SCENE VIII
CATILINA, STORAX, ORESTILLA.
Salut, Orestilla! Je vous attendais.
ORESTILLA.
Est-ce parce que je vous avais dit que je ne viendrais pas? [Elle s'assied.)
Justement ; mais je me suis dit : Storax pendu, la colère passera, et Orestilla ne voudra pas me faire cette douleur de priver ie sa présence une fête donnée pour elle. 11 a donc été pendu :e malheureux Storax?
ORESTILLA.
Non; le drôle n'a pas voulu me donner ce plaisir; en passant ?ur le pont, il s'est jeté dans le Tibre.
Où il s'est noyé y
On me l'a dit, du moins: mais comme je tiens à en être sûre, j'ai donné l'ordre aux pêcheurs de chercher son corps. catilina, a Storax.
Va où je t'ai dit.
ORESTILLA.
Qu'est-ce que cet homme ?
Un nouvel esclave dont j'examinais les mérites. [Storax sort.)
SCENS IX.
CATILINA, ORESTILLA.
ORESTILLA.
Bien. Sommes-nous seuls?
A l'exception de Curius et de Fulvie, qui se disputent ou se raccommodent dans les jardins, je ne sais trop lequel.
ORESTILLA.
Verrez-vous longtemps encore une société pareille?
Cela dépendra de vous, Orestilla. Sommes-nous d'accord?
ORESTILLA.
Parfaitement. Je ne vous aime pas, vous ne m'aimez pas, nous nous épousons; n'est-ce point cela?
Il est impossible de mieux établir la situation.
11 y a dans la vie d'un homme, fût-il homme de mérite, fût-il homme de talent, fût-il homme de génie, un de ces moments où tout avenir peut se briser devant un mot... l'argent manque !
Moins le génie, je suis en effet dans un de ces moments-là.
ORESTILLA.
Il en résulte que, faute de quelques milliers de sesterces, une destinée avorte, une fortune croule...
C'est ce qui faillit arriver à César au moment de partir pour l'Espagne... Il rencontra Crassus qui le sauva.
ORESTILLA.
Et c'est ce qui vous arriverait à vous si vous ne m'aviez pas rencontrée... Je serai votre Crassus. Crassus donna la préture à César, je vous donnerai lo consulat. Combien vous faut-il pour assurer votre élection? Calculez largement.