‹ Catholicisme, protestantisme et infidélité [microforme]Chapitre 33 sur 80 · INFAILLIBILITÉ DE L'EGLISE CA- THOLIQUE.—REGLE DE FOI · texte numérisé non relu

INFAILLIBILITÉ DE L'EGLISE CA- THOLIQUE.—REGLE DE FOI

L'Eglise Catholique est la véritable Eglise de Jésus-Christ; donc elle est infaillible. Nul esprit droit ne contestera cette conséquence, L’infaillibilité de l'Eglise découle évidemment de la mission qu’elle reçut de son divin Fondateur. D'ailleurs elle est confirmée par les promesses expresses de Jésus-Christ et par la conduite de la primitive Eglise.

Je dis d’abord que l’infaillibilité de l'Eglise est la conséquence nécessaire de sa mission divine auprès des hommes. Admettre cette mission, et en même temps nier l’infaillibilité de l'Eglise, c’est révoquer en doute la véracité et la sagesse de Dieu.

Jésus-Christ commanda à son Eglise d’instruire toutes les nations jusqu’à la fin des temps. Or prétendre que l'Eglise est faillible, c’est admettre implicitement que, si elle vient à s'écarter de la vérité, il lui commanda d’enseigner le mensonge, et fit une obligation aux hommes de croire l'erreur. Si Jésus-Christ n’a pas garanti l’infaillibilité de l’Eglise en l’assist. ant de son Esprit, elle enseignera inévitable-

ment l’erreur comme vérité divine, car elle enseigne en son nom, elle exige l’obéissance à sa doctrine parceque cette doctrine vient de Lui, et que par conséquent elle l’enseigne comme vurité divine. Donc, je le répète : la mission qu’elle a reçue d’enseigner prouve qu’elle est infaillible.

Ce privilège de l’infaillibilité se confirme par les promesses de Jésus-Christ ; elles ne peuvent être ni plus claires ni plus explicites. Il affirme qu’il veut bâtir son Eglise sur un roc et que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Il dit à ses apôtres de la manière la plus précise: ‘“ Comme mon Père m’a envoyé, de même je vous envoie. Allez donc, instruisez toutes les nations, leur enseignant d'observer tout ce que j'ai commandé. Et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des siècles. Celui qui vous écoute m’écoute. Et quand le Paraclet, le Saint Esprit que mon Père enverra en mon nom sera venu, il vous enseignera toutes choses, et vous rappellera ce que je vous ai dit. Je demanderai au Père qu’il reste avec vous pour toujours.”

Conformément à ces promesses, le Saint Esprit doit remplir deux grandes fonctions dans l'Eglise, la première de “ lui enseigner

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toutes choses,” le seconde de “ Ini rappeler ” ce que Jésus-Christ lui avait enseigné, et de le faire pour toujours. Ce que le Saint Esprit enseigne à l’Eglise ne peut être que la vérité ; ce qu’il lui rappelle, c’est la doctrine de Jésus- Christ. L'Eglise a donc un guide infaillible, et qui, par cette raison même doit lui communiquer son infaïllibilité, et de plus, lorsqu'il est nécessaire, lui rappelle tout ce que Jésus- Christ lui a enseigné. Ainsi écouter l’enseignement de l'Eglise, c'est écouter la voix de Dieu même. Quiconque refuse d’écouter l'Eglise doit être considéré “ comme un payen et un publicain.”

Permettez-moi de vous le demander: Von:

est-il possible de réfléchir sur ces différentes promesses de Jésus-Christ sans conclure qu’il a accordé à son Eglise le don de l’infaillibilité 2 Croyant, comme vous le faites, à sa divinité, nous reprocherez-vous d'ajouter foi à ses promesses et de rejeter avec horreur la pensée qu'il ne les a pas réalisées? Ce qui aurait lieu, si son Eglise avait erré, ou était capable de tomber en erreur. Si l'Eglise est faillible, elle a été bâtie, non sur le roc, mais sur un banc de sable mouvant, et les portes de l’enfer peuvent prévaloir contre elle. A la vérité, si nous en croyons les Protestants, depuis longtemps les

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portes de l'enfer ont prévalu ; mais si l'Eglise a erré dans la foi, Jésus-Christ n’est pas Dieu ; il ne serait qu'un imposteur, L'Esprit Saint n'est pas, et n’a jamais été avec l'Eglise. Ceux qui écoutent l’Eglise pourraient souvent ne pas écouter le voix de Dieu, mais se laisseraient conduire par l’esprit d’erreur. Quant à ceux qui refusent de reconnaître l'autorité qu'elle tient de son divin Fondateur, ils ne seraient ni payens ni publicains, mais ils surpasseraient les croyants en sagesse. Tont ceci, au jugement de ceux qui croient en J ésus-Christ, comme au Fils de Dieu, implique contradiction et blasphème,

