ACTE III, TABLEAU IV
MARCIA
Es-tu content de ce que tu as fait?
CHARINTS.
Je serai content si vous êtes contente, ma mère. Syrus, va chercher dans ma chambre un dessin qui représente des hommes à cheval, et un rouleau de papyrus couvert de lignes inégales. Ce n'est point par paresse , ma mère , que j'envoie Syrus, c'est pour ne pas vous quitter.
MARCIA
Cher enfant !.
Du courage !
comas, bas à Marcia.
CHAKINTS.
Votre cœur bat... votre poitrine se gonfle... qu'avez-vous, ma mère ?
MARCIA
Rien.
syrus, rentrant.
Jeune maître, est-ce là ce que vous demandez ?
CHARINTS.
Oui. Tenez, ma mère, voyez... ceci est la copie d'une frise du Parthenon.
Laisse-moi ce dessin, mon enfant ; je le garde.
CHARINUS.
0 ma mère! vous lui faites beaucoup trop d'honneur.
CL1NIAS.
Qu'as-tu traduit aujourd'hui, Charinus?
CHAR1NLS.
Quelques vers du chef-d'œuvre d'Euripide ; un fragment de Phèdre : l'invocation à Diane.
CLINÉAS.
Voyons.
MARCIA
Attends,, que je t'écoute, mon enfant... Attends surtout que je te voie.
CHARIMS.
Fille de Jupiter, déesse au front changeant,
Qui mires dans les flots ta couronne d'argent,
Et traces à ton char, quand la nuit prend ses voiles,
Une route nacrée au milieu des étoiles,
Toi qui chasses le jour, et que j'entends partui-
80 CATILKVA.
En excitant les chiens, troubler la paix des bois, Qui sondes des forêts l'épaisseur inconnue, Quand ton frère Phœbus, éclatant dans la nue, Te conseille d'aller au milieu des roseaux, Livrer ton corps divin à la fraîcheur des eaux: Diane chasseresse, ô fille de Latone, Rerois d'un cœur ami cette blanche couronne Que je t'offris hier, et que d'une humble main, Avec les mêmes vœux, je t'offrirai demain. J'en ai ravi les fleurs...
CLiiUÀS, bas à Marcia.
Marcia!... (Geste de désespoir de Marcia.)
CHARINUS.
Mais qu'avez-vous donc, ma mère? je ne vous ai jamais vue ainsi.
clintas, retournant le sablier.
Marcia, c'est l'heure.
CHARINUS.
Quelle heure, mon père? celle de me retirer, sans doute?