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la facilité de faire, en quelques instants, un ouvrage qui auparavant demandait un espace de temps considérable. Les forces de la nature, à l'époque de la création, peuvent avoir eu assez d'énergie pour effectuer en peu de temps, ce qui maintenant exige plusiem's milliers d'années. D'ailleurs Dieu peut avoir donné, au monde l'apparence qui frappe actuellement nos yeux, afin d'éprouver notre foi et notre soumission à la révélation qu'il nous a faite.
Les objections puisées dans l'histoire sont tout aussi peu solides. Sans doute il a existé des nations auxquelles la vanité a suggéré de s'attribuer une durée imaginaire embrassant un nombre presque infini de siècles ; mais ont elles appuyé leurs titres sur des documents historiques ? Elles nous débitent une suite de fables et une masse confuse d'incroyables assertions ; elles n'ont pas même composé une histoire ni articulé un seul fait. Les annales d'aucun peuple ne remonte au delà du temps de E'oé. En vérité, il est difficile de concevoir comment des prétentions nationales, exagérées par le désir de se faire valoir,- et enveloppées dans un tissu de fables ont pu être employées pour attaquer l'histoire de la Bible. Que de pareils contes soient bons pour endormir des enfants, à la
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bonne heure ; mais ils ne méritent pas une réfutation sérieuse.
On doit porter le même jugement d'une série d'objections appuyées sur les livres Indiens et le Sanscrit, les monuments d'Egypte et les caractères hiéroglyphiques. Plusieurs de ces objections sont en réalité fondées sur des conjectures d'astrologie, quelques autres sur des espèces d'inventions également arbitraires, et toutes ensemble, dépourvues de force, ne touchent pas même au point de la question. Elles peuvent s'accorder avec les préjugés des intidèles, mais elles ne sont d'aucune valeur dans une discussion grave et faite de bonne foi. Yous n'en pouvez citer une seule digne de fixer l'attention d'un homme raisonnable.
Je reviens à la proposition déjà émise : tout esprit logique doit admettre l'évidence des sept arguments que j'ai proposés et des conséquences irrésistibles qui en dérivent, ou se résoudre à être convaincu de contradiction avec luimême et avec les premières notions du sens commun.
Oui, il est absurde, en contemplant l'univers, de dire : Il n'y a point de Dieu.
Il est absurde de vous considérer comme un être doué de raisou, et de nier l'immortalité de l'âme.
n est absurde, en reconnoissant qu'il y a un Dieu, et que vous êtes une être raisonnable et immortel de soutenir que vous n'êtes lié à lui par aucun rapport essentiel, que vous n'avez ni vérités à croire, ni devoirs à remplir, en un mot, qu'il n'y a pas de religion.
Il est absurde, en admettant l'insuffisance de la raison pour vous faire opérer votre salut, de nier la nécessité de la révélation.
Il est absurde de dire que Jésus-Christ était le plus sage et le plus vertueux des hommes, et de soutenir qu'il prétendait faussement être le Fils de Dieu.
Il est absurde de maintenir que l'Eglise fondée par Lui, et portant toutes les m arques d'une origine divine, est tombée dans l'erreur, ou peut y tomber.
Il est absurde de reconnaître d'une part que l'Eglise a été confiée à la direction de St. Pierre et de ses successeurs, et de l'autre de nier que l'Eglise Catholique, qui est l'unique Eglise gouvernée par le successeurs de St. Pierre, soit l'Eglise de Jésus-Christ, et que hors de son sein il n'y ait pas de salut.
Je ne l'ignore pas. Si un homme est déterminé à combattre obstinément la vérité, il est toujours en son pouvoir de s'armer d'objections et de sophismes, et au moyen de fausses subti-
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lités, de fermer les yeux à la lumière. Si en face du ciel et de la terre, en dépit de cette multitude incalculable d'êtres contingents dont l'univers se compose, il se trouve des hommes capables dans leur audace de nier l'existence d'un Créateur, et d'attribuer celle du monde aux chances du hazard, peut-on s'étonner s'il se trouve aussi des hommes qui, malgré tous les arguments possibles, continuent à nier les titres de l'Eglise et la divinité de Jésus-Christ? Mais de même que St. Paul déclare que les athées sont inexcusables, parce que l'existence de Dieu ressort évidemment de l'existence du monde, de même aussi ceux qui refusent de reconnaître l'Eglise Catholique pour l'Eglise de Dieu se rendent coupables et demeurent sans excuse, parce que les preuves de son origine sont si palpables, si accablantes, que personne ne peut les examiner sérieusement sans être convaincu.
