ACTE IV, TABLEAU V. llo
STORAX.
Cappa est veuf; il a laissé tomber, dit-on, du haut de l'escalier, un broc de plomb sur la tête de sa femme.
EtGlabrio?
STORAX.
Glabrio est célibataire. Aie! voilà Aurélia.
aurélia, bas.
Je n'y puis plus tenir. [Haut et relevant son voile.) Bonjour, seigneur Sergius.
Oh ! chère Aurélia , bonjour ; que vous me faites plaisir en me venant joindre ici I
AURÉLIA
J'étais là bien avant vous, Catilina, et je commençais à m'inquiéter, je vous l'avoue.
Et de quoi ?
AURÉLIA
Mais, d'abord, de ce renvoi d'argent que je n'ai pas compris, après ce qui était convenu entre nous.
Mes amis m'avaient assuré que c'était une dépense inutile.
AURÉLIA
J'ai pensé qu'il y avait quelque malentendu, j'ai envoyé l'argent et l'ai fait remettre à vos amis, qui l'ont parfaitement accepté ; sans doute ce matin ils avaient changé d'avis : la nuit porte conseil.
Merci, Aurélia.
AURÉLIA
Mais ce n'était pas seulement cela qui m'inquiétait.
Qu'était-ce donc?
AURÉLIA
Ce matin, pensant que je pouvais vous être utile, je me suis présentée chez vous.
A quelle heure?
AURÉLIA
A la première.
En effet, j'étais déjà sorti.
AURÉLIA
Ou plutôt vous n'étiez pas rentré.
Et c'est cela qui vous a inquiétée ?
AURÉLIA
Oh ! non ; mais on m'a dit qu'à la fin de la troisième veille , vous aviez envoyé chercher votre médecin Chrysippe, qu'on l'avait fait lever, et qu'il était parti sans dire où il allait; j'ai craint qu'il ne vous fût arrivé quelque accident.
Chrysippe, cet hiver, a donné en mon nom des soins aux gens pauvres de la Suburraue et du Yelabre. Je l'ai mis en campagne pour faire récolte de voix.
AURÉLIA
De sorte qu'il moissonne pour vous à cette heure?
Probablement. Voulez-vous permettre que je continue mes suppliques? Croyez que j'aimerais mieux causer avec vous que d'aller serrer toutes ces mains sales et baiser toutes ces barbes mal faites. (Clinias est entré depuis un moment.)
AURÉLIA
Allez, d'autant plus qu'il y a là quelqu'un qui vous attend, ce me semble.