‹ Causeries d'un curieux (volume 2)Chapitre 10 sur 97 · PORTRAIT PHYSIQUE DE MONTAIGNE · texte numérisé non relu

PORTRAIT PHYSIQUE DE MONTAIGNE

allé aussi loin que Fauteur des Essais au-devant de la légitime curiosité des lecteurs (1).

(1) Dans un article de la Revue des Deux-Mondes (15 novembre 1849), et dans mon premier volume, j’ai déjà donné quelques rapides informations sur le portrait de Montaigne. Voici une lettre qu’a bien voulu m’écrire à ce sujet M. le docteur Payen, et qui complétera les données sur cette précieuse effigie, dont on a tant de types divers et contradictoires :

«Des bains de Saint-Gervais, vendredi 18 août 1854.

Portraits de Montaigne .

« J’ai rapporté à six types différents les deux cent cinquante portraits environ que j’ai pu, jusqu’à ce jour, réunir de Montaigne. Sur les six originaux qui ont engendré ces nombreuses copies, je n’en connais que trois, en comptant celui de Versailles, qui, sous certains aspects, est contestable.

» Sans aucun doute, le portrait reproduit par la gravure du Voyage in-quarto, portrait signé Saint- Aubin et reproduit de nos jours par Henriquel-Dupont, doit être regardé comme le portrait vrai de Montaigne ; je sais son histoire, sa généalogie, et j’ai une copie très-exacte à l’huile du portrait, fort probablement original, que j’ai eu à ma disposition. C’est ce portrait qu’avait antérieurement gravé Voyer pour l’histoire de Rordeaux par dom de Vienne. Cette copie, moins flatteuse que celle de Saint-Aubin, est pourtant, comme cachet de physionomie, plus près du modèle.

» Il existe un portrait de Montaigne tête nue , gravé par Thomas de Leu C’est celui qui a donné lieu à une si singulière tricherie. Il a été copié trait pour trait, taille pour taille, mais de telle sorte que la gravure définitive est à l’inverse de celle de Thomas de Leu, n’ayant pas été çopiée au miroir. Cette copie est signée Léonard Gautbier, et au bas, à gauche, Meysens , etc. Je connais des exemplaires avant la lettre, pour l’inscription du nom du personnage (à l’endroit où, sur le portrait de De Leu, sont quatre vers que j’attribue à Malherbe). Impossible, sur ces épreuves dénuées de tout point de repère, de savoir à qui attribuer le portrait. Mais il y en a d’autres qui portent les mêmes noms d’artistes; et, de plus, en haut et à droite, des armoiries fort historiées, accostées de deux tenants. Au bas, on lit l’inscription suivante (que je transcris de mémoire) : OLIVIER DE LA VN A Y, Sr DE GVERNGELIN , chevalier de l’ordre de Saint-Michel, conseiller , surintendant et contrerolleur général de l’hostel Madame Eleonor d’Austriche, Royne de France. (La copie exacte est à la fin

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