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siècle, et dont Renaiidot a reproduit la relation, Abou- Zeïd-el-Hacen-Sirafien , a rendu plus de justice à l'art de ces peuples ( 1 ) . Marc Paul , le célèbre voyageur vénitien , qui fit chez eux un séjour de vingt-six ans , à la fin du treizième siècle, parle aussi très-honorablement de leur ingéniosité (2). Laissons donc dire ceux qui, au nom de l'art et de la fi)rme , repoussent sans examen les porcelaines et autres objets de l'Orient. L'un des plus exclusifs est le bonhomme Baudelot de Dairval, qui a écrit deux volumes sur l'utilité des voyages, sans avoir jamais été plus loin que de Paris à Dijon. Ses agréables moqueries contre les fureteurs d'antiquités chinoises et japonaises prouvent seulement que cet homme qui s'entendait en beaucoup de choses n'entendait rien à celle-là (3).
A côté des lions, que les Chinois ne connaissent pas, et dont ils font des grotesques, peints en vert pistache ; à côté de chimères tortillées en racines de mandragore ; à côté de dragons fantastiques et de Beautés luvriadcs de monstres sans forme ; à côté de grossières à la Chine, figurcs de chcvaux , d'éléphants, de béliers et autres animaux (ju'ils ont placés en avant des tombeaux, on
(1) Ancienne relation des Indes et de la Chine, traduite de l'arabe (par Eus. Kenaudot). Pari:>, J718, in-8".
(2) Marco Polo, Pelle niarat<i(jlic del monda da lui vedute. Veuetia, per Zoannc Jîat. da Sessa, 1496. I11-8".
La Société de Géographie a, par les soins de M. Rou.v de Rochelle, reproduit en 1844, d'après des niss. de la Bibliothèque impériale, une ancienne version française avec version latine des importants voyages de Marco Polo. In-4".
(3) Charles- César ]ikVOK,\.Ol' DE Daiiivai, : De l'utilité des voyages et de l'avanta(je oue lu recherche des antiiiues procure aux savants. 1686. 2 vol. in-12.
ne peut disconvenir qu'on ne trouve de jolies fi(jurines, vraies et naïves, d'hommes et d'animaux, d'oiseaux surtout, faites d'or, d'argent, de bronze, de jade, de pierre de lard, de porcelaine, d'argile, de bois, de racines d'arbres. On ne peint plus guère à fresque les parois intérieures et les plafonds des habitations particulières, de décorations d'oiseaux, de corbeilles de fleurs, de personnages, comme on le faisait dans les temps anciens; mais, indépendamment des cartouches calligraphiques dont nous avons parlé précédemment , on les émaillait et on les émaille encore de rouleaux, de cartels ou pancartes dessinés et coloriés parfois avec délicatesse. Rien d'amusant, il faut l'avouer, comme le r.qjertoire caprice chinois s'envolant sur les ailes du phénix et chinois. du dragon sacré aux régions d'un idéal d'éventails, de paravents et de magots ; croquant çà et là des portraits historiques, de jeunes divinités essorant de feuilles ou de fleurs de lotus ; des personnages mythologiques entourés de figures de talismans préservant de tous maux (1) ; des mandarins étalant à plaisir la dignité de leurs larges ventres, ou chevauchant avec tris-
(1) Ces personnages sont Fo-IIi, le Génie du Beau Temps, le Génie de la deuxième étoile de la Grande-Ourse , le Génie de la Pluie , le Génie de la septième étoile de la Grande-Ourse. Les talismans sont au nombre de soixante-douze. Ce sont des signes et chiffres bizarres qui n'offrent que rarement un sens en chinois , et n'ont qu'une valeur de convention parmi les sorciers et les charlatans. Le livre sacré intitulé Chanq-youèn-king raconte que l'empereur Hiao-Wén-Ti, qui régna de 163 à 165 avant notre ère, découvrit ces talismans chez le sage Liéou. Depuis la dynastie des Hàn , 163 ans avant Jésus-Christ , on les copie pour les suspendre dans sa maison ; et comme cette jiancarte est de très-fréquent usage, on en vend qui sont imprimées sur bois pour le menu peuple, à qui la cherté interdit la peinture.
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tesse par monts et vallées vers les déserts de la Tartarie neigeuse ; des poètes cherchant des inspirations aux dépens de leurs ongles et de leur front , sur les bords d'un lac azuré ; de grêles jeunes filles jouant de la flûte de jade, ou récoltant le thé, ou disposant, d'un doigt délicat, dans des vases au long cou, des fleurs symboliques de reine-marguerite, de blanc amandier ou de pécher aux pétales roses ; ou bien encore écoutant en silence les bruits d'une cascade près d'un héron penseur, ou consultant le vol fatidique des grues voyageuses à travers l'espace. Rarement le pinceau chinois, . se hasardant à de grandes compositions, ambitionna- Poiiit t-il un plus vaste empire. Une galerie de tableaux a
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de tableaux toujours ctc cliosc lucounue cu Cliiue. Jamais du monis
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on n y a montre cette aberration de notre Occident qui détourne les objets d'art des lieux pour lesquels ils ont été exécutés, et leur enlève leur signification et leur éloquence pour n'en plus faire (|ue des objets d'étude. Les anciens Grecs, et après eux les Romains, n'avaient pas non plus senti le besoin de ce rapprochement des œuvres d'art, de ce contraste des écoles diverses. Leurs temples, leurs })ortiques, leurs places publiques, étaient comme des musées , à raison du nombre des œuvres de la sculpture et de la peinture (pii s'y étaient accumulées; mais cette juxtaposition n'était que le résultat de considérations religieuses, de circonstances poliliques successives, et non de la pensée préconçue de musées proprement dits.
En quoi Avancés et arriérés tout ii la fois, les Chinois n'ont
les Chinois . , . • rc • • ' 1 -Il
triomphent, jaiiiais trappe m monnaies a elngies m médailles ; mais ils ont (;.\cellé de tout temps dans la gravure sur bois,