COMMUNION DES SAINTS
En notre qualité de chrétiens nous croyons que tous ceux qui, au moment de leur mort ne sont coupables d'aucun péché, entrent au ciel. Naturellement nous devons désirer de rester en communion avec eux, s’il est possible, de leur exposer nos besoins et nos peines, et de recevoir d’eux des secours efficaces, de la même
manière que nous communiquons avec nos
amis, quoique séparés de nous, par un échange mutuel d’affection et de services.
L’Eplise Catholique affirme qu’il y a une
communion entre les saints et nous, qu’ils con-
naissent nos besoins, qu’ils sympathisent avec nos joies et nos afllictions, et qu’il prient pour nous parcequ'ils nous aiment. Ils ont abordé
au P main la me pourt mais ment de l’é agissa de sa prions les sa leurs leur ei rappel tout ce en pa exemp De ressère pour n doiven on che le moy prières encour: aiment avec et sentime
car 08e est sser
œur ques des n08 pro-
au port, et dans leur charité ils offrent une main secourable à ceux qui voguent encore sur la mer orageuse du monde, A la vérité Dieu pourrait être l’unique terme de nos prières ; mais dans son infinie miséricorde il a intimement uni tous ses enfants, soit du temps, soit de l'éternité, par les liens d’un amour mutuel, agissant et plein d'efficacité, Tel est l'ordre de sa divine providence, De même que nous prions pour les âmes du purgatoire, de même les saints prient pour nous dans le ciel, et leurs prières, ainsi que les nôtres, obtiennent leur effet. Cette admirable communion nous rappelle leurs vertus et nous excite à faire tout ce qui dépend de nous Pour entrer un jour en partage de leur gloire en imitant leurs exemples.
De cette ineffable communauté de biens qui ressère les nœuds d’un saint amour, résulte pour nous la consolation la plus douce. Tous doivent lereconnaître. Partout où la foi existe, on cherche à se consoler mutuellement: par le moyen de la prière. Nous demandons les prières les uns des autres, et 11018 nous sentons encouragés en pensant que ceux qui nous aiment prient pour nous, et que nous prions avec eux. Parents et enfants éprouvent une sentiment de joie intérieure lorsqu'ils savent
CARACTÈRE DU PROTESTANTISMK,
que les uns prient pour les autres, et se t6moignent ainsi réciproquement leur affection. Souvent un Catholique, auquel le prêtre promet de se souvenir de lui au saint autel donnerera des signes non équivoques de satisfaction et de reconnaissance. L’Apôtre lui-même se recommandait aux prières des nouveaux convertis, et les premiers chrétiens qu’une charité mutuelle unissait si étroitement, étaient unis encore par la réciprocité de leurs prières. La mort même n’enlève point cette consolation 4 un père, à une mère, lorsqu'en fermant lés yeux de leurs enfants ils ont l’ässurance que ces enfants prieront pour eux, et les enfants eux-mêmes s'estimeront heureux de recuellir, sur les lèvres mourantes de leurs parents, la promesse de leur intercession dans le ciel. La perte d’un frère, d'un ami fidèle, est assurément bien amère, mais que la pensée d’avoir au sejour de la gloire un intercesseur aussi puissant que charitable est douce !
Etre uni avec les Saints qui sont dans le ciel, n'avoir avec eux qu’un cœur et qu’une âme, produit un dégré de consolation proportionné à la sainteté, au pouvoir et à la gloire de ceux que nous invoquons. Il semblerait qu’une émanation de pureté et d’innocence descend de la hauteur des cieux et pénètre jusque dans les
ee
prof roit sant:
et de exen victo Le ficati confi nous quell Les 1 conn!:
vertu testar soit c serve] d’une vierge de m:
croix, dans & la plu est ul réjoui de bor To
isme, :
CARAOTÉ «& DU PROTESTANTISME, 97
profondeurs de notre âme. De gloricùx t6moins ont l’œil attentif à nos combats, de puissants protecteurs nous couvrent de leur armure, et des héros invincibles nous stimulent par leur exemple à cueillir comme eux les palmes de la victoire,
Les Saints, c’est à dire, dans la stricte signification de ce mot, ceux dont Dieu même a confirmé les vertus heroïques par des miracles, nous offrent une source de joie spirituelle à laquelle le Catholique seul a le droit de puiser, Les Protestants ont souvent été forcés de reconnaître et d’admirer l’éminence de leurs vertus. Tous ils nous appartiennent ; le protestantisme ne peut rien nous montrer qui leur soit comparable, Comme je l’ai déja fait observer plus haut, nous sommes en possession d’une innombrable multitude de saints, de vierges, de confesseurs, de prêtres, d’évèques, de martyrs. Etre avec ces illustres héros de la croix, membres de l’Eglise qui les a portés dans son sein, s’unir à eux par la communion la plus intime, la plus active, la plus efficace, est un privilége assurément bien propre à réjouir tout cœur fidèle, et à le faire tressaillir de bonheur.
