‹ CatilinaChapitre 117 sur 138 · ACTE IV, TABLEAU V · texte numérisé non relu

ACTE IV, TABLEAU V

Et Fulvie aussi.

Que veux-tu dire ?

Que Fulvie a eu les tablettes entre les mains assez longtemps pour en effacer les deux noms, et que tu as porté à l'affranchi des tablettes blanches. Quand nous conspirerons , et que vos maîtresses seront du complut , avertissez-moi, seigneurs. (Il remonte.)

lentulus, entrant.

Où va donc Fulvie, Curius? Je viens de la rencontrer fuyant au grand galop d'un cheval. Mes compliments à Catilina, a-t-elle crié en riant, et elle a disparu.

CURIUS

Par quelle route ?

LENTULUS

Par la route de Tibur.

curius, s' élançant hors du théâtre.

Oh ! un cheval ! un cheval !

LENTULUS

Pauvre fou.

ORESTILLA.

Cours a la maison, Nubia , et envoie-moi mes quatre gladiateurs. Ils se cacheront dans les roseaux au bords du Tibre, et y attendront mes ordres.

NUBIA.

J'y vais.

CÉTHÉGUS

Oh ! cela ne se passera pas ainsi... Il y a eu trahison... Annulons les votes , ou bien aux armes !

TOUS

Oui, aux armes ! Tes ordres, Catilina !

Moi je n'ai plus d'ordres à donner. Je ne suis plus rien.

CAPITO

C'est ce que nous allons voir. (Ils se forment en groupe ; dans le fond il agite le peuple.)

orestilla, s'avançant.

Salut, Sergius.

Vous étiez là, Orestilla? Vous avez entendu la proclamation? Cicéron triomphe. Je suis un homme ruiné.

fiM CATILINA.

ORESTILLA.

Le croyez-vous réellement ?

Je serais un insensé si je me faisais illusion.

ORESTILLA.

Donc vous n'avez plus aucun espoir?

Aucun, Orestilla. Je vous avais dit : Tant que je monterai, suivez-moi: si je tombe, abandonnez-moi. Je suis tombé, Orestilla ; vous êtes libre.

Je devais partager votre bonne fortune; je suis prêt à partager la mauvaise, Sergius.

Ma dernière consolation, Orestilla, est d'avoir le droit d'-liv malheureux tout seul.

ORESTILLA.

Ainsi, vous me rendez ma parole?

Je vous prie de la reprendre.

ORESTILLA.

Ce n'est pas moi qui m'éloigne de vous : c'est vous qui vous éloignez de moi.

Voici le cachet d'Orestillus , votre premier époux, Panneau auquel obéissent vos esclaves et vos intendants.

ORESTILLA.

Voici le cachet des Sergius, le gage de vos volontés. Vous pouvez encore garder cet anneau, et moi celui-ci.

Voila votre anneau, Orestilla; rendez-moi le mien.

ORESTILLA.

Le voici.

Merci.

Adieu, .Sergius !... Le mal qui t'arrivera tu l'aura* voulu! (Elle sort.)

Adieu \

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