Je puis comparer les sept arguments que j'ai développés aux sept tonnères dont il est parlé dans l'Apocalypse. Leur retentissement, qui se fait entendre pendant le cours de tous les siècles, annonce aux infidèles et aux incrédules l'approche du jugement dernier, jugement terrible, où tout le monde verra clairement que tous ceux qui ont suivi les sentiers de l'erreur
et se sont perdus, ont suivi ces sentiers et consommé leur ruine, volontairement et par un effet de leur propre choix. Alors dans le langage de la Sainte Ecriture les méchants s'écrieront touchés de regret, et jetant de profonds soupirs dans l'angoisse de leurs cœurs : " Insensés que nous sommes. . . . IsTous nous sommes donc égarés de la voie de la vérité, la lumière de la justice n'a pas lui pour nous, et le soleil de l'intelligence ne s'est pas levé sur nous. . . . Que nous a servi notre orgueil? Qu'avons-nous tiré de la vaine ostentation de nos richesses ? Toutes ces choses se sont passées comme l'ombre." Kemarqnez ces lamentations. N'est-ce pas l'orgueil qui inspire aux infidèles et aux incrédules un sentiment de mépris pour la soumission des Catholiques à l'Eglise, en matière de foi, ou comme il arrive souvent, surtout ici, pour leur pauvreté ? Tout cela changera au dernier jour. " Insensés que nous étions leur vie nous paraissait une folie, et leur mort honteuse. Cependant les voila élevés au rang des enfants de Dieu, et leur partage est d'être avec les Saints."*
L'impossibilité complète de trouver une ex-
* Sag. V.
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cuse à leur conduite mettra la comble au désespoir des infidèles et des incrédules. Ou, malgré leur conviction, ils ont rejeté la vérité de propos délibéré, ou ils ont volontairement refusé de la découvrir en éclaircissant leurs doutes. Votre erreur est volontaire. Cette pensée, tel que l'éclair, qui ravage en éclairant, s'attache aux sept arguments que je vous ai mis devant les yeux. " Votre ruine est votre propre ouvrage," telle est l'épouvantable inscription écrite sur le portail de l'éternel abîme,, et la d-. chirantc lamentation qui retentira, sans cesser jamais, dans les terribles profondeurs de ce gouffre.
Je termine ici l'appel que je vous adresse: Que vous reste-t-il à choisir? L'Eglise Ca- THOLTQE — ou le Déscspoir.
Quiconque a lu ces pages, dans un esprit de droiture et de sincérité, doit comprendre clairement que le protestantisme dans ses tendances aboutit à l'angoisse et au désespoir ; qu'il est absurde dans ses principes ; que ses préjugés sont fondés sur la calomnie ; que dans ses dernières conséquences il se contredit- lui-même, et que sous tous ces points de vue il offre un corps
de religion en guerre avec le cœur et l'intelligence de l'homme, et subversif de toute société.
L'histoire du protestantisme confirme tout ce que j'ai avancé. Le protestantisme commença par introduire la discorde et la division parmi les frères. En continuant cette œuvre, il s'est tourné contre lui-même pour se déchirer les entrailles : Un esprit d'animosité religieuse, et l'opposition des doctrines divisent les sectes sorties de son sein ; loin de s'aifaiblir, la divieion ne fait que s'accroî-tre de jour en jour.
Luther, Calvin et leurs adhérents auraient bien fait de s'attacher à la reforme de leur propre cœur. Les fautes individuelles qu'ils avaient observées ne pouvaient justifier leur témérité, ni l'introduction violente de la discorde parmi des millions d'hommes unis ensemble comme des frères.
L'état du monde entier serait incomparablement plus satisfaisant, si toutes les nations chrétiennes étaient encore unies par les liens de la même foi. Personne ne peut calculer l'immense quantité de souffrances et les flots de sang qui auraient été épargnés si l'Angleterre, l'Allemagne, la Suède, le Danemark, la Prusse et la Russie étaient restés Catholiques. Si au lieu de s'abandonner mutuellement en matière de religion à un esprit de jalousie, ces puis-
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sances avaient réuni leurs efforts pour convertir les peuples idolâtres, ceux de l'Asie en particulier, il est très probable, qu'avec le secours de Dieu, ils auraient réussi dans leur glorieuse entreprise.
Un temps viendra où tous nos frères séparés reviendront à l'unité catholique. " Il n'y aura plus alors qu'un seul bercail et un seul pasteur." Heureuse l'époque qui contemplera leur retour ! Le Te Deum entonné par le Souverain Pontife, comme chef de l'Eglise, sera le plus glorieux et le plus consolant qui ait jamais été chanté par le Yicaire de Jésus-Christ.
