‹ CatilinaChapitre 49 sur 61 · LICTEURS · texte numérisé non relu

LICTEURS

CICÉRON

Traîtres ! je vous retrouve à cette heure assemblés ! Malgré mes soins pour vous vainement redoublés , Rome voit dans vos mains le glaive qui l'opprime !

CATILINA. rendant la coupe à Tesclave qui remporte.

Eh bien! que voyez-vous? Nous dircz-vousquel crime Ont commis en ces lieux ces perfides Romains?

CICÉRON

Ils alarment l'état, qui connaît leurs desseins 5 Et ces préparatifs, dont l'aspect nous offense. N'ont que trop excusé sa juste défiance. Pourquoi cet appareil qu'ici nous détestons.^

Et vous-même , pourquoi ces injustes soupçons ? Ces doutes toujours prêts dans la paix , dans la guerre, A nous rendre garans du repos de la terre? Quand vous semez partout le trouble et la terreur , Que des maux de l'état votre oisive fureur Se plaît dans nos périls à vanter l'importance , Le stérile sujet d'une vaine éloquence , Accusez donc , ingrat ! ces Romains belliqueux, Touchés de vos malheurs plus qu'alarmés pour eux.

64 GATILINA.

Après tant de soupçons , vous deviez-vous attendre A les voir de pitié s'armer pour vous défendre ? C'est vous dans vos besoins qu'ils venaient secourir j Ils défendaient l'état que vous laissez périr.

CICÉRON

Vous , défendre ici Rome , à votre nom troublée Des fléaux renaissans dont elle est désolée! Rome que livrerait mon aveugle pitié Au caprice nouveau de votre inimitié !

Ah ! loin que sa douleur , par vos soins adoucie , Attende jamais rien de votre âme endurcie, Abandonnez , cruel , ce fardeau trop ingrat Des soins officieux du bonheur de l'état. Heureux s'il se dérobe, cncor qu'en sa détresse, A la fausse pitié de la main qui l'oppresse ! On sait trop de quels soins vous êtes occupé , L'unique empressement dont vous êtes frappé , Les meurtres, les complots, votre suite éternelle, Et les assassinats que cette nuit recèle ! Céthégus, en quels lieux vous faut-il découvrir, Et de quel crime ici me faites-vous frémir ? Fidèle aux nœuds sacrés du devoir qui l'attache , Votre épouse a trahi des secrets qu'on nous cache ; Et de ses ravisseurs son époux entouré A permis sous ses yeux qu'on s'en soit emparé ! Qu'en a-t-on fait enfin? éles-vous leur complice? Et ne puis-je abréger l'horreur de son supplice ?

Tullic ! infortunée ! et trop coupable époux!

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