SCÈNE III
STORAX, seul.
Dieux trompeurs ! qui eût dit au pauvre Storax, lorsque la douce voix d'Aurélia criait : Pendez Storax! Mettez Storax en croix ! Ecorchez vif Storax! Qui eût dit que c'était le commencement de sa fortune? (Il tire de sa ceinture la bourse d'Orestilla.) Bourse d'Orestilla. (Il montre Vautre.) Bourse de Sergius. 11 y a bien là, dans les deux bourses, quatre talents d'or, c'est-à-dire plus que je n'ai jamais eu à la fois en ma possession. Ce que c'est que d'être honnête homme, pourtant. Je n'aurais jamais cru que ce fût d'un si bon rapport. Décidément, l'honnêteté est la route de la fortune ; d'abord, il y a moins de concurrence que sur l'autre. Continuons donc à être honnête. Après les services rendus à Sergius et à Orestilla, ils ne peuvent manquer, pour récompense, de m'accorder ma liberté. Puisque ma liberté ne peut pas me manquer, je puis alors me considérer comme libre. Comme cela tombe! juste au moment des saturnales; juste au moment où les esclaves courent les champs, sans qne les maîtres aient la moindre chose à leur dire. Comme tu vas courir les champs, mon petit Storax! Comme tu ne t'arrêteras, une fois sorti de Rome, que quand tu te sentiras bien loin de ton bon maître Sergius, de ta bonne maîtresse Aurélia et du vertueux Caton.
t-ne voix.
Le voici*
storax, bondissant.
Hein? j'ai entendu une voix. (Il regarde tout autour de lui.) Je me trompais.., personne! Ma foi, à présent, l'avenir m'appa-