M. DE MATIGNON
le debuoir de très humble seruiteur. Lon tient que vers la fin de feb. le Roy cath. sera a Saragoce, et que, au mesme temps, monsieur le duc de Sauoye y arrivera ou bien tost aprez. Cependant toutes choses sont icy en tranquiiite et repos. Dieu nous y conserue par de la, ce que par la prudence du Roy et de ceux quj ont les principalies charges nous debuons esperer, côe de deçà lon sattend au contrayre.
» Lon ma voulu fere acroyre que Monsieur le duc de Montmorancy auoit enuoyé par deçà vn gentilbôe italien qui a charge en sa compaignie de gendarmes nommé le Sr Ferrand, marié en Languedoc a vne madlle de Pagan ou Pajen, et qu’il venoit demander de largent, mays je ne lay sceu descouurir, quelque diligence que jave faicte. Je vous supplie, Monseigneur, si vous auez auprès de vous quelqu’un quj cognoisse ceux que moud. Sr de Montmorancy a auprez de luy, fê scauoir si ces noms la sont cogneus en Languedoc, car il importe au seruice du Roy que jesclarcisse la vérité de cest auis , craignant que l’on couure quelque aultre négociation soubs le nom de mond. Sr de Montmorancy / car il est certain qu’il y a icy quclquun quj prétend recouurer de largent quj a esté promis en France j. Lon ma dict que le commandeur Moreau avoit esté aresté par de la, ce que je ne croy pas non plus, encor quil y ait plus de deux moys qu’il est hors dicy. Lon craint fort par deçà que le Roy de Nauarre ne sen aille trouuer le Roy, faisant quelque discours que si les volontez estoient bien vnies en France que lon pourroit bien escoutter auec d’aultres oreilles les deputtez des Estats des Pays Bas. Aussi que lestablissement des vns vient de la diuision des aultres. Je desire estre tenu de voz très humbles serui-