En troisième lien, la manière dont la primitive Eglise remplit sa divine mission est une nouvelle confirmation de son infaillibilité. Le jour de la Pentécôte, immédiatement après avoir reçu le Saint Esprit, les apôtres commencèrent à enseigner, et à s'acquitter ainsi du ministère que Jésus-Christ leur avait confié. Plus tard nous les voyons rassemblés en concile, à Jérusalem, et mettre à la tête de leurs décisions ces paroles si remarquables : “II a semblé bon au Saint Esprit et a nous 3” ils croyaient donc avoir droit à l’assistance infaillible du Saint Esprit.

Faisons encore une autre remarque. Lors-

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que les apôtres répandaient parmi les nations la bonne nouvelle de l’évangile, ils ordonnaient pour leurs coadjuteurs et leurs successeurs ceux qu’ils en'jugeaient dignes. C’est ainsi qu’ils élurent un apôtre pour occuper la place de Judas Iscariote. Ceux qu’ils ayaient ordonnés et envoyés pouvaient seuls enseigner au nom de Jésus-Christ ; ils n’accordaient cette faculté à nul autre. La foi enseignée par l'Eglise doit être A postolique, c’est-à-dire qu’elle doit être la même que celle qui était préchée par les apôtres. Cette condition qu’ils inculquent fortement tient tout à la fois à la nature même de l'Eglise incapable de changer et aux promesses de Jésus-Christ. Une sentence de réprobation est prononcée contre quiconque ôserait précher une nouvelle doctrine. ‘ Quand nous vous annoncerions nous même, ou quand nn ange du ciel vous annoncerait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncée, qu’il soit anathème.”* L'Eglise doit donc être infaillible actuellement comme elle l'était, lorsqu'elle fut établie par Jésus-Christ. Si elle était faillible nous ne pourrions pag avoir la certitude que son enseignement actuel est conforme à celui des apôtres,

# Galat. i.

L'Eglise ne change pas, elle est la mème que du temps des Apôtres. Oserez-vous dire qu’elle pouvait se tromper à cette époque ?

Si elle était infaillible alors, elle l’est encore maintenant. Le privilège de l’infaillibilité

n’était pas une prérogative uniquement attachée à la personne des Apôtrc: ; elle était inséparablement liée au ministère qu’ils avaient à remplir, l'Eglise n'ayant pas été instituée pour eux seuls, mais pour le salut des hommes jusqu’à la fin des siècles.

Le Fils de Dieu, envoyé au monde par le Père Eternel pour fonder et organiser l'Eglise, envoya lui-même ses Apôtres avec le pouvoir surnaturel et l’autorité perpétuelle qu’il avait reçue de son Père. “Comme mon Père m'a envoyé, de même je vous envoie.” Les Apôtres et leurs légitimes successeurs forment un seul et mème corps. “ Voici que je suis avec vous jusqu’à la consommation des siècles.” Le pouvoir surnaturel que Jésus-Christ a communiqué à son Eglise lui fut donné pour la conservation de la foi qu’il avait révelée ; il ne peut donc être limité par le temps plus, que la foi mème, Comme Jésus-Christ, l'Eglise “était hier, elle est aujourd’hui,” et elle sera toujours la même. Elle conservera son infaillibilité pendant toute la suite des siècles.

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Cette preuve, que je viens d'exposer brièvement, a été développée avec beaucoup de force et d’éloquence das un essai du Dr. Brownson sur la “ Constitution et le Caractère Organique de l’Eglise”” J'en extrais le passage suivant :

“ L'Eglise, en tant qu’elle forme un corps ou une corporation, le seul sens dans lequel on lui attribue le pouvoir d'enseigner, n’est pas une aggrégation des individus qui la composent à un temps donné, un corps qui naît et meurt

‘avec eux; mais elle est contemporaine de notre Seigneur et de ses Apôtres, en communion immédiate avec eux, de telle sorte que toute distance de temps et de lieu entre eux et nous s'évanouit entièrement. Dans le sens que nous supposons, elle est une Corporation, et comme toute autre corporation, un individu collectif possédant l’attæibut de l’immortalité. Elle ne connaît ni interruption, ni succession de temps ; la révolution des années ne l’affaiblit point. Semblable au Dieu éternel qui est toujours avec elle, et dont elle est l'organe, elle possède la durée, mais sans succession, Elle ne peut jamais vieillir, ni être irrévocablement ensevelie dans le passé. Les individus qui composent son Corps peuvent hanger, elle ne change pas; ils peuvent disparaître, être renouvellés, les uns après les autres, elle reste toujours la même.

