SCÈNE I
Debout sur le monticule, au milieu des arbres, s'appuie contre l'un d'eux.
Il le faut ! Il le faut! J'entends au fond de mon être une voix qui
[l'ordonne, j'obéirai !
N'ai-je plus d'énergie, plus de volonté pour atteindre ce grand et
[noble but et sortir de ma misérable existence?
Oh ! honteux et vulgaires plaisirs ! Certes, vous ne me suffisez pas ! Mais je suis fou ! Non, non, c'est le repos qui me convient, tout espoir est mort. Ma vie désormais sans issue.
(Une pause.)
Rêves de jeunesse, qu'êtes-vous devenus ?
Disparus comme les nuages rapides de l'été, ne laissant que cha- [grins et désillusions, m'enlevant toute espérance virile.
(Il se frappe le front )
Honte sur toi 1 Honte sur toi, Catilina !
De généreux instincts sont en ton âme et pourtant tu ne désires [que la satisfaction de tes plus bas désirs
(Plus calme.)
Cependant parfois comme aujourd'hui
De secrètes aspirations gonflent ma poitrine,
Et quand je contemple là-bas la cité orgueilleuse,
L'opulente Rome, la décadence dans laquelle
Depuis longtemps elle est tombée,
Frappe mes yeux avec la clarté du soleil
Et une voix intérieure me crie :
Réveille-toi, Catilina ! Réveille-toi ! sois un homme.
(S'interrompant )
Hélas ! rêves insensés!
Visions, cauchemars enfantés par le sommeil et la solitude Qui au moindre contact avec la réalité
Vous évanouissez dans les profondeurs de mon âme silen-
[cieuse ?