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cablement en imprimant sur elle le caractère de l’Antechrist.
Dans votre pensée, Jésus-Christ n’a point accordé à l’Eglise le privilège de l’infaillibilité. Votre doctrine fondamentale est que Dieu a ordonné à tous les hommes de consulter la Bible, et à chaque individu de puiser dans cette source, et de former sa foi comme il le peut, de sorte que l’interprétation privée de la Bible remplace et doit remplacer de droit l’autorité de l'Eglise, et être adoptée comme la seule règle de foi.
Cette doctrine est désolante, car elle exclut la possibilité d'arriver à la certitude dans tout ce qui a rapport à la foi. (Comme je vous le montrerai plus tard d’une manière plus étendue, à moins que de renoncer à votre régle de foi, et de faire appel à l’autorité de l'Eglise Catholique, il ne vous est pas même possible de prouver que le Bible soit la parole de Dieu, et le résultat d’une inspiration divine. Si vous refusez constamment de reconnaitre l’infaillibilité de l’Eglise qui vous a donné la Bible et a défini qu’elle contenait la parole de Dieu, je ne crains pas de vous en défier, vous ne produirez jamais, de manière à vous satisfaire, une simple preuve que ce livre divin a été inspiré tout entier. Dans tous la suite de l’Ecriture
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vous ne sauriez indiquer un seul passage qui vous révèle l’inspiration de toute la Bible, et tant que vous la considérerez comme Panique règle de foi, et que vous réjetterez la tradition et l'autorité de l'Eglise, vous chercherez vainement ailleurs la preuve qui vous manque. Supposons, cependant, si vous le voulez, que vous êtes parvenus à prouver l'inspiration de la Bible, à la satisfaction d’un esprit intelligent, où puiserez vous la certitude infaillible que vous la comprenez, et que vous ne vous êtes pas trompés essentiellement dans la doctrine que vous en avez tirée ?
Ici se trouve le grande difference entre la consolante sécurité du Catholique et la désolante incertitude du Protestant. Le Catholique s'appuie sur l’infaillibilité de l’église, d’où il conclut infailliblement que sa foi est divine. Le Protestant, en conséquence même du nom qu'il se donne, ne pouvant invoquer rien de plus ferme que son interpretation privée, ne s’élevera jamais au dessus d’une simple opinion particulière, fort sujette à l'erreur. Le Catholique se fonde sur l’infaillible promesse de Jésus Christ: “Les portes de l’enfer ne prévaudront jamais contre elle.” Le Protestant se trouve en face, et ne peut se délivrer de l'arret terrible sorti de la bouche de notre Sau-
veur: “S'il n’écoute pas la parole de l’église, qu’il vous soit comme un payen et un publicain.” Le Catholique vogue en sureté dans la
barque de Pierre, à l'abri du nauïrage; le
Protestant s’attache à une miserable planche jetée sur les vagues d’un mer en fureur: peutêtre parviendra-t-il à se sauver, et c’est à ce peut-être que se borne toute son espérance.
L'Eglise Catholique peut dire à ses enfants : “Confiez-vous à ma direction, je viens de Dieu ; que votre vie corresponde à votre foi, et vous arriverez au port du salut.” Le protestantisme après avoir jeté entre les mains de ses adhérents un vénérable livre déshonoré par mille interprétations qui se combattent les unes les autres, leur dit enfin: “ Lisez pour votre propre compte, et decouvrez la vérité, si vous pouvez ; formez votre foi, retenez la fortement, si vous en êtes capable, peut-être vous sauvera-t-elle.” Le cœur humain peut-il se trouver.jamais dans un position plus désespérante? Tout au plus serait-il en votre pouvoir de dire: ‘ Peut-être j’ai réussi à découvrir la vérité; maïs péut-être aussi me suis-je égaré dans mes recherches. Si je me suis trompé que deviendra mon âme pendant la durée de de l'éternité ?”