Tout se flétrit sous la main du protestantisme, il ne vous permet pas une joie si pure.
ve een NE
98 CARAOTÈRE DU PROTESTANTISME.
Il nie la communion des saints, il soutient qu’ils ne peuvent ni connaître nos besoins, ni entendre nos prières ; il va jusqu’à prétendre que s’ils priaient pour nous, ils feraient injure à Jésus-Christ. Il a oublié sans doute, ou ne veut pas se rappeler ce que la foi nous enseigne si explicitement, que tout ce que sont les saints, et tout ce qu’ils peuvent, en notre faveur, ils ne le sont et ne le peuvent qu’en Jésus-Christ et par Jésus-Christ. Tous les disciples de ce divin Sauveur, soit vivants, soit morts, sur la terre et dans le ciel, sont unis en lui, ne formant avec lui qu’un seul corps, et cette union intime, fruit de l’amour divin, nous est manifesiée et rendue propre par la communion de saints. Le protestantisme s’attache à rompre cette union si consolante, il relègue les saints dans une région inabordable et en même temps efface la trace de toute communion réelle et active entre l'Eglise de la terre et l'Eglise du ciel. La mort, si nous le croyons sur parole, brise tous les liens qui subsistent entre des frères. ‘Ce qui n’est plus n’est plus,” tel est le point culminant de la Théologie protestante, théologie aussi froide que la glace et implacable comme la mort.
étab] préc:
ment isme, ligio:
trine:
place faire puis « timer Comr doctr ploral que ] Sy 80 Vous positil le cat.
des ir de for de de aucun
Un que je je ne; lui.” sure «
Ici se termine la comparaison que Je voulais établir. Ceux qui oni lu attentivement ce qui précède avoueront que j'ai justifié complètement l’accusation portée contre le protestantisme, lorsque je lui reprochais d’être une religion d’angoisses, et d’avoir rejeté les doctrines consolantes de l'Eglise pour les remplacer par les principes les plus capables de faire naître la desolation et le désespoir. Je puis donc vous demander encore dans un sentitiment profond d’étonnement et de compassion : Comment vos ancêtres ont-ils :: renoncer à la doctrine catholique pour embrasser un si déplorable système? Comment est-il possible que pendant trois cents ans leurs descendants s’y soient attachés avec tant d’aveuglement ? Vous serez de plus obligés d'admettre la supposition que j’ai déja faite: En ne considérant le catholicisme et le protestantisme que comme des inventions purement humaines, il y aurait de fortes raisons fondées sur des besoins réels de devenir Catholique, tandis qu'il n’existe aucun motif légitime de devenir Protestant.
Un savant, Protestant, Lessing, a dit : “ Lorsque je réfléchis sur la foi du prêtre catholique, je ne puis imaginer d’homme plus heuroux que lui” Heureux effectivement au delà de la mesure de bonheur accordée aux hommes, heu-
reux celui qui a été ordonné, pour être dans la à à nouvelle alliance, le dispensateur des mystères j plu de la grâce, le représentant de Jésus-Christ, et bts le canal de ses miséricordes envers les hommes. ee Ne considérez que l’auguste privilège d’oftrir } re réellement à Dieu en sacrifice le corps et le ; cet sang de son Fils bien aimé, et alors concevez, d pe s’il vous est possible, ce que c’est qu’un prètre, À ht quel torrent de consolations doit inonder le : test cœur d’un homme racheté au prix du sang de sun Jésus-Christ, lorsqu'il lui est permis de con- I tracter avec Lui une union si intime, et d’offrir Wal une si auguste victime pour son salut et pour bi celui du monde. Le prêtre est placé sur le Fe Calvaire, il se tient ati pied de la Croix, mais is d’une manière si ineffable que tout autre que coa lui ne peut y prétendre. k Le
Je ne dirai rien de tout ce qu’il éprouve de | soul consolant dans l’administration des autres par moyens de grâce dont la source est placée, | “Q pour ainsi diré, dans ses mains. Je remar- É test querai seulement que Lessing aurait pu dire : OS avec autant de justesse : “ Lorsque je considère É en la foi d’un catholique je ne puis imaginer À Me d’homme plus heureux, sil pratique sa re- É de : ligion.” Lavater, autre célèbre Protestant, : tient un semblable langage dans sa Biblio. né
Chèque Portative : “ Je regarde un Catholique
ton énomderserse ot re incpero ca
CARACTÈRF :} PROTESTANTISME. 101
qui pratique comme le plus honorable et le plus favorisé des hommes.” Oui, il est vraiment favorisé, car il trouve le bonheur dans la certitude de sa foi, l’infaillibilité de ses promesses, les consolations qu’elle procure, “ dans cette paix du cœur qui vient de Dieu et surpasse tout sentiment,” dans cette paix que le monde ne peut donner, après laquelle les Protestants soupirent, mais qui échappe constamment à toutes leurs recherches.
