‹ CatilinaChapitre 13 sur 138 · PROLOGUE, TABLEAU I · texte numérisé non relu

PROLOGUE, TABLEAU I

CLINIAS

Alors, je ne demande plus rien.

MARCIA

Pas même d'être libre ?

CLINIAS

Libre de quoi ?

MARCIA

De retourner dans ta patrie.

CLINIAS

Dans ma patrie, où j'ai vu tuer le même jour mon père et ma aère... où les pieds des chevaux romains ont dispersé 1rs oenires de mes ancêtres... où je ne retrouverais plus même les uines de ma maison '.... Non, j'ai deux patries comme tous ceux [ni n'en ont plus; l'une est devenue un désert . l'autre est la naison de Marcius , qui va devenir un désert aussi. Marcius vait été bon pour moi, il me plaignait, il me consolait... Vous jtiez la fille de Marcius, la reine de cette maison... Marcius est nort, vous partoz... De mes deux patries, comme je vous le disais, pas une ne me reste... Faites-moi conduire au marché, aites-moi vendre à un autre maître... il commandera. ôl m'épargnera de penser... et si j'oublie d'obéir, eh bien ! il me tuera, ît m'épargnera de vivre.

MARCIA

Nul ne vous commandera , nul ne vous touchera désormais; *renez ici, Clinias.

Mo voici !

CLINIAS

MARCIA

C LIMAS.

A genoux...

J'obéis.

MARCIA

En vertu du droit qui m'a été rendu de faire mon testament, e vous constitue mon héritier , Clinias , et par conséquent je fous fais libre.

CLINIAS

Moi, votre héritier...

acjA.

Accepte/, faites-moi celte grâce... vous savez que je puis y forcer.

Ordonnez...

MARCIA

Vous donnerez la moitié de l'argent, la moitié des terres, la

moitié des vignes, la moitié des bois à mon oncle Marcius Népos... Vous partagerez le reste entre vous etNiphé... Cette maison est à vous. La métairie de Fésules est à elle. Si elle meurt avant vous et sans faire de testament, vous hériterez d'elle ; si vous mourez avant elle et sans faire de testament, elle héritera de vous. Voici Panneau de mon père en signe que vous êtes mon héritier. (Elle lui donne un petit soufflet sur la joue.) Levez-vous, Clinias, vous êtes libre...

clinias prend Vanneau, le passe à son doigt, se détourne et le baise.

NIPHÉ.

Eh bien !

MARCIA

Me voici.

NIPHÉ.

Pars.

marcia. (Elle va près de la table, Clinias de Vautre coté.)

Tu as raison, rien ne m'arrête plus ici. Je romps ce gâteau avec la douleur de ne pouvoir le partager avec vous, mais Vesta le défend. Associez-vous donc du cœur à mon dernier repas. Je lève cette coupe et je bois a vous. (Elle boit. — On revient des funérailles. — Entrée de quelques parents.) Niphé, voici nos parents et nos amis qui rentrent ; introduis-les dans la salle du festin, et fais-leur mes remerciements. Puis tu reviendras me chercher et tu me conduiras jusqu'au temple.

A pied ?

MARCIA

Non ; le char de la grande prêtresse doit m'attendre à la petite porte avec le licteur.

NIPHÉ.

J'y vais et je reviens... Mais toi... pendant ce temps...

MARCIA

Je reprends mes habits de vestale.

NIPHÉ.

Tu me promets de ne point sortir sans moi?

MARCIA

Je te le promets. (Niphé serre les mains de Marcia, sort, et ferme les rideaux.)

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