Pour échapper à l'incertitude qui s'attache
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église, inévitablement à toute opinion purement hupubli- maine, quelques Protestants emportés par le faans la natisme, ont imaginé la doctrine de l’Inspirare; le tion Personnelle. Ils affectent de croire que lanche l'Esprit Saint leur parle intérieurement, et pror s'efforcent de se persuader que cette direction t à ce imaginaire est aussi sure que celle d’une église PARC établie par l'autorité de Dieu. Cette prétenfants : due inspiration ils la réduisent bientôt à un he de simple movement de sensibilité, source la plus re foi, féconde des plus déplorables illusions. En * PE vérité, il est difficile de concevoir comment un ue de homme, qui n’est pas absolument depourvu 1onoré d'intelligence, peut élever sa foi et les espéent les rances de la vie future sur un fondement aussi Er chancelant. Personne n’ignore à quelles exrité, 81 travagances certaines sectes, et en particulier forte- les Méthodistes,* se sont laissé entrainer pour e vous t-il se * Ici je désire rappeler une temarque déja faite dans la espér- préface. Ce que je censure, ce sont les erreurs dans la dut doctrine, et non les personnes. J’ai la ferme conviction j que dans les rangs des Méthodistes, surtout des Méthodistes rir la Américains, se trouvent, comme dans toutes les autres égaré sectes, un grand nombre d'hommes sincères et dignes de rompé respect. Pareils à ceux dont il est fait mention dans la rés de texte, ils s’abandonnent à la chaleur de leur imagination, parcequ’ils éprouvent un besoin immense de se procurer, dans ce qui regarde leur salut éternel, quelque apparence ttache de cortitude. L'ignorance où ils sont de la doctrine ca-
avoir adopté la système de l’Inspiration Personnelle. Dans quelques circonstances, le dégré d’excitation, auquel ils se livrent, devient uno véritable ivresse religieuse. Cette expression, j'ose l’ésperer, ne vous offensera pas. J’en appelle à l'impression faite sur chacun de mes lecteurs, lorsque passant devant un rassemblement (camp meeting) de Méthodistes, ils entendaient leurs chants discordants, leurs hurlements, leurs cris aigus, et contemplaient les sauts et les contortions que leur suggérait un fanatisme produit par l'inspiration. Tout homme sage doît sentir qu’un spectacle si déshonorant ne peut être l’effet d’une opération divine. L’ivresse religieuse s’évanouit, le fanatisme fait place à des pensées plus graves; le doute revient avec une nouvelle force, et s’abat sur cette triste victime de l’erreur. La foi, hier l’objet de ses délices, lui parait incertaine, et lui fait éprouver aujourd’hui les plus cruelles tortures.
Aprés tout, le Méthodisme n’est qu’une des
tholique est cause qu’ils cèdent à ce genre de déception. &i, dans le cours de cette discussion, je parle plus fréquemment des Méthodistes, ce n’est point parceque je suis moins bien disposé à leur égard, mais uniquement parcequ’ils forment, dans ce pays, la ortion la plus nombreuse et la plus active des Protestants.
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innombrables sectes qui, depuis trois cents ans, se disputent sur le sens de la Bible, et ont presque épuisé la liste de toutes les extravagances imaginables, et de toutes les contradictions possibles.
Tel est donc le résultat auquel vous êtes arrivés. Vous avez établi en principe que l’interprétation privée était la seule règle de foi. La conséquence naturelle de ce principe s’est révélée par la multiplication des sectes et des opinions opposées les unes aux autres. Autant d’esprits indépendants, autant de sentiments différents. Le spectacle de tant de désordre, de confusion, d'incertitude, n’est point de nature à rassurer une âme faite pour la vérité, et portant en elle même l’invincible désir de la posséder en pleine securité. N'est il pas évident qu’un système aboutissant nécessairement à de semblables résultats, et engendrant une interminable suite de pensées contradictoires, ne peut venir de Dieu, et que, par conséquent, il n’a pas la vérité pour lui? Dieu est la vérité même ; l’esprit de vérité ne peut révéler des dogmes contradictoires. Comme Dieu, la vérité, est une et immuable ; une foi qui vient de Dieu doit donc être une comme lui, et comme lui aussi étrangère à tout changement.
Votre foi a changé et change continuellement.
Donc elle n’est point vraie. Luther lui-même frémissait à la vue de cette diversité de dogmes incompatibles les uns avec les autres, qui, même de son temps, étaient sortis de ses principes, et plusieurs fois il ne put s’empécher de reconnaître dans une si grande variété la marque la moins équivoque d'erreur et de mensonge. Aujourd’hui l’état des choses est plus déplorable encore. Qu'est devenu le protestantisme de Luther et des premiers réformateurs ? YŸ a-t-il actuellement un seul Protestant qui adopte en son entier la doctrine qu’ils professaient ? J’en doute beaucoup. Plus évidemment que jamais le protestantisme porte, gravé au front, le sceau de l'erreur; on ne saurait sy méprendre.
