‹ CatilinaChapitre 41 sur 61 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

(Cet acte se passe dans la nuit.)

CATILINA, seul.

V^UAND le jour que j'attends est si long <^ renaitic, A travers l'ombre encor je ne vois rien paraître; Rome dort assoupie aux mains de ses vainqueurs , Dont je vais sur son sein déchaîner les fureurs. Ah ! ne disputons point à l'erreur de ses songes D'un repos passager tous les brillans mensonges. Laisse, Catilina, laisse Rome jouir De la félicité que tu lui vas ravir î La mort, si tu le veux, trop facile à conduire, Va respecter ces lieux que tu voulais détruire. Oui, Rome, j'y consens, garde encor cette paix, Où tu peux quelque jour voir un de mes bienfaits j Conserve ces palais , le luxe de ces fêtes Où de cent nations l'or couronne nos têtes. Si j'épargne son sang, tu me le dois, Ctsar! Poursuis.... Mais quel regard détaché de ton char Me couvre des affronts qu'il faut que je dévore .? Sous ta félicité faut- il ramper encore, A'oir encor ces Romains, ces consuls, ce sénat, Cicéron m'envier l'honneur du consulat ,

M'endorniir dans la honte où ma valeur sommeille, Et reprendre les fers dont mon cœur se réveille ? Non, par un coup d'éclat il en vaut mieux sortir, Et secouer un joug qu'on sent s'appesantir. Tullie, envers nous tous toujours en défiance, A mieux qu'un autre encor mérité ma vengeance. Que du plus noir complot la ténébreuse horreur!... Elle vient. Voici donc l'instant où ma fureur De ses mépris passés va punir la cruelle ! Ce n'est plus le moment de trembler devant elle , D'écouter de l'amour l'indulgence ou les pleurs! Et sa victime enfin va juger ses rigueurs.

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