironologique, et je mettrai successivement en regard la doctrine catholique avec ce que pensent les Protestants, sur l'état primitif de nos premiers parents, la chute, la rédemption, l'église, et les moyens de salut qui nous ont été donnés par notre Sauveur. Tout ce que je dirai du Protestantisme, je l'appuierai, soit en citant les écrits des auteurs de la réforme et les formulaires de foi qu'ils ont reconnus, soit en me référant à des faits et des témoignages publics, familiers à ceux qui ne sont pas étrangers à ces sortes de matières.
16 CARACTèRE DU PROTESTANTISME.
SECTION I