SCENE VII
STORAX, CATILINA.
STORAX.
Allons, il paraît décidément que j'ai changé de tète.
Oui, par Janus, tu as deux visages.
STORAX.
Oh ! deux !... Je ne vous en ai pas encore donné le compte.
Avance ici et causons. (Il s'assied.)
STORAX.
Je ne demaude pas mieux , la langue me démange. De quoi allons-nous parler ?
Eh bien! parlons de toi.
De moi ? j'ai peur d'être trop indulgent.
Je tiendrai compte de la partialité. D'abord, comment un homme d'esprit comme toi, car tu as de l'esprit...
STORAX.
Trop.
Eh bien, comment un homme qui a trop d'esprit s'exposet-il à être crucifié pour une tourterelle ?
STORAX.
On ne pare pas un coup de fronde.
C'est vrai.
STORAX.
Tout ce que je pouvais faire, c'était de me sauver une fuis pris.
Oui.
STORAX.
Eh bien, je me suis sauvé , ne m'en demandez pas davantage. Quand, placé dans une situation mauvaise, on tire de la situation tout le parti qu'on peut en tirer, il n'y a Tien à dire.
Voilà de la logique, ou je ne m'y connais pas... donc si tu n'as pas paré le coup de fronde , cela ne veut pas dire que tu n'eusses pas paré autre chose.
STORAX.
J'ai paré Caton.
Explique-moi cela, je ne comprends pas bien... Quelles affaires as-tu pu avoir avec Caton, toi ?
STORAX.
Des affaires politiques.
Allons donc ! la politique ne regarde pas les esclaves,
STORAX.
Les esclaves, c'est vrai, mais...
Car je ne suppose pas que tu sois ciloyen romain.
STORAX.
Eh bien, voilà ce qui vous trompe.
Tu es citoyen ?
STORAX.
Comme vous, comme César, comme Crassus. Seulement je suis moins noble que vous, moins débauché que César, et moins riche que Crassus.
Mais alors, si tu es pitoyen romain, tu n'avais qu'à crier tout à l'heure : Halte-là, maîtresse Orestilla. Je me nomme Storax, je suis citoyen romain... et tu sortais d'embarras tout naturellement.
STORAX.
Brrrrr, comme vous y allez, vous, seigneur Sergius!
Sans doute.
STORAX.
Voilà justement l'affaire... Je me débarrassais d'avec Orestilla, mais je m'embarrassais avec Caton.
f\\ bien, parle? expiique4oj.