CABINET DES COMTES DE BÉTIIUNE
de Marolles, abbé de Villeloiii , raconte cornnie i! se laissa persuader de verser dans ce cabinet tout ce (ju'il avait ramassé en ce genre de curiosités historiques (1). Philippe joignit à ses autographes des livres de |)iété, de droit, de philosophie, de mathématiques, de médecine, de belles-lettres, des heures à miniatures dont quelques-unes, d'une beauté incomparable, ont passé par la célèbre jjibliothèque des de Biu^e, poiu' aller se fondre dans le splendide cabinet de INI. Ambroise Firniin Didot, ([ui porte si bien un beau nom, l'une des ])ures noblesses de notre pays. Le tout finit par former un cabinet de dix-neuf cent vingt-trois volumes qu'il légua au roi Louis XIV, et dont plus de douze cents regardent l'histoire de France.
La richesse incomparable de cette collection avait Les Dupuy
ouvraient
acquis, comme celle des Dupuy, une prande renommée leurs
1 ' i J ' U ^