Ici je me rappelle un fait qui se passa à Milwaukie pendant le temps d’une mission. Un médecin qui avait reçu une éducation soignée me suivit dans ma chambre après le sermon et se Jeta dans un fauteuil avec tous les signes du désespoir. Je lui demandai ce qu’il désirait de moi; “ du soulagement,” me répondit-il, ‘ du soulagement ; ; J'ai besoin de consolation et de paix, et je n’en trouve pas dans ma religion.” “ Quelle est votre religion?” “Je suis Protestant.” ‘Vous sentez-vous le courage d’examiner Ÿ” “Certainement.” ‘ Alors vous serez bientôt Catholique et vous obtiendrez ce que vous désirez.” La suite prouva la vérité de ma promesse.
Des Protestants instruits, tels que Leïbnitz, Claude, Haman, J'acobi, Schiller, Goëthe, No-
valis, Wolfgang, Menzel, semblent avoir pres 9*
102 oARAOTÈRE pu PROTESTANTISME.
senti les consolations qu'ils auraient puisées dans la religion catholique. Ils en avaient un vif désir, mais le courage leur manqua; ils n’eurent pas la force de braver l’opinion publique et de se procurer ce repos de l’âme qui aurait assuré leur bonheur dans cette vie et dans l’autre,
Lorsque j'étais à Vienne, il arriva qu’un célèbre ministre protestant monta en chaire, le Vendredi saint, pour précher un sermon sur la passion de notre Seigneur. ‘ Ah! mes frères,” s'ecriat-il d’un ton de voix lugubre, “ quelle mort! Je devrais vous encourager, mais hélas ! je n’ai moi-même aucune consolation.
Amen.” Il descendit de la chaire, sans ajouter un seul mot de plus. Ce langage si extraordinaire n’était en réalité que trop vrai. La mort de Jésus-Christ n’a aucun pouvoir pour nous consoler, si nous refusons de nous approcher des torrents de consolations qui en découlent. Le ministre protestant parlait comme s’il ent été sur le Calvaire ; il prononçait sa condamnation et celle du protestantisme. Luther luimême déclarait que “ sa nouvelle religion était dépourvue pour lui de toute consolation, et qu'en conséquence de son défaut de foi, la mort et la résurrection de notre Sauveur ne pouvait lui en procurer aucune.”
"O0 HS : Au — 4
TE
Le protestantisme est et sera toujours une religion privée de ce qui agit sur l’âme et la touche, une religion de désolation et d’angoisses, Cette vérité paraît dans tout son Jour, si on compare les doctrines qu’il enseigne avec celles de l'Eglise.
La seule consolation que le protestantisme, comme tel, puisse nous offrir est radicalement mauvaise. Péchez, mais croyez. En attribuant ce caractère au protestantisme, et dans tout ce que j’ajouterai pour terminer cette partie de mon sujet, je ne prétends point parler des protestants en général, et moins encore de ceux de nos jours qui, pour la plupart ne le sont que de nom, parcequ’ils n’ont jamais examiné le fond du système auquel ils s’attachent, tel qu’il sortit des mains des premiers réformateurs. ‘Quiconque en approfondit l’origine, la direction primitive, et les conséquences logiques qu’il entraîne, doit nécessairement conclure que les cœurs dépravés sont les seuls auxquels il puisse offrir quelques consolations. Je crois, donc je puis pécher tout à mon aise; le péché ne peut m'être nuisible; avec tous les crimes du monde sur
ma conscience, si j'ai la foi, je suis sur d’aller au ciel. Tel est le point de départ, l’origine et la véritable racine du protestantisme ; tel est
Dates maine ii am dc per at Mot
104 ©ARAOTÈRE DU PROTESTANTISME.
le principe qui donna naissance aux doctrines qui lui sont propres, et fait comprendre pour quoi il a rejeté la plupart des dogmes aëmis par l'Eglise. Dès qu’il est reçu qu’un homme peut se sauver en faisant ce qui lui plait, pourvu qu’il ait la foi, quel besoin a-t-il de la confession, des indulgences, de l’extrème onction, de l’invocation des saints et des autres dogmes de l'Eglise catholique? Les lois de Dieu même ne peuvent résister à une pareille supposition, elles sont abolies dans la pratique.
Si d’un côté le principe générateur du protestantisme conduit à une présomption criminelle de la miséricorde de Dieu et à une espérance imaginaire de salut avec laquelle il se console, de l’autre il engendre le désespoir. Les extrêmes se touchent. J’ai soutenu que le protestantisme était non seulement une religion de désolation et d’angoisses, mais aussi que le le désespoir est le terme où il doit aboutir. Les observations précédentes ont pu déjà le faire comprendre. Je me propose maintenant de le prouver plus amplement.
CARACTÈRE DU PROTESTANTISMF.
SECTION Il.