‹ Catholicisme, protestantisme et infidélité [microforme]Chapitre 76 sur 80 · TIONS · texte numérisé non relu

TIONS

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velle force aux preuves qui démontrent la vérité de l'Eglise Catholique, car si ces preuves n'étaient pas absolument convaincantes, des hommes intelligents n'auraient jamais pu ajouter foi à des dogmes incompréhensibles.

Avant que des hommes tels que Justin, Augustin et d’autres aussi remarquables par leurs talents et la beauté de leur génie, se déterminent à croire le mystère de l’Incarnation et celui de la Transubstantiation il fallait que l’infaillible autorité de l’Eglise leur eut été démontrée de manière à ne laisser aucun doute dans leur esprit.

Dès que l’institution divine et l’infaillibilité de l'Eglise ont été une fois pleinement établies, la raison ne permet plus de s’élever contre un article de foi, précisément parce qu’il est incompréhensible. Dans l’ordre même de la nature, lorsque la preuve est évidente, l’objection de l’incompréhensibilité n’est pas un motif suffisant de douter. Nous rencontrons à chaque pas des mystères dans la sphère des vérités naturelles et des faits fondés sur l’expérience. Je ne crains pas d’assurer que quelques uns de ceux, qui nous sont présentés par

l'expérience et la raison, sont beaucoup plus incompréhensibles que les plus profond mystères de notre foi. Prenons ceux de la Sainte

Trinité et de la Transubstantiation, et comparons chacun d’eux avec un mystère de l’ordre intellectuel et expérimer ‘1,

Vous dites: Qui ; roire qu'il y a un seul Dieu en trois personnest Après avoir remarqué que par ces mots—trois personnes, nous n’entendons pas trois êtres différents, mais trois relations distinctes l’une 1: : ntre, et subsistant dans la même nature, je demande à mon tour: ce mystère est-il plus incompréhensible que l’éternité de Dieu? La raison peut démontrer que Dieu existe et qu’il n’a pas eu de commencement ; mais trouvez-vous le mystère de l'existence sans commencement plus facile à concevoir que le mystère de trois personnes en un seul Dieu, tel que l'Eglise Catholique nous l’enseigne? Le premier est aussi plein d’obscurité que le second, on plutôt, si vous consultez quelque traité de théologie catholique, vous découvrirez qu'il est plus aisé de se former une idée de la Trinité. que de l’existence éternelle de Dieu et de ses rapports avec le temps.

Quand la raison se trouve placée entre cette double alternative d’admettre re qu’elle ne comprend pas, ou de tomber en contradiction.

avec elle-même, elle préfère la première à la seconde. Elle aime mieux croire ce qui est in

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compréhensible que de se jeter dans l’absurdité en le niant. Ceci s’applique aux mystères de notre religion. Nous acceptons l’incompréhensible plutôt que de nier les preuves irréfragables de l’infaillibilité de l'Eglise, et de contredire notre raison par notre incrédulité. Certaines vérités de foi surpassent notre intelligence, mais sans y être opposées. L’'infaillibilité de l'Eglise une fois prouvée, nous ne demandons rien de plus. Dieu est l’anteur de la raison et de la révélation ; l’une et l’autre renferment des obscurités et des mystères.

Ces observations acquièrent un nouveau dégré de force par la considération du second mystère sur laquel j’ai appelé votre attention— la Transsubstantiation.

Comment, me direz-vous, est-il possible d’admettre que le pain et le vin sont changés au corp et au sang de Jésus-Christ? De mon côté je vous de 1nde: ce mystère de la Transsubstantiation, effect par la puissance, infinie de Dieu, est-il plus inc: plicable que les changements de substances et les transformations que vots rencontrez à chaque pas dans la nature ? Pouvez-vous expliquer comment s’accomplit le procédé de la germination, de la croissance et de la fructification. Pouvez-vous me dire comment les sucs de la terre se changeut en

d'innombrables variétés de plantes et d’arbres, et comment ceux des plantes et des arbres se transforment et se diversifient en une si grande multitude de fruits? Par quelle vertu secrète tel arbre produit-il des oranges et tel autres des figues? Coriment les fleurs travaillent-elles la substance qu’elles extraient toutes de la même terre, de manière à former les tissus les plus délicats et les plus variés dans leur abondance? Vous ne révoquez pas en doute les forces que Dieu a communiquées à la nature inanimée, et cependant les changements de substance qui ne sont effectués que médiatement par le pouvoir de Dieu, ne sont-ils pas mille fois plus incompréhensibles que la Transsubstantiation opérée par un acte direct et immédiat de sa toute-puissance ? La diversité des forces que Dieu a données à des êtres dépourvus de tout sentiment n’est-il, pas en effet infini ment plus difficile à comprendre que l'acte par lequel il opère, immédiatement et par lui même le changement de substance qui a lieu dans l’eucharistie ?

La vie animale, aussi remplie de mystères que le règne végétal, nous conduit à la même conclusion. Le changement du pain et du vin opéré par un acte immédiat de la toute-puissance divine vous étonne, et vous ne réfléchis-

ÈRE

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sez pas que chaque jour un changement de substance beaucoup plus étonnant se passe dans votre propre corps. Vous mangez du pain et vous buvez du vin; le pain et le vin se changent en la substance de votre chair et de votre sang. La Transsubstantiation est moins étonnante que ce changement qui s'opère «niquement par les seules forces de la nature, et auquel la puissance de Dieu ne contribue pas immédiatement.

Le procédé de la végétation et de la vie animale peut être considéré, dans l’ordre de la nature, comme un faible reflet d’un changement d’un ordre plus relevé, celui de la Transsubstantiation dans la Saint Eucharistie. Il faut le dire cependant: les changements naturels de substance, étant beaucoup plus compliqués, sont moins intelligibles que le simple changement opéré par l'intervention directe du pouvoir de Dieu. Toutes les vérités, soit naturelles, soit surnaturelles, sont intimement unies les unes aux autres, parce que Dieu, source de toute vérité est essentiellement un. La révélation, ouvrage de Dieu aussi bien que le monde visible, 8e lie étroitement à la nature. Ce rapport mutuel m’a toujours rempli d’admiration.

La liaison intime de la raison et de la religion révélée se montre encore visiblement lors-

que nous comparons les principes de la philosophie avec ceux de la théologie. Cette observation frappe surtout le professeur qui, après avoir enseigné la théologie, revient, comme je l'ai fait, à l’enseignement de la philosophie.

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