TOME III
Le président François de Nesmond.
La famille de Nesmond.
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suivant en ressentit le bienfait avant la révocation
de l’édit de Nantes.
Le président de Nesmond est François, président au Parlement de Bordeaux, et père d’André, cpii occupa le même poste et devint premier président dans le cours de 1615. Il mourut le 4 janvier suivant. François, son père, était mort depuis plusieurs années. La famille d’André publia en 1617, à Poitiers, chez Anthoine Mesnier, un recueil rare et estimé, plein de bonnes informations, intitulé : Remontrances , ovvertures de palais et arrêts prononcez en robes rouges par messire André de Nesmond, seigneur de Chezac, premier président au Parlement de Bordeaux . Cette famille était originaire d’Angouîême et a fourni des présidents au Parlement de Paris. Le premier président avait eu pour précepteur domestique François de Bere-Seve, le même qui depuis, quittant son pays de Gascogne, se fit appeler François de Belleforest et devint cosmograpbe et historiographe des rois de France. André avait eu pour grand-oncle Nesmond, seigneur de Sérac, ambassadeur en Turquie, en Angleterre et aux cantons Suisses, mort à Florence, qui « bocla sa vie par une heureuse et fort louable fin, chargeant ses héritiers de fonder une famille de Pères Capucins en sa ville natale d’Angoulesme (1)» . L’oncle paternel d’André, François de Nesmond, avait été lieutenant général en Angoumois.
(1) Oraison funèbre de M. de Nesmond, citée dans le livre des Remontrances , etc., du premier président.
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Restent le sieur de La Courbe, M. de Brissac et De La Courbe M. DE Gourgues. Nous avons parlé précédemment (p. 155) de ce dernier. Quant au premier, je ne Fai trouvé ni dans Brantosme, ni dans les Commentaires de Monluc , ni dans les Mémoires de R abus tin , de Tavannes ou de d’Aubigné, ni dans les OEconomies royales de Sully, ni dans les Mémoires de Duplessis- Mornay, non plus que dans ceux de la Ligue, quand un maître en la science généalogique m’a renvoyé au Dictionnaire de Le Paige, qui donne la filiation de la maison Le Cornu, dont une branche a porté le nom de La Courbe (1). La seigneurie de la paroisse de Brée était annexée au château de la Courbe en Brée, terre qui était anciennement dans la maison Le Cornu. Suivant Quatrebarbes , cette maison Le Cornu était une noble et vieille famille de F Anjou. Dom Lobineau, dans son Histoire de Bretagne, mentionne un Payen Le Cornu à la date de 1176; et Quatrebarbes rapporte que Renaut le Diable, qui, en 1330, changea son nom de Diable en celui de Le Cornu , épousa Jeanne Barbot, issue d’une famille alliée , vers la fin du dixième siècle , à la maison de Sablé et à celle de Plessis-Macé. Aussi, Gilles Ménage, en son Histoire de Sablé, page 30, rappelle-t-il, à la date de 1592, un Pierre Le Cornu, seigneur du Plessis -Cosme, gouverneur de la ville de Craon, en Anjou, qui se défendit avec tant de
(1) Dictionnaire topographique , historique , généalogique et bibliographique de la province et du diocèse du Maine , par M. Le Paige, chanoine de la cathédrale. Dédié à Monsieur, frère du Roi; 1777, t. I, p. 1, art. Brée.
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M. de Brissac.
Sa sœur, mariée
à Saint-Luc, avait causé sa disgrâce.
valeur clans cette place, assiégée par le prince cle Conty et le duc de Montpensier, cpie ces princes furent forcés de lever le siège. Serait- ce notre homme? On ne le saurait affirmer, puisque Ménage, au titre de seigneur Du Plessis-Cosme, n’ajoute pas celui de la seigneurie de La Courbe.
On peut également consulter sur les de La Courbe la généalogie de La Dufferie , par d’Hozier, imprimée à Paris, en 1662, chez Cramoisy.
