V. Cousin : Du Vrai, du Beau et du Bien
Villemain: Pindare.
Mistral : le poëme de Mireio. .
Jasmin : Us Papillotes.
Béranger: quelques Chansons. *
Lamartine: les Premières Méditations; les Harmonieb poétiques.
A. de Musset : les Nuits, Souvenir, Lettre à Lamartine.
M. Victor Hugo : les Chants du crépuscule, les Feuilles d^automne, Notre-Dame de Paris.
Michelet : Jeanne d *Arc, V Oiseau, V Histoire de France.
Tôpffer : les Nouvelles genevoises. Menus Propos.
Balzac: Eugénie Grandet.
G. Sand : Histoire de ma vie, La Mare au diàtle, La petite Fadette, François le Champi, Jeanne, Cons^telo, La Ville noire, Tamaris, Vhomme de neige. Les Maîtres sonneurs.
Je n'entre pas dans les détails. Je pourrais pendant des heures vous parler de chacun de ces livres. Ils ont été à l'occasion et tour à tour l'objet de nos conversations pendant Tannée. H j en a d'autres : ceux-ci vous y conduiront.
Vous ne nous donnez pas Rabelais, monsieur? — Jo n'ose pas, malgré mon admiration pour son génie.
M. p]merson nomme les Mémoires du cardinal de Betz. — Oui, mademoiselle, ils sont grands, mais je doute qu'ils soient faits pour vous. . • Ne me mettez pas en guerre avec M. Emerson, je vous en prie, et ne perdez pas de vue
qu*îl parle au public tout entier, tandis que je m'adresse à vous seulement, mesdames. C'est pour cela que je ne vous nomme pas Les Confessions de J. J. Rousseau, malgré la très-grande valeur de ce livre. Je voudrais ne l'avoir jamais lu : il m'a rendu incapable d'apprécier tout le mërito de son auteur.
En fait de Mémoires, lisez avant tout les plus grands qui existent en aucune littérature, ceux du duc de Saint- Simon, et puis après, ceux de Mme de Motteville. Ces derniers vous intéresseront autant que le plus beau des romans.
Vous nous recommandez peu de livres de cette littérature des romans. — Oui, il est rare qu'on n'en lise pas trop. Je vous recommande presque uniquement G. Sand, parce que cette femme est le grand artiste de notre siècle, que ses livres sont des chefs-d'œuvre de style qui seront immortels : elle a sa place à côté des grands maîtres. Où est le roman moderne qu'on puisse lire après une œuvre de G. Sand, sans le trouver commun, vulgaire, et privé de la haute beauté de l'art ? Cependant je puis vous nommer après notre Raphaël, MM. Octave Feuillet et Cherbuliez ; je vous signale de ce dernier Paule Méréy Le grand œuvre^ L'aventure de Ladislas BolsH,
Lisez aussi Germaine^ par M. E. About, et si vous voulez rire et vous reposer, Les trois Mousquetaires^ par A. Dumas et Vingt ans après. Ne manquez pas de lire Picciola de X. Saintine. Vous ne ferez pas mal de prendre connaissance de René, AtcUa, Le dernier Abence^ rage. Ces romans de F. de Chateaubriand sont trop célèbres pour qu'il soit permis de les ignorer. La poésie de la nature et du cœur humain y est du reste magnifique, et nous sommes si prosaïques pour la plupart, qu'il est
toujours salutaire pour nous de nous rëchauffer dans la poésie.
Mettez sur yotre liste Oinq-Mars, par A. de Vigny. Vous pouvez lire de MM. Erckman-Chatrian, Le Fou Tégofy Madame ITiérèse, Histoire d*un conscrit, Waterloo, et le reste de leurs romans, s'ils tous plaisent. M. Emerson a raison de dire : " Never read hit what you likej^ Les livres ne nous apportent aucun profit sans cela.
Ajoutez à votre liste La Maison de Penarvan, Mlle de La Seifflière, Un Héritage, Sacs et parchemins, par M. J. Sandeau. Vous savez que ses romans l'ont porté a l'Académie française. — Vous pouvez lire tous les romans qui portent la signature de P. Mérimée, un autre académicien, qui fut un grand artiste littéraire, le premier après G. Sand.
Si vous voulez plus de livres de cette classe, allez à la bibliothèque publique de cette ville, et consultez le volumetable de la Revue des deux Mondes, travail précieux qui va paraître. L'article Romans vous donnera la liste de ceux qui ont été reçus dans cette grande publication. Vous pouvez l'ajouter à la mienne. — Je saisis cette occasion pour vous recommander la Revue des deux Mondes, Elle établit une sorte de lien entre les hommes qui appartiennent à la société d'élite dans tous les pays du monde. Si vous la lisez régulièrement, vous perdrez le goût de tous ces livres futiles et sans élévation qui sont la honte et le fléau de notre temps. J'ai entendu Sainte-Beuve nous dire : ^' Une fois qu'un homme a été abonné à la Revue des deux Mondes, il n'y renonce jamais. Cette nourriture intellectuelle lui est devenue nécessaire."
Enfin, si une personne intelligente, qui aime avant tout les anciens et les grands livres, signale un roman à votre attention, lisez-le avec confiance.
En fait de drame moderne, vous pouvez prendre les Comédies et Proverbes de A. de Musset, les Scènes et PrO' verbes de M. O. FeuUlet, et quelques Comédies de Scribe.
Mais, je vous en conjure, ne vous abandonnez pas à la littérature du temps, aux romans surtout, ni dans votre langue ni dans la nôtre. Lisez avant tout et beaucoup les cinquante grands mûtres que vous avez sur votre liste. Ils élèveront votre esprit, et vous maintiendront dans le bon chemin de la pensée et des livres.
Parmi eux il y aurait encore à choisir. Il y en a que vous devez avoir toujours sur votre table et que vous ne lirez jamais assez. — Lesquels ? — Homère, Platon, Eschyle, Shakspeare, Milton, Bacon, Cervantes, Dante, Pascal, Corneille, Montaigne, Molière, Groethe, La Fontaine. Je les crois les plus grands des inspirateurs d'idées, avec Rabelais qu'il n'est pas possible à tous de pénétrer.
Ne pouvez-vous pas réduire encore cette liste, monsieur ? — J'examine et je trouve que je n'oserais en effacer aucun nom. Si jamais vous entendez nier le droit d'occuper place dans le groupe d'élite à l'un d'entre eux, soyez sûre, madame, que le téméraire critique est un profane qui n'a pas compris le maître. — Ne peut-on placer aucun autre dans le groupe? — Je crois que si, mais la liste sera toujours très-petite.
J'ai omis de hautes œuvres, mesdames, mais celles-ci vous les feront trouver. Quand vous serez entrées dans ce monde des grands livres, vous ne vous tromperez pas, vous ne mettrez plus la main sur ce que M. Emerson nomme the crowd of mediocrities. Hélas ! votre main y a été mise plus d'une fois, car on les trouve facilement, " Bad ânes are easili/found" Lisez donc les livres que je vous laisse au moment de me séparer de vous, et vous sortirez de leur
lecture plus riches d'âme et d'esprit, et par votre culture vous aurez pris place dans ce monde de l'intelligence, qui doit guider la société. — Je vous dis au revoir, mesdames et messieurs, le cœur serré de sentir que nos entretiens sont arrivés à leur terme, et que je ne vous reverrai pas demain.
L Les Doigts. — On les nomme. — On les compte. — Nombre cardinal et nombre ordinal. — Prépositions. — Les genres.—* Comparatif et superlatif. — George est fort. — Les ëlères parlent.
II. Les Mains. — Mes élèves confondent elle et i7. — Comparatif d'égalité. — Une addition. — Pourquoi la main droite est plus forte que la main gauche. — Pourquoi la main de mademoiselle est moins forte que celle de monsieur. — Greorge admire la main de la petite fille.
m. Les Bras. — Chair, peau, os. — Avant-bras, arrière-bras, humérus. — Les mouvements du livre. — Prépositions. — Madame est heureuse de ne pas être sous le tapis. — Mes élèves ne comprennent pas Pascal. — Pourquoi. — Baisser et baiser la main. — Pourquoi on baisse la main. — Pourquoi on la baise. — Monsieur présente le bras à madame. — Mademoiselle coud. — Tous ceux qui ne travaillent pas sont-ils à blâmer ? — Des contraires.
IV. Les Epaules. — Prononciation de poignet, — M. Littré.— N'ouvrez pas son dictionnaire. — Ecouter et parler. — Traduction de Fil fabricando faber. — George met sa main droite sur son épaule gauche. — Il ne peut pas porter cent kilogrammes. — Pourquoi. — Une négation absolue. — George ne porte pas son livre sur son épaule. — Pourquoi il lève et baisse ses épaules. — Calcul, fractions. — Madame n'aime pas le calcul.
V. Les Cheveux. — OU ils sont. — Un cheval, un âne, et un chameau. — Les poils des animaux. — George n'a pas de barbe. — Pourquoi. — La crinière du cheval. — Un conseil à monsieur
aa sujet de son cheral.— Le lion dans la seryitude. — Mademoiselle en a pitié. — Le nombre des cheveux. — Qeorge sait compter jusqu'à 29 : peut-il compter les cheTeuz du prince Bismark?^ Quatre-vingts et octante. — L'Académie.*— Foa; populi vox Dei. -*Lee cheveux de la petite fille. — Les dames en cheveux. — George ne sait pas ce que les dames portent sur la tête — tljnsteor est-il en cheveux?— Quand il est à tête nue, et quand il est découvert. -* Le mot^ain. — Mens aana in eorpore muio. — Mettez l'anglais à la porte. — Les charmes du français. — Le mot chaud. — Je me perds dans ma chaîne. — Charyhdê et Scylla, — Le thermomètre me sauve. — La chevelure. — Prononciation. -~ Espèces de cheveux. — Comment les dames les portent. — Têtes blanches. — Achille et Priam. — Peigne, brosse, coififeur, barbier, et rasoir.
Une explication sur la méthode.
VL La Sallb de Clabbb. — Assis ou debout — Madame a le fauteuil. — Le Speaker de la Charûbre. — Parle-t-il beaucoup ? •—Ecouteur ou Président? — Ce qu'il y a sur ma table.— George ne veut pas prendre la table. — Pourquoi. — Il prend le crayon. — Ce qu'il en fait. — Les espèces de crayons. — Surpris en distraction. — Encrier, grattoir, gomme, craie, etc. — Pourquoi le chandelier a un pied. — Chandelle, bougie, mèche, et mouchettes. — Eloge de la bougie. — Les jolis doigts de la petite fille et les mouchettes.
VIL Les Repas. — La conversation à table en France. — A quelle heure mes élèves se lèvent et déjeunent. — George confond six et neuf. — Il est matinal. — Salie à dîner et réfectoire. — Vasaar Ccltege. — Les Américaines. — Plus on les voit, plus on les aime. — La germandrée est leur emblème. —X genoux au jardin. — Le pinson et Talouette chantent. — Ascension avec l'alouette. — Pourquoi je refuse l'alouette à mes élèves. Le passé et l'Europe. — Quand madame déjeune dans sa chambre. — Une étrange jouissance de madame. — George dit que sa chaise le porte. — Se bien porter, s'asseoir, et garder le lit. — Mademoiselle manque de respect pour les médecins. — Elle confond médecin et médecine. — George ne sait pas ce qn'il mange. — Un anglais mange comme quatre. -^ Un ogre. —Les poisons américains. — Le vin de France.
VIII. AujoiTBD'Hiri, HiBR, BT Dbxaih. — Les temps. — Diea. -^ Profitez du présent I — Oh hier est allé. — La petite fille, sa mère, et son grand-père. — Elle est triste: je la console.— L'immortalité. — Le mot Jin, — Deviner. -— Ma classe me comprend, quoique je parle au taiur pour la première fois. — Utilité de l'histoire. — Connaissance de l'avenir mauvaise pour nous. — L'homme propoêe et Dieu ditpate. — Quel temps fait-il, et quel temps fera-t-il ? — Demain, Dieu, et le prophète de Washington.— Madame n'est pas invisible. — Le vocabulaire dans la tête de la petite fille. — Ce que Dieu sait. — Socrate et nous.
IX. Lb Cobbbau bt lb Bbnabd.*— Flatteurs et dupes. — Voler sans ailes. — Madame n'aime pas l'odeur du fromage. — Le corbeau est-il gentilhomme ? — La flatterie, le corbeau, et nous. Connaissance du cœur du corbeau. — Pourquoi le renard dit : sans mentir. — Les dupes. — La vanité du corbeau et la nôtre.
— Une maxime de la Rochefoucauld.