Permettez ici à un homme qui s'intéresse vivement au bien de votre âme de vous dire:
Considérez d’un côté la sublime attitude de l'Eglise Catholique, le témoignage qui la fait remonter jusqu’à Dieu, à qui elle doit son origine, et qui la dirige, le privilège de l’infaillibilité qui la protège contre tout changement et toute incertitude, son unité ne faisant de tous ses membres qu’un seul corps, l'autorité de son chef, qui veille sans cesse à ce que le lien qui les unit ne se relâche jamais, la sécurité absolue qu’elle communique à ceux qui lui obéis-
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CARACTÈRE DU PROTESTANTISME. Al
sent dans tout ce qui re arde la grande affaire du salut; et de l’autre, la multiplicité et la fluctuation de vos sectes, le changement continuel de vos opinions, que la logique ne peut concilier ensemble, les disputes interminables, les confessions de foi promulguées aujourd’hui, et demain tombées en désuétude, l’enseignement de l’un en contradiction avec celui de l’autre, vos guides sans pouvoir, sans influence, excepté
celle qu’ils reçoivent d’un caprice éphémère,
ou de la mode du jour, et pour vous enfin l’absence de toute certitude dans tout ce qui se lie à vos destinées éternelles.
Avec ou sans le Bible, le Catholique, savant ou ignorant, vit en pleine securité. Le protestantisme laisse l’ignorant sans ressource, et le savant sans croyance assurée ; le premier ne peut faire usage du principe de l'interprétation privée, le second y cherche en vain un terme à ses doutes. Pour interpréter la Bible d’une manière passable, des connaissances étendues sont nécessaires ; la science la plus éminente abandonnée à son propre sens, n’a jamais réussi, et ne réussira jamais à former un système de foi satisfaisant : quant à celui de l’Inspiration Personnelle, imaginé par un certain nombre de sectes protestantes, à quoi se reduit-il
en dernière analyse? aux vains efforts d’un
homme qui, désespérant de se procurer l’infaillibilité, la cherche dans une déplorable infatuation plutôt que dans l'autorité où elle se trouve.
Le contraste entre le Catholique et le Protestant au point de vue de l'autorité dogmatique ne demande pas de plus amples écclaircissements. Comme société, le protestantisme ne se présente pas sous un jour plus favorable.
Le Catholique marche sur les traces d’une immense multitude d'hommes illustres par la sainteté de leur vie, et dont le salut ne peut être révoqué en doute. Où sont parmi vous les martyrs, les confesseurs, les docteurs, les pères de l’église, les vierges, les bienfaiteurs du genre humain, tous distinguées par l’éminence de leurs vertus, et dont vous puissiez affirmer le salut avec certitude? Faites nous connaitre leurs noms, si vous en avez la liste. Supposé même que vous puissiez nous opposer vos saints, comment pourriez-vous prouver qu’ils professaient la même foi que la vôtre? Il n’est point en votre pouvoir de nous donner cette preuve, puisqu'il n’existe parmi vous ni autorité infaillible, ni un symbole de foi commun à tous, et auquel vous vous fassiez honneur de vous soumettre, ou de vous conformer. Le Catholique possède la certitude que les saints,
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dont il honore le mémoire, professaient, ni plus ni moins, la foi qu’il professe lui-même, parceque le Catholique croit, sans addition et sans retranchement, tout ce que l’Eglise lui propose comme articles de foi. Vous glorifier d'un pareil avantage est pour vous chose impossible.
Luther a donc fait une dangereuse expérience, pour ne rien dire de plus, lorsqu'il abandonna le grand chemin par où des millions d'hommes, pendant quinze siècles, sous la conduite infaillible de l'Eglise, étaient allés au ciel, pour marcher en aveugle dans des sentiers de traverse, sans autre guide que ses idées particulières, et sans examiner si la direction qu’il prenait le menait su port du salut, ou à sa ruine. Le temps n’a fait qu’augmenter ce qu’il y a d’alarmant dans cette expérience.