‹ Causeries d'un curieux (volume 2)Chapitre 52 sur 97 · SEPTIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

SEPTIÈME LETTRE

Au maréchal de Matignon (1).

«Monseignur, ie uiens d’arriuer du Fleix. La Marseliere (2) s’y est trouué , et d’autres de ce conseil. Ils disent que depuis l’accidant de Ferran, et pour cet effaict, Frontenac (3) est venu à Nerac, auquel la Reine de Nauarre dict que si ell’ eut estimé le Roy son mari si curieus, qu’elle eut faict passer par ses meins toutes les despesches, et que ce qui s’est trouué dans la lettre qu’elle escrit à la Reine sa mere, qu’elle parle de s’en retourner en France, que c’est corne en demâdant auis et en délibérât, mais non pas corne y estant résolue, et qu’elle le met en doubte pour le peu de conte qu’on faict d’elle, si apparamat que chacun le uoit et conoit assés. Et Frontenac dict que ce que le Roy de Nauarre en a faict n’a esté que pour la deffiance qu’on lui auoit doné que Ferran portoit des me-

(1) Cartulaire de Monaco.

(2) Pour La Mai’sillière , voir page 281, au commentaire sur la lettre Y.

(3) Il a déjà été question, page 83, de Frontenac, l’un des serviteurs les plus affectionnés du Roi de Navarre, et de sa familiarité la plus intime, jusqu’à partager son lit. C’était un usage que les vieilles mœurs cordiales et primitives firent subsister jusqu’à Louis XIII. Commynes partageait souvent le lit de Louis XI. Les lits d’alors étaient vastes a recevoir les quatre fils Aymon.

Michel de Montaigne au maréchal de Matignon.

4/Srtj /ssc/J>/sua/ ^

Jà4c/ 0/? ttftUT. SL /fas^c

/A? viA s{f 7f sr u ary-s s/rc^~ ^,/ts/s

c/fktScS&^-c éo*rS^*< :X”‘*" '/* c t ftâÆ e *'' /^' ^ ^C'ïis

/& AfreMv A ^ ocf#, ■

/èr7 A-^h séAv ^ ‘?'" r/&

f/yr/S **/**

f fa ,HzA’Mr7i&>' e*t^faA*?cr(* ÿ^-ecfa^ £S7n<! ?a s/r^^éA*^ S~/*t ‘AAzi^PT7-

972sfpf sw?’ Z7^ ze

éA-fSAA '<■

otfti Sc ce*A ftis-n f^'S-s/e'/v /' '

af/y^Af^SÏ- af*t fr#*S J- sswZ

Até^fçe^e

6 /ty A. #*«*?*? Sf ??* ss> -e

V / ^/fa,ex ///4^

'fax* A

/fAs'/pét**

♦SZ-

w stwy /* *6* Or

’/fsï»*/****^* '** ~tCo-

-srrrl r/'e^

(JUtt'*

^//M ry r1/S^*Ssr&££'/

TU ^tc uf^àr^ C<p^r^ 'S??ir0m»A

sic OfHr^C

/pt^cC £>c9/%€$/ £ orté/>y'

• /%, rcA<'am^ $*«4. s*

i?u «V~ /urUyluM .Oc >^r^c « <2-7*~

'fa/u Acy^J&c

rvure. t« n

i*firrri*fi<m nc^o^'erz Vr/t''xe /

MICHEL DE MONTAIGNE

moires qui touchoient son estât et affaires publiques.

Ils disent que le principal effaict est que plusieurs lettres des filles de cete court a leurs amis de France,

— ie dis les lettres qui se sont sauuees, car ils disèt Corresponque quand Ferran fut pris, il eut moien de ieter quel- galantes

• r ■ r ? i des filles

(]ues papiers au leu qui iuret consumes auat cpi on les je peut retirer. — Ces lettres qui restêt apprêtât fort à Masr^”te’ rire. Fai ueu en repassât Mr. Ferrier malade a St Foi sur Ferrand, qui se résout de me (I) uenir uoir un iour de cete semmeine. Dautres y serôt des ce soir. Je ne m’atan pas qu’il y uieigne, et me sable, atandu son aage, i’auoir laissé en mauues estât. Touteffois, ie Fatanderai, i si nous ne me cômandés le cotrere, différerai à cete cause mô voïa^e uers uous sur le coin fin cernât de lautre semeine, vous baisant sur ce très hùbiemat les ! meins et suppliant Dieu,

» Monseignur, vous doner lègue et hureuse nie.

» Votre très liüble sûitur,

» Môtaigine. »

De Môtaigne, ce 12 feur. (1585).

« Ledict Ferra auoit mille escus sur lui, dict on, car Ferrand

. r . était porteur

toute cete information n est guiere certeme. » d’argent.

Au dos est écrit de main de secrétaire :

A Monseigneur Monseigneur de Matignon, mareschal de France.

(1) Montaigne avait d’abord écrit m’y.

Page 1