. . .« L'Eglise de nos jours est identiquement le corps qui voyait notre Seigneur lorsqu'il habitait dans notre chair. Cette tendre Mère que nous chérissons, et aux paroles de laquelle nous nous attachons avec tant de bonheur, contemplait de ses yeux les miracles étonnants opérés dans la J'udée, il y a dix huit cents ans; elle assistait à la prédication des Apôtres, le jour de la Pentecôte, lorsque le Saint Esprit descendit sur chacun d’eux, sous la forme de | langues de feu; elle entendit St. Pierre, prince des Apôtres, raconter de quelle manière le Saint Esprit était descendu sur Corneille et sa famille, et déclarer comment il avait plu à la miséricorde divine de faire entendre aux Gentils par sa bouche la parole de Dieu, et-leur accorder le don de la foi. Elle écoutait d’une oreille charmée, et d’un cœur ravi de joie, le dernier avis du disciple que Jésus aimait:

‘Mes chers enfants, aïimez-vous les uns les autres.” Elle voyait l’ancien temple rasé jusqu'au niveau du sol, les cérémonies de l’ancienne alliance abolies, le peuple de Dieu chassé de la Terre Sainte et dispersé dans toutes les parties du monde. Elle contemplait Rome payenne dans l’orgueil et l’éclat de son pouvoir, répandait son sang dans les persécurions de ses empereurs, et triomphante plantait enfin la

ant croix sur ses ruines. Elle a été contemporaine ha: de dix huit cents ans qu’elle à arrétés dans | AS leur fuite; elle nous les rend présents et les \ AE alle placera sous les yeux de toutes les générations | sé, à mesure qu’elles s’éleveront. D’une main a elle reçoit de notre Seigneur et des Apôtres, LPS ds : ses ministres, le dépot de la foi; de l’autre elle | 8 | {hs Je nous le communique, \ SES P rit “ De quoi #t-elle besoin pour nous le trans- | RER 4 mettre avec une certitude infaillible? Simple- nn med ment d’être protégée contre l'oubli, la fansseté dl: 1àrd des pensées, et l’infidelité de l'interprétation. f FURES st Or voilà ce qui lui est accordé, parceque notre | fi ER ai Seigneur réside toujours avec elle, parceque He dé le Paraclet la dirige vers la vérité, et rappelle ‘é | | but à son souvenir tout ce que notre Seigneur lui a RC O AE dit, soit personnellement, soit par ses Apôtres 2" inspirés, lui cofservant ainsi la mémoire tou- “ it: jours fraîche, et lui prêtant un secours infail. ‘hé lible pour bien comprendre et exprimer avec Vas exactitude ce qu’elle se rappelle lui avoir été ,, 4

de enseigné.” | be.

dieu L’infaillibilité de l'Eglise n’embrasse donc 13 dites Pas, Comme une grand nombre de }:. testants k is se” l’imaginent, les questions relatives aux [PAIE voi, sciences et à la politique ; elle s’applique unique- HE qu ment à l’enseiguement et à la conservation

de la foi, révelée par Jésus-Christ pour le salut

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du genre humain. Sous ce rapport elle demande une soumission sans borne à ses décisions, toutes les fois qu’elle promulgue sa doctrine, mais seulement quand elle donne une définition solennelle. En agissant de la sorte, elle exerce, comme nous l’avons vu, un droit qui lui appartient légitimement. Son enseignement infaillible est la seule règle de foi.

Je remarquerai avant de conclure que la pratique de ceux qui rejettent l’infaillibilité de l'Eglise est en contradiction avec leur théorie. Que la règle de foi qu’ils admettent, soit la raison, l’Ecriture, le sens commun, l’interprétation privée, ou l'inspiration personnelle, toujours est-il qu’ils la considèrent comme une autorité dont il n’est pas permis d'appeler, et qui par conséquent devient dans la pratique une autorité infaillible en matière de foi.

Cette contradiction entre leur théorie, lorsqu'il s’agit de l'Eglise, et le manière dont ils forment leur foi dans la pratique est véritablement étrange, et cependant à peine s’en aperçoivent- . ils. Les pages suivantes nous fourniront d’autres exemples de l’inconséquence du protestantisme.

SECTION Il.

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