TOUS
lentulus, à part.
Dites, qu'attendez-vous de moi ?
Eh, bien ! non.
Je le sah,
Je vous conduirai, voulez-vous me suivre?
tous, sauf Lcntuhis.
Oui, Catilina, nous te suivrons.
STATILIUS
Nous avons été trompés.
GABINIUS
On t'a calomnié.
CAPARIUS
Oh nous a conté que tu voulais partir Et renoncer à l'aflaire.
Tel était mon dessein, mais plus aujourd'hui, Je ne respire que pour cette œuvre.
LENTULUS
Mais quel est en somme ton objectif?
Mon but est plus élevé que le tien, Peut-Ctre personne ne se l'imagine.
Ecoutez-moi, mes amis,
D'abord, je veux gagner à notre cause
Tout citoyen animé de l'amour de la liberté,
Tout citoyen qui place au-dessus de tout
La gloire du peuple et le bonheur de la patrie.
L'ancien esprit romain vit encore,
Sa dernière étincelle n'est pas tout à fait morte,
Et, en attisant son feu elle lancera bientôt des flammes
Plus vives que jamais.
Hélas ! depuis trop longtemps les noires ténèbres de l'esclavage
Enveloppent Rome.
Contemplez le pays ; quoiqu'il semble encore
Fier et puissant, il est sur le penchant de la ruine ;
II faut qu'une main ferme Saisisse les rênes du gouvernement,
Il faut tout abattre et tout reconstruire,
Et, pour commencer, il importe, en la secouant,
De réveiller ce peuple paresseusement endormi.
Pour anéantir la puissance des misérables
Qui empoisonnent les âmes et étouffent
Les derniers germes de la vie.
Voyez-vous, c'est la liberté des citoyens que je veux,
Et l'esprit de solidarité
Qui autrefois régnait ici,
Je veux faire revivre l'âge heureux
CATIUNA 119
Où avec joie chaque Romain Donnait sa vie pour la gloire de Rome Et sacrifiait son patrimoine Pour le bonheur du peuple.
LENTULUS
Tu divagues, Catilina, ce n'est pas ainsi Que nous l'avons entendu.
GABINIUS
A quoi cela sert-il
De revenir au bon vieux temps,
Avec sa naïveté enfantine ?
plusieurs voix
Non.
Nous voulons le pouvoir.