ACTE II, TABLEAU III. Go
CATILNA.
Inutile, je m'en défie. Ecoute: te chargerais-tu de me retrouver quelqu'un ?
STORAX.
Où cela ?
Dans Rome.
Donnez-moi son signalement.
Tu l'as vu.
STORAX.
Je i'ai vu, et vous me demandez si je retrouverai quelqu'un que j'ai vu ?
Je te le demande.
Où l'ai-je vu ?
Au Champ de Mars.
Quand cela ?
Il y a deux heures...
Mettez-moi sur la voie.
Le jeune homme à la fronde...
STORAX.
Qui a tué ma tourterelle.
Justement.
STORAX.
Comme cela tombe! Je m'étais promis de le retrouver pour mon compte. Je ferai, comme lui, d'une pierre deux coups.
Storax, ce jeune homme te sera sacré... Ta vie me répondra d'un de ses cheveux! Tu le retrouveras pour moi seul.
STORAX.
Soit.
Combien te faut-il de temps pour le retrouver?
STORAX.
rVélait-ee pas à lui ce petit gueux d'eida\e jaune qui le suivait?
STORAX.
STURAX.
STORAX.
C'était à lui.
STORAX.
En ce cas, il me faut une heure. Laissez-moi sortir, et dans une heure...
Tu es libre.
storax fait trois pas et revient.
Ah ! pardon , seigneur Sergius ; mais il y a une chose qui m'inquiète? (Il va s'appuyer sur le bras du fauteuil.)
Serait-ce par hasard cette lettre de Lentulus. que tuas trouvée sous mon manteau et que tu.as su si habilement déchiffrer?
STORAX.
Non.
Non ! C'est grave, cependant, un secret de cette importance ?
STORAX.
Aussi m' a-t-il préoccupé un instant. En revenant du Champ de Mars, nous avons côtoyé un vivier plein de grosses lamproies, qui dévoreraient dix Storax et quinze Pugio en un quart d'heure. Ces bêtes, en me voyant passer, levaient leurs fins museaux à la surface de l'étang, et me couvaient d'un œil affamé. Vous m'aviez fait prendre le bord de l'eau. Ah ! ah !me suis-je dit, il paraît que c'est ici que mon nouveau maître va enterrer Storax et le secret de Lentulus. Mais, pas du tout, vous avez passé outre... Alors je me suis dit : Il faut qu'il ait bien besoin de moi... sans quoi...
Sans quoi?
STORAX.
Sans quoi vous m'eussiez poussé dans le bassin aux lamproies.
J'y ai bien pensé.
STORAX.
Je l'ai bien vu.
Ce n'est donc plus cela qui t'inquiète?
Vous êtes chargé de ma toilette; bien!... la tête est bonne. Vous vous êtes chargé de mon costume, et je ne me plains pas de l'habit; mais...
Mais quoi?