LA SALLE DE CLASSE
Pour varier notre conversation parlons aujourd'hui des objets qui sont ici autour de nous.
Où sommes-nous ? sommes-nous à l'extérieur ou à l'intérieur? — A l'intérieur. — Oui : nous sommes dans une chambre.
Comment appelle-t-on cette chambre ? — Une salle de classe. — Me voyez-vous ? — Oui. — Je suis debout. Etes-vous debout ou assis, mon ami? — Je ne suis pas debout. — Non : vous êtes assis et madame est assise. Etes-vous assise sur la table, madame ? — Non, certes : je suis assise dans le fauteuil. J'ai le fauteuil aujourd'hui. — Aimez- vous le fauteuil? — J'aime autant une chaise.
— Qui occupe le fauteuil à la chambre des représentants ? — C'est le Speaker. — Comment appelez-vous ce monsieur ?
— Je me trompe, monsieur ; je veux dire le parleur — Le parleur! parle-t-il plus que les autres représentants? — Non : il parle moins. — Quelle idée de l'appeler parleur ! c'est le grand écouteur au contraire. On l'appelle en français président. — C'est très-bien, monsieur ; car il préside.
Que faites-vous, mon ami ? — Rien. — Vous avez tort ; car il faut écouter et parler ici. Voyez-vous la taole ? —
Oui. — Où est-elle ? — Dans la chambre. — N'v a-t-il rien
sur la table ? — Si : il y a beaucoup de choses. — Oui voilà un livre, voilà un chandelier, une plume, un crayon, un presse-papier, un coupe-papier, un canif. — Où est le livre ? — Il est sur la table. — Et la plume ? — La plume aussi. — Venez ici. Bien. Prenez la table. — Je ne peux pas. Elle est trop pesante. — Prenez le crayon. Retournez à votre place. Où est le crayon ? — Il est dans ma main. — Jetez -le à terre. Que faites -vous ? Ramassez le crayon. Passez-le à votre voisine de droite.
Qui est votre voisine de droite ? Madame, que fait-on «vec un crayon? — On écrit. — Oui: il y a plusieurs espèces de crayons. — Que signifie plusieurs, monsieur ? — C'est la pluralité. Un n'est pas plusieurs. — Quels crayons y a-t-il? — Il y a le crayon ordinaire, le crayon d'ardoise, et le crayon de dessin. Je vous les montre. Regardez.
Quel est le plus dur des trois ? — C'est le crayon d'ardoise. — Ecrit-on avec ce crayon-ci sur une ardoise ? — Non : on écrit sur le papier. Que fait-on avec ce crayonlà ? — Je ne sais pas le dire en français. — On dessine. — Et avec le troisième ? — Vous êtes distrait, monsieur
tous montrez la plume. — Pardon. Que fait-on avec la plume ? — On écrit. — Peut-on écrire avec la plume sans encre ? Voilà l'encre dans l'encrier. — Non ; l'encre est nécessaire pour écrire. — Voyez-vous ces objets ? — Oui qu'est-ce que c'est ? — Celui-ci est un grattoir, celui-là est un morceau de gomme. Pouvez-vous effacer l'écriture à la plume avec la gomme ? — Non ; il faut le grattoir. — Voilà un petit bâton de craie. Avec la craie on écrit sur la planche noire. On efface cette écriture avec l'éponge. Mon ami, n'effacez jamais avec vos doigts : ce n'est pas propre.
Regardez le chandelier,là sur la tablette de la cheminée Est-il assis, couché, ou debout ? — Il est debout. — Oui, il repose sur un pied unique. — Pourquoi a-t-il besoin d'un pied ? — Pour se tenir debout. Voilà une chandelle. Où est-elle ? — Elle est sur le chandelier. — Non, mademoiselle : elle est dans le chandelier. — Qu'est-ce qu'une bougie, monsieur ? — C'est une chandelle de cire. Elle est préférable à la chandelle. — Pourquoi ? — Pour plusieurs raisons : elle ne fume pas ; sa lumière est plus claire ; sa flamme ne vacille pas ; elle a une odeur agréable. Voyezvous cette extrémité de la chandelle ? — Oui. — C'est une mèche. On mouche la chandelle avec les mouchettes. N'employez pas vos jolis doigts pour cet usage, petite fille. — Pourquoi ? — Parce qu'on se brûle à la chandelle n'est-ce pas, madame ? — Oui, et on se salit les doigts.