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du sacrifice de Jésus-Christ, renverse l’autel, dépouille le culte de sa majesté, et enlève à la prière publique le mérite infini que nous retirons de ce divin sacrifice. Au lieu d’autel il vous donne une simple chaire, le chant et la prédication remplacent l’oblation de l’auguste victime, et le ministère des hommes succède à la présence réelle. Il ne faut donc pas s’étonner que vos temples soient moins remplis, que nos églises, que jamais, hors les jours et les heures déterminées, ils ne soient visités sous l'influence d’un sentiment de dévotion, et que même pendant l’été, ils soient assez souvent fermés. Si l’on en excepte l’acte par lequel vous reconnaissez l’obligation où nous sommes de rendre à Dieu un culte public, il n’y a rien dans vos assemblées religieuses, qui ne puisse se faire tout aussi bien, et peut être mieux, dans vos maisons. Vous vous réunissez pour entendre un sermon, mais vous pourriez en lire un chez vous qui serait meilleur et plus édifiant que les discours déclamatoires et politiques auxquels vous êtes quelquefois forcés d'assister, qui ne contiennent aucune allusion à la religion, et qui finissent assez ordinairement par vous dégouter, ou exciter en vous des mouvements de colère. Vous priez et vous chantez en commun; mais ne pourriez-vous
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pas dans vos familles prier péut-être avec moins de distractions, et chanter les louanges de Dieu avec un sentiment plus vif de dévotion? Vos temples ont perdu ce que nul acte de piété ne peut suppléer, ce qui constitue une église et la distingue d’un edifice ordinaire, l'autel et le sacrifice.
Intimement liées à la présence réelle les fêtes religieuses que nous célébrons présentent au Catholique une autre source de consolation. Un chrétien fidèle voudrait avoir été présent aux grands événements accomplis pour nctre salut. Dans l'Eglise Catholique ce désir es satisfait, autant du moins qu’il peut l'être. L'Eglise célèbre ces glorieux événe.uents, comme s'ils se passaient sous nos yeux; VOuE pouvez vous en convaincre en lisant les prières de l’office, et surtout celles de la messe, si bien appr priées à l’objet de chaque solennité. En ceci l’église se conforme à l’esprit de Dieu pour qui tout est un présent perpétuel, sans hier et sans lendemain.
Pour nous l’année ecclésiastique est semblable à l’arbre du paradis terrestre; il est constamment chargé des plus beaux fruits de chaque saison, et ne cesse de ranimer notre foi et la fraîcheur de notre vie spirituelle.
De toutes nos fêtes, si saintes et si belles,
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qu'avez vous retenu ?—V'unique souvenir qu’elles existaient autrefois chez vos ancètres catholiques. Vous célébrez la fête de Noël, et peutêtre celle de Pâques, beaucoup plus dans vos maisons et à votre table que dans vos temples. Cette.manière d’en faire la mémoire n’est point exclusivement particulière aux chrétiens. Il n’est pas rare de voir les Juifs préparer pour leurs enfants un arbre de Noël. D'ailleurs, quelle froideur dans vos fêtes religieuses si on les compare à la sainte joie avec laquelle Eglise célèbre l'Avent, Noël, Pâques, la Pentecôte, la fête du Saint Sacrement, celle de Tous les Saints, la Commémoration des fidèles Trépassés, et les jours consacrés à notre Seigneur et à sa Bienheureuse Mère. Tous ces jours ne sont pour vous que comme d'autres destinés au travail. Tandis que les Catholiques se rappellent les miséricordes de Dieu à leur égard et les mystères de la vie de Jésus-Christ, vous travaillez péniblement pour amasser ce que vous ne pouvez retenir, et vous rejetez des consolations qui porteraient des fruits pour l’éternité.
Je viens mairtenant au bonheur le plus grand que J &gns-Christ nous accorde dans le sacrement de l’Eucharistie. Un cœur pénétré d’un ardent amour pour ce divin Sauveur dé-
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sire être étroitemént uni à Lui, et mème, comme St. Paul, il soupire après la dissolution de son corps pour être avec Jésus-Christ. Il est vrai que l’union dont parle le grand apôtre n’appartient qu’au ciel. Cependant il en est une sur la terre tellement intime que, sans une révélation spéciale, l'esprit humain n’aurait jamais été capable de la concevoir.
D’après l’enseignement constant de l’Eglise, Jésus-Christ par la communion habite en nous réellement et substantiellement, avec son corps et son âme, comme Dieu et comme homme.
Aussi chacun peut dire avec l’apôtre: “Je vis; mais non ce n’est pas moi, c’est Jésus- Christ qui vit en moi,” et ceci s'opère non seulement par la foi, mais par la présence réelle de ce Dieu Sauveur dans notre âme. Je ne m’arrête pas à faire remarquer toute la douceur et l’abondance des consolations que cette doctrine suppose.
L'Eglise enseigne que par la communion Jésus-Christ s’unit à rous d’une manière si étroite que le langage humain ne saurait l’expliquer parfaitement. Les Saints Pères comparent cette union à celle de la lnmière avec l'air, ou de la chaleur avec la cire. Ils remarquent que la communion dépose en nous un germe d’immortalité, et que la gloire dont
nous serons revêtus dans la ciel sera de plus en plus éclatante à proportion que nous communierons plus souvent, et que nous le ferons avec des dispositions plus parfaites. Celui qui reçoit Jésus-Christ dignement peut dire avec l’Epouse des Cantiques : “ Mon bien aimé est à moi, et je suis à Lui.”
Cette pensée si consolante ne peut subsister avec le protestantisme. ‘Tout ce qu'il vous laisse, c’est une ombre, un simulacre de communion. Voici quelques uns des articles de la doctrine qu’il professe à ce sujet. Le mot communion ne signifie que le corps de J ésus- . Christ; nous ne le recevons que par la foi ; son corps n’est présent qu’au moment de la communion. Remarquez que les Protestants en formant cette opinion se mettent en contradiction avec eux-mêmes, car n’admettant point de sacerdoce, ils ne peuvent prétendre que leurs ministres aient le pouvoir de consacrer le corps et le sang de J ésus-Christ. Toutes les fois que vous participez à ce que vous appelez la Cône, vous recevez du pain et du vin, rien autre chose. Est-il done étonnant que la communion vous offre si peu de consolation, et que le plus grand nombre parmi vous s'inquiète fort peu de la recevoir? Vous ne gagnez rien en la faisant, vous ne perdez rien en vous en
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