INQUISITION
Ce terrible mot, Inquisition, est une source de préjugés contre l'Eglise Catholique. Nous en objecter les usages, c’est dans votre pensée, appliquer la torche à un magasin de poudre, ensevelir l'Eglise sous ses ruines, et anéantir du mème coup avec ses titres les preuves qui en établissent la vérité et la divine origine. Nous sourions de la simplicité de vos espérances.
L'inquisition, comme le savent les Catholiques et les Protestants qui ne sont pas étrangers à l'histoire, ne peut fournir aucun sujet d’eccusation contre l'Eglise. C’est tout au plus un épouvantail propre à faire peur aux enfants.
Vos objections se tirent de l’Inquisition
d’Espagne. Quiconque en à Ju l’histoire doit savoir parfaitement que cette institution, autant qu’elle peut être blâämable, est purement politique dans son origine, et n’a rien à faire avec les titres de l'Eglise. Tout ce que l’on peut en dire, c’est que telle que les Vêpres Siciliennes, ou le massacre de la St. Barthélemi, elle fut employée comme répression politique des hérétiques ou des infidèles. Tant qu’elle subsista, les Papes firent tous leurs efforts pour en controler l’action et en prévenir les abus.
Il faut l'avouer cependant, elle n’est pas seule digne de blâme; les Protestants eux-mêmes n’ont pas peu contribué à attiser le feu de la persécution. Ceux qui ont apporté quelque attention à l'étude de l’histoire, et qui ne craignent pas de parler avec impartialité, accorderont sans peine que linquisition Anglaise, sous Elizabeth, ne le cédait pas en rigueur à l'inquisition Espagnole. Il y a cependant une difiérence entre l’une et l’autre ; les preuves de l'injustice et de la cruauté de la première sont plus nombreuses et plus concluantes que celles dont on se sert pour établir les horreurs de la seconde. Les abus se glissent dans toutes les institutions humaines ; l'Eglise n’est pas responsable de la conduite des Etats et des particuliers qu’elle condamne, ni des désordres aux-
ristoire doit tion, autant ‘ement polià faire avec e l’on peut Vèpres Sici- Barthélemi, on politique Tant qu’elle efforts pour les abus.
est pas seule mêmes n’ont de la perséelque attenne craignent accorderont nglaise, sous eur à l’inquint une difiéeuves de l’inière sont plus e celles dont rs de la setoutes les in-
; pas respondes particugordres aux-
quels elle a refusé son autorisation et qu’elle réprouve.
Si votre intention est de dénigrer l'Eglise, pourquoi donner la préférence à l’inqusition d’Espagne, et ne pas attaquer l’inquisition Romaine? Vous le feriez peut-être; maïs cette dernière offre peu d'ouverture à la calomnie. Il est vrai que vous mentionnez souvent le nom de Galilée; mais vous êtes dans l’impuissance de prouver qu'il ait été traité avec cruauté. On lui défendit d'enseigner comme certaine une théorie à laquelle la certitude n’était pas encore acquise, On admet maintenant que les preuves qu’il en donnait n'étaient pas satisfaisantes, Comme il invoquait ouvertement l'autorité de l’Ecriture, pour éviter tout scandale, on lui permit d’enseigner son système comme hypothètique, jusqu’à ce qu’il fut appuyé sur une démonstration solide. Son emprisonnement dont on a fait grand bruit, et qui fut purement nominal, se borna pour lui à rester quelque temps dans les appartements du Fiscal du Saint Office, ou au palais de la Trinité du Mont, dans la partie la plus saine de Rome. Il écrivit lui-même en 1633, qu’il avait été traité honorablement. Le fait de son abjuration n’est pas certain ; s’il l'était ce serait une tache à son caractère, car en se relevant,
comme on le dit, il s’écria : “ E pur si muove,” et cependant elle tourne. Pouvez-vous réconcilier cette contradiction avec son inflexibilité naturelle ?
Si Galilée se vit réduit au silence, il le dut seulement à l’excès de son zèle et à son imprudence. A cette même époque, son système était publiquement enseigné à Rome comme une hypothèse, sans la moindre opposition de la part de l'autorité ecclésiastique. Il avait même de chauds partisans dans les hauts rangs du clergé Romain. Puisque vous attachez une si grande valeur à l'autorité de l’Ecriture, vous devez admettre que les procédés de l’inquisition étaient pleinement justifiés par la nature des circonstances. Elle voulait épargner aux Saintes Ecritures une contradiction apparente avec les démonstrations cosmologiques. Jamais l'Eglise n’a prononcé à ce sujet aucune définition dogmatique.
La question de l’inquisition n’a rien à déméler avec l'Eglise considérée comme dépositaire de la vérité ; elle se rapporte à un point de discipline temporaire et variable, et nullement à un objet relatif à la foi. L'Eglise a existé pendañt un grand nombre de siècles, sans le secours de ce tribunal; avec, ou sans son assistance, elle existera jusqu’à la fin des temps.
i muove,”?
ous réconflexibilité
, il le dut on imprun système ne comme osition de
Il avait auts rangs tachez une iture, vous inquisition nature des rgner aux apparente 8, Jamais une défini-
rien à déme déposi- \un point , et nulleise a existé les, sans le ans SON asdes temps.
Elle ne peut étre responsable des abus attachés inévitablement aux institutions humaines.
Le système de Galilée fut censuré dans les contrés protestantes avec une extrême sévérité. Tycho-Brahé, le grand astronôme protestant, Bacon, Alexandre Ross l’attaquèrent. Assurément les détails ne manqueraient pas, si l’on voulait parler de ia persécution que les sciences eurent à souffrir de la part du protestantisme. Pendant deux cents ans, l’Angleterre refusa d’adopter le calendrier Grégorien ; elle aima mieux “se quereller avec les astres ” que de s’accorder avec le Pape dans la supputation du temps. Descartes fut persécuté de la manière la plus révoltante par les ministres de la Hollande à cause de ses vues philosophiques. On n’exila pas Galilée, on ne le dépouilla pas de ses émoluments ni de sa réputation, et alors même les Protestants formaient contre Christian Wolf, le plus aimable des hommes, une accusation injuste, et le condamnaient comme coupable d’athéisme. Au lieu de parler sans cesse de Galilée et de son temps, ils feraient mieux de se rappeler l’inquisition qu’ils exerçaient à cette époque. “ Le Synode de Dordrecht, convoqué par le Pape Jacques, sanctionnait ses décrets dans le sang de Barneveld, malgré sa fidélité à ga patrie, et, sem-
blable à Moloch, immolait ses propres enfants par hécatombes.” . . . Quelle inquisition plus absolue que l’odieuse Chambre Etoilée d'Angleterre, ou que la Haute Cour Ecclésiastique formée pour la suppression de l’hérésie.”? Pour beancoup de Protestants l’histoire de Galilée est aussi nouvelle que si elle se fut passée hier; mais en même temps ils oublient tous ces genres d’inquisition qui, suivant l’expression de Burke, “ ne devraient pas être répétés à des oreilles faites pour les accents si purs de l'équité et de la justice.* La prudence devrait leur conseiller le silence, pour ne pas nous obliger à rechercher leurs excès, suites funestes de leur haine religieuse.