‹ CatilinaChapitre 48 sur 61 · AUTRE CONJURÉ · texte numérisé non relu

AUTRE CONJURÉ

Et moi, de Rome entière.

Vois si nous sommes prêts à servir tes fureurs.

11 ne vous reste plus qu'à raflermir vos cœurs Par un dernier eflbrt de votre fier courage. De cette coupe , amis , vous connaissez l'usage ?

Des mains que je te tends et pourquoi l'écarter? C'en est trop! de moi-même oserais-tu douter?

Ne le demande pas !

CÉTHÉGUS

Catilina, parjure!

Oublîrais-tu l'ami qu'offense cette injure?

Oui, j'ai craint pour ton cœur ce dangereux présent, Insupportable, horrible à ton ressentiment 5

Que maudirait cent fois ta pilié trop certaine, Et qui, SI je t'en crois, va m'attirer ta haine. Va, fuis , ne perce point le mystère odieux Du voile redoutable épaissi sur tes yeux; Ou , sans pitié des maux dont ton cœur se sépare, Inhumain , inflexible, et plus que nous barbare, Force donc , j'y consens , nos cœurs à t'admirer-, Toi-même à nos fureurs ose te mesurer.

Tu connais les erreurs et les torts de Tullie, L'ingrate , la parjure à qui l'hymen te lie? Par son juste trépas ma main nous a vengés. De ses restes sanglans, entre nous partagés, Ce vase a recueilli le breuvage homicide ^ C'est son sang que tu vois.

CÉTHÉGUS

Monstre! assassin perfide!

J'ai pu m'associer à tes assassinats ! •

Adieu, Catilina.

Qu'on retienne ses pas ; Et qu'on livre à la mort qu'un cruel nous destine. Ce traître...

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