M. de Brissac est Charles II de Cossé, seigneur de Brissac en Anjou, gouverneur d’Angers, ardent ligueur. Il avait fait, en 1582, partie de l’expédition commandée par Strozzi et destinée à soutenir dans ses prétentions au trône Dom Antonio de Portugal et à le conduire aux Açores. Dans l’année 1585, il reprit aux Calvinistes le château d’Angers; et plus tard il s’engagea dans le parti des Seize, reçut du duc de Mayenne le gouvernement du Poitou et de la Rochelle, puis le commandement de Paris. Ce fut lui qui présenta les clefs à Henry IV, devenu Roi de France. Il acquit la dignité de maréchal.
Sa sœur, Jeanne de Cossé, que nous avons eu déjà l’occasion de citer (page 129) à propos de son mari, François de Saint-Luc, avait été mariée avec ce mignon par exprès commandement de Henry III. Ce prince , qui avait fait célébrer leurs noces avec pompe, au Louvre, dans le mois de février 1578, y avait dansé en grande allégresse. L’année suivante, Saint-Luc avait acheté du jeune Guy de Lanssac le gouvernement de Saintonge et de Brouage; mais
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seliî confident de l’amour du Roi pour la duchesse d’Aumale, il avait eu l’indiscrétion d’en parler à sa femme , et de confidence en confidence , toute la cour en avait été instruite. Il s’enfuit alors dans son gouvernement pour échapper à la colère du Roi ; mais ce prince fit arrêter la femme, et ordonna chez elle une descente de justice pour fouiller tous ses papiers. Saint-Luc usa de ses loisirs pour écrire des Observations militaires qui sont encore en manuscrit à la Bibliothèque impériale, et des vers que Scévole de Sainte-Marthe trouvait fort ingénieux.
Malgré sa disgrâce, il n’a jamais levé les armes contre son Roi. Ce fut lui qui négocia avec son beaufrère pour la reddition de Paris à Henry IV.
En finissant sur la dixième lettre, parlerons-nous Ou est-ce que
1 M. de
aussi de M. de Bordeaux, chez qui Montaigne a Bordeaux? dîné avec Ogier de Gourgues, et que la lettre cite à son début? M. le docteur Payen suppose, mais en conservant encore quelque doute, que ce pourrait être l’archevêque de Bordeaux; et en effet on désignait alors, comme on le fait encore de nos jours, les prélats par le nom de leurs sièges, et l’on disait Monsieur de Paris, Monsieur de Bordeaux. Mais ce point, d’ailleurs assez peu grave, n’est pas bien certain, dans l’espèce, car les correspondances du maréchal de Matignon et les Mémoires du temps font assez souvent mention d’un gentilhomme nommé M. de Bordeaux, fort employé dans les guerres civiles, et dont la position de famille était assez considérable pour qu’il ne donnât pas comme Montaigne le monseigneur au maréchal de Matignon, et
Lettre
de Montaigne à Matignon.
27 mai 1585.
M. de Valhiac reparaît et effraye les populations.
Montaigne passe les nuits à veiller.
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qu’il le traitât seulement de monsieur , ainsi que le faisaient les plus grands personnages (1). M. de Bordeaux, lieutenant enseigne de M. de Matignon, était détaché à des postes divers, suivant les besoins. M. Grün, plus explicite et plus affirmatif que M. Payen, veut que ce soit l’archevêque, parce que le gentilhomme n’aurait pas eu maison pour recevoir à dîner le maire et le receveur général, et que du reste il s’appelait Bordeaux et non Bourdeaux . S’il a des mémoires secrets sur la table de ce gentilhomme, je n’ai rien à objecter. Quant à son nom, lui-même et les autres l’écrivaient indifféremment Bordeaux ou Bourdeaux. Voyez la lettre de M. de Bellièvre, page 194, et le Cartulaire de Monaco.