‹ Catholicisme, protestantisme et infidélité [microforme]Chapitre 36 sur 80 · ON * HT · texte numérisé non relu

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en aurait été la condamnation; calomnier fut donc le plan qu'il adopta dans tous ses différents avec l'Eglise. “Le Pape,” s’écria-t-il, “est l’Antéchrist.” Les Papistes adorent les images et rendent les honneurs divins aux saints et aux anges ; ils sont aveuglés par leurs prêtres et menés comme des enfants. Les prêtres leur donnent la permission de pécher tout à leur aise, ils vont même jusqu’à les autoriser à massacrer les ennemis de l’Eglise.

L'Eglise de Rome est l’ennemie de la parole de Dieu, elle enchaine l'intelligence et réduit l’âme en esclavage! Tout ceci n’est que le commencement de cette longue série d’accusations mensongères formées par le protestantisme contre l'Eglise. Elles forment le refrain de plus d’un interminable discours prononcé dans les réunions religieuses et politiques, où plus d’une fois un œil larmoyant s’est tourné vers le ciel, au récit des abominations du Papisme. Mais cette déception pratiquée sur l'esprit humain commenee à vieillir. On ôse enfin ne plus ajouter foi à cette grande tradition protestante. De nobles esprits s'élèvent au dessus des préjugés vulgaires, s’attachent chaque jour à l'Eglise après en avoir examiné les titres. Deux ouvrages ont été composés par des Protestants récemment convertis, hom-

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mes remarquables par la force de leur esprit, par le rang qu’ils occupent dans la société et pour lesquels des intérêts purement humains ne pouvaient être un motif de conversion.

L'auteur de l’ouvrage intitulé, ‘ Le Sentier qui conduisit à l'Eglise un Avocat Protestant”*— Pierre H. Burnett—en approfondissant la véritable doctrine de l'Eglise, ne put s'empêcher de frémir, en pensant qu’il avait été, pendant un long espace de temps, victime des plus fausses et des plus perfides représentations. Voici les paroles de ce savant auteur à cesujet : ‘Le système,” dit-il, à la page 700 de son ouvrage, ‘de présenter sous un faux jour les doctrines, les pratiques et les intentions des Catholiques fit naître dans mon esprit les réflexions les plus sérieuses. Pourquoi le succés de la cause demandait-il une pareille suite de raisonnements? Pourquoi la véri'é avait-elle besoin d’un tel secours? Pourquoi préférer cette ligne de conduite pour soutenir un système que l’on disait être d'accord avec la vérité? et pourquoi est elle encore maintenant nécessaire ? Les mauvais arguments sontils plus efficaces-que les bons? Les fausses allégations sont-elles plus favorables à une

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bonne cause que la droiture et la vérité? Si les doctrines réellement admises par les Catholiques sont à un si haut dégré fausses, erronées et absurdes, est-il besoin de les exagérer pour les frapper de réprobation? Une errenr grossière, on l’erreur de quelque nature qu’elle soit doit-elle être noircie plus qu’elle ne le mérite pour la rendre odieuse et digne de mépris? Est-il donc nécessaire pour préparer l'esprit humain à la réception de la vérité de le remplir d’abord de mensonges? Semezvous de mauvaises herbes avant de semer le bon grain? Est-il nécessaire, pour inculquer la charité, de prouver qu’elle est étrangère au parti qui l’inculque? Et si vous prétendez extirper le mensonge, est il indispensable que vos actions en prouvent l'utilité et la nécessité? Il est vrai qu’un très grand nombre d'hommes admettent comme règle pratique de leur conduite qu’il faut opposer le mensonge au mensonge, d’après cette maxime générale que le diable doit être combattn avec le feu. Mais est-ce là le véritable esprit du Christianisme ? Est-ce là de la vraie philosophie ? N'est-ce pas au contraire la maxime favorite de la vengeance? la pratique des sauvages ? un axiôme de morale admis parmi les loups et les tigres ?

Et si votre intention est de vaincre l'esprit du

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mal et de détruire la mauvaise canse qu’il soutient, ne serait-il pas mieux de l’attaquer par quelque chose qui fut directement oppposé a ses œuvres? Ne feriez-vous pas mieux de combattre le mal par le bien? Mais la nécessité ne procède-t-elle pas d’une source toute différente? Est-ce parce que le système catholique présente une unité, nne force, une beauté qui le rend logiquement inattaquable ? Est-ce parce qu’il est conforme à la vérité du christianisme, tel qu’il est en lui-même, et non tel que les passions, les intérêts et l’orgueil des hommes voudraient le faire, que la théorie catholique est exposée sous de si fausses couleurs et livrée au mépris? Comment se fait-il que lorgueilleux innovateur, l’extravagant fanatique, le démagogue en fait de religion.

toutes les sectes, et les fragments dispersés de chaque secte, depuis Simon le magicien jusqu’à nos jours, se soient constamment rués sur V'Eglise ?” ' |

Dans la préface de son essai sur les Rapports Harmonieux de la Foi divine et de la Religion Naturelle, ouvrage consciencieux et fort bien raisonné, le Juge Bayne, protestant converti, de Stockton, en Californie, parle ainsi de ce système injuste de fausses interprétations que nous examinons. ‘D’après un principe de

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PRÉJUGÉS PROTRSTANTS. 219

jurisprudence généralement adopté, personne, pas même le plus humble accusé, ne doit être condamné sans être entendu, n'importe l’ardeur de ceux qui le poursuivent et l’horréur du crime qu’on lui impute, Le juge qui condamnerait un homme sur une simple rumeur, sans examiner la conduite de la personne accusée, serait considéré comme coupable tout à la fois de cruauté et d’injustice, L'Eglise sent vivement, et ne craint pas de déclarer hautement que quiconque accuse sa doctrine, sans avoir appris des ouvrages qui contiennent l’expression fidèle de sa foi, la nature des dogmes qu’elle enseigne, est injuste à son égard, et de plus compromet la droiture de son esprit et le salut de son âme.” Faisant allusion à la cakomnie si souvent répétée que l'Eglise retrécit l'intelligence et asservit le corps, il dit: “Ori a de siècle en siècle accusé l'Eglise d’usurper le domaine de la raison, du sens commun et de l'expérience, en enseignant à ses membres la foi divine. Des millions d'hommes ont accepté cette accusation comme véritable, sans avoir lu un seul de ses catéchismes ou aucun autre ouvrage traitant explicitement de sa foi, et composé par un de ses docteurs accrédités, Rien de plus certain ; ses accusateurs la vouent

ses théologiens et ses historiens, de manière qu’ils ignorent absolument sa foi et sa théologie. Or je demande respectueusement à quiconque l’accuse actuellement, si son accusation est fondée sur la connaissance et l’intelligence de l’enseignement de ses docteurs accrédités, ou si elle n’est point appuyée plutôt sur les assertions de ses ennemis puisées dans l’histoire, et sur les reproches qu’ils adressent à sa foi ?”

Je vais maintenant jeter un coup d’œil rapide sur les préjugés qui circulent en Amérique contre les Catholiques. Ils sont ou religieux ou politiques. Les premiers naissent du pro testantisme, les seconds de la qualité de citoyens. En les réfutant j'aurai occasion de revenir sur les remarques faites dans le premier chapitre, lorsque comparant la doctrine des Catholiques avec celle des Protestants, je fis sentir les consolations de l’une et la nature désolante de l’autre. Je serai obligé de répéter quelques-unes de ces observations pour corriger ce qu’il y a d’erroné dans la manière dont vous considérez la croyance et la pratique de l'Église.

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