Il n'est aucune contrée où. l'unité catholique porterait des fruits plus abondants que dans les Etats-Unis ; aucune où. elle serait plus désirable, même au point de vue politique et social. E plurihiis unura^ telle est votre devise nationale. Rien ne contribuerait plus à l'union des Etats que l'unité de la foi. Tout ce" qui tient à l'esprit de secte engendre et fortifie l'animosité. La charité mutuelle, le bonheur de tous seraient grandement favorisés dans leur développement si, au lieu de ces dénominations qui divisent actuellement les nombreuses familles des nations qui ont fixé leur résidence dans cette noble contrée, l'autoâté spirituelle de la seule véritable Eglise fon-
dée par Jésus-Christ, les unissait toutes dans les croyances de la même foi, et les aspirations de la même espérance.
Que Dieu dans sa bonté infinie hâte le moment oii tous les membres de cette célèbre République goûteront les douceurs d'une si consolante union. Que tous s'efforcent selon leur pouvoir à contribuer à cet heureux événement. Ce petit ouvrage n'a été écrit quô pour cet fin. Je sais que cette discussion n'aura pas pour effet de rendre tous mes lecteurs catholiques et héritiers du royaume des cieux ; mais j'ai la ferme confiance, et j'en éprouve d'avance une douce consolation, que les hommes sincères et courageux seront excités, par la lecture de ce livre, à examiner la vérité de la religion catholique, et je suis assuré que, s'ils le fout, ils ne tarderont pas, avec la grâce de Dieu, à rentrer dans le sein de l'Eglise.
Hien au monde ne pouvait me décider à quitter le pays où je suis né que la pensée qui a dicté ces pages. Le plus vif de mes désirs est de vous amener, autant qu'il m'est possible, à la connaissance de la vérité, et de vous mettre dans la voie qui conduit au port du salut. Maintenant que je me suis entretenu avec vous, je puis quitter cette vie et me consoler en pensant que j'ai rempli mon devoir
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envers vous, comme avec des frères en Jésus- Christ, avec des hommes que j'aime sincère ment et qui avec moi respirent l'air de la même patrie.
Si quelques expressions un peu trop dures me sont échappé, j'ose espérer que vous me les pardonnerez pour la raison que j'ai donnée dans la préface. Quand on parle ou que l'on écrit sur un sujet aussi important que celui de ia religion, la charité commande de manifester la vérité franchement, loyalement et dans le langage le plus simple.
Je le déclare de nouveau, en présence de Dieu qui scrute les replis les plus cachés du sœur, je n'éprouve point le moindre sentiment i'amerturae contre aucune des sociétés religieuses auxquelles je me suis adressé. Le seul qui pénètre mon âme, c'est celui de la plus vive affection pour tous. J'en suis intimement convaincu : Dans toutes les sociétés chrétiennes, qu'on les appelle Episcopaliens, Presbytériens, Méthodistes, Baptistes, quelque soit enfin leur nom, il y a des hommes au cœur noble, qui sont dans l'erreur, non par la mauvaise disposition de leur volonté, mais parce qu'ils sont nés et ont été élevés dans le Protestantisme, et qu'ils n'ont jamais examiné sérieusement les points religieux discutés dang
cet ouvrage. Hommes loyaux et sincères, ils liront mes preuves avec la pureté d'intention, le calme, le zèle pour la vérité qui les a inspirées ; la grâce de Dieu leur venant en aide, ils en retireront les fruits de conversion qu'elles sont destinées à produire.
Je dis Vaide de la grâce^ parce que la foi est un don de Dieu. M les arguments les plus forts, ni les preuves les plus convaincantes ne peuvent communiquer la foi. L'humilité et la prière sont nécessaires. Il faut dire avec le centurion de l'Evangile : " Je crois. Seigneur, soutenez mon. incrédulité." Donnez moi la force de poursuivre mon examen, d'accomplir ce que par votre grâce vous m'avez montré être indispensable pour mon salut, et d'être membre de votre Eglise.
Je sais, disait le Cardinal du Perron, que je puis convaincre qui que ce soit d'erreur, et lui prouver d'une manière incontestable la vérité de l'Eglise Catholique ; mais je ne puis convertir les hérétiques: pour cela je les renvoie à l'Evêque de Genève. Il parlait de St. François de Sales, effectivement alors Evêque de Genève, qui avait le don de toucher les cœurs. Ce n'est pas assez de convaincre l'esprit, il faut que le cœur se convertisse.
St. Paul avait le pouvoir de eonvaiucro