EXISTENCE DE DIEU
Iz y a un Dieu, telle est la première vérité à prouver à l’infidèle. Il y a un Dieu, en nier l'existence c’est contredire la raison humaine. Si vous contemplez ce monde, non comme les êtres dépourvus de raison, mais avec l’œil de l'intelligence, vous serez forcés d’avouer qu’il y a un Dieu. il n’y a pas de Dieu, d’où le monde tire-t-il son origine? Si vous niez l’existence de Dieu, vous êtes réduits à soutenir ou que rien a produit le monde en le tirant de rien,
ou que le monde a existé de toute éternité.
L'une et l’autre de ces deux assertions impli-
quent une contradiction manifeste.
Dire que rien a produit le monde en le tirant de rien est tellement absurde et si souverainement ridicule, que cette proposition ne mérite aucune réfutation sérieuse. Quand rien agit sur rien quel en doit être le résultat ? évidemment rien.
Le célèbre Père Kircher, astronôme et philosophe Romain, avait pour ami un homme profondément enfoncé dans l’infidélité, mais dont il était admiré à cause de la beauté de son génie et de la profondeur de sa science. Le P. Kircher lui montra un jour une charmante sphère en miniature. “ Qui a fait cette sphère,” dit l’infidèle. ‘ Qui l’a faite ? personne, La nuit dernière elle sortit de rien, et ce matin, je l'ai trouvée dans ma chambre.” “Me prenezvous donc pour un insensé #” répliqua son ami passablement piqué de cette réponse. “ Vous croyez donc que personne, à moins d’être insensé, ne peut imaginer que cette sphère ait été faite de rien, et qu’elle ait existé spontanément ? et cependant vous soutenez que l’univers entier, dont ce petit globe n’est qu’une faible représentation est sorti du néant sans le secours d’un Créateur? Cette idée n’est-elle pas mille fois plus extravagante que l’autre ?”
“Vous ne pouvez,” dit Cicéron, “rencontrer un cabane dans un bois sans en conclure l’ex-
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istence d’un homme qui l’a bâtie, et lorsque vous jetez les yeux sur cet univers et que vous en admirez la magnificence et l’harmonie des parties qui le composent, vous prétendez que personne ne l’a fait !”?
Si vous avancez qu’un Créateur n’est pas nécessaire, parce que le monde a existé de toute éternité, vous tombez dans une absurdité tout aussi révoltante. Le nombre ne peut subsister avec l’infini, puisque les nombres sont toujours susceptibles d'augmentation. Partout où l’infini n'existe pas, on doit trouver un commencement, et dès lors plus d’éternité. Le nombre se remarque dans le monde ; tout y est sujet au changement, chaque objet particulier y est en mouvement. Les changements et les mouvements peuvent se compter et être soumis aux lois du calcul. Aujourd’hui est un jour ajouté à celui d'hier. Si le monde était éternel, les jours auraient existé de toute éternité, et le nombre de ces jours serait infini, absurdité palpable, puisqu’un nombre peut toujours recevoir l'addition d’une unité. Les jours ne peuvent avoir existé sans un premier jour, de même qu’une chaine ne peut exister sans un premier anneau. Un nombre infini de jours est aussi absurde qu’une chaine formée d’un nombre infini d’anneaux, sans premier anneau. Comme
il est certain qu’aufourd’hui est un jour ajouté à celui d'hier, et que le temps est le temps, de même est-il certain que le monde a eu un commencement, qu'il y a un Créateur, que ce Créateur est éternel, et que par conséquent il y a un Dieu.