‹ Causeries avec mes élèves (volume 5)Chapitre 8 sur 54 · LA SALLE DE CLASSE · texte numérisé non relu

LA SALLE DE CLASSE

Pour varier notre conversation et augmenter le chiffre de vos mots, parlons aujourd'hui des objets qui sont ici autour de nous. Un autre jour, nous reprendrons les parties du corps.

Où sommes-nous ? sommes-nous à l'extérieur ou à l'intérieur ? — A l'intérieur. — Oui : nous sommes dans une chambre. — Comment appelle-t-on cette chambre ? — Une salle de classe. — Me voyez-vous ? — Oui. — Je suis debout. Etes-vous debout ou assis, mon ami ? — Je ne suis pas debout. — Non : vous êtes assis et madame est assise. Etes-vous assise sur la table, madame ? — Non, certes : je suis assise dans le fauteuil. J'ai le fauteuil aujourd'hui. — Aimez-vous le fauteuil ? — J'aime autant une chaise.

— Qui occupe le fauteuil à la chambre des représentants ? — C'est le Speaker, — Gomment appelez-vous ce monsieur?

— Je me trompe, monsieur; je veux dire le parleur. — Le parleur 1 parle-t-il plus que les autres représentants? — Non : il parle moins. — Quelle idée de l'appeler parleur ! c'est le grand écouteur au contraire. On l'appelle en français président — C'est très-bien, monsieur ; car il préside.

Que faites-vous, mon ami ? — Rien. — Vous avez tort ; car il faut écouter et parler ici. Voyez-vous la table ? — Oui. — Où est-elle ? — Dans la chambre. — N'y a-t-il rien sur la table ? — Si : il y a beaucoup de choses. — Oui : voilà un livre, voilà un chandelier, une plume, un crayon, un presse-papier, un coupe-papier, un canif. — Où est le livre ? — Il est sur la table. — Et la plume ? — La plume aussi. — Venez ici. Bien. Prenez la table. — Je ne peux pas. Elle est trop pesante. — Prenez le crayon. Retournez à votre place. Où est le crayon ? — Il est dans ma main. — Jetez-le à terre. Que faites-vous? Ramassez le crayon. Passez-le à votre voisine de droite.

Qui est votre voisine de droite ? Madame, que fait-on avec un crayon? — On écrit. — Oui: il y a plusieurs espèces de crayons. — Que signifie plusieurs, monsieur ? — C'est la pluralité. Un n'est pas plusieurs. — Quels crayons y a-t-il ? — H y a le crayon ordinaire, le crayon d'ardoise, et le crayon de dessin. Je vous les montre. Regardez.

Quel est le plus dur des trois ? — Cest le crayon d'ardoise. — Ecrit-on avec ce crayon-ci sur une ardoise ? — Non : on écrit sur le papier. Que fait-on avec ce crayonlà? — Je ne sais pas le dire en français. — On dessine. — Et avec le troisième ? — Vous êtes distrait, monsieur :

vous montrez la plume. — Pardon. Que fait-on avec la plume ? — On écrit. — Peut-on écrire avec la plume sans encre ? Voilà l'encre dans l'encrier. — Non ; l'encre est nécessaire pour écrire. — Voyez-vous ces objets ? — Oui ; qu'est-ce que c'est ? — Celui-ci est un grattoir, celui-là est un morceau de gomme. Pouvez-vous effacer l'écriture à la plume avec la gomme? — Non; il faut le grattoir. — Voilà un petit bâton de craie. Avec la craie on écrit sur la planche noire. On efface cette écriture avec l'éponge. Mon ami, n'effacez jamais avec vos doigts: ce n'est pas propre.

Regardez le chandelier,là sur la tablette de la cheminée. Est-il assis, couché, ou debout ? — H est debout. — Oui ; il repose sur un pied unique. — Pourquoi a-t-il besoin d'un pied ? — Pour se tenir debout. Voilà une chandelle. Où est-elle ? — Elle est sur le chandelier. — Non, mademoiselle : elle est dans le chandelier. — Qu'est-ce qu'une bougie, monsieur? — C'est une chandelle de cire. Elle est préférable à la chandelle. — Pourquoi? — Pour plusieurs raisons : elle ne fume pas ; sa lumière est plus claire ; sa flamme ne vacille pas ; elle a une odeur agréable. Voyezvous cette extrémité de la chandelle ? — Oui. — C'est une mèche. On mouche la chandelle avec les mouchettes. N'employez pas vos jolis doigts pour cet usage, petite fille. — Pourquoi ? — Parce qu'on se brûle à la chandelle, n'est-ce pas, madame ? — Oui, et on se salit les doigts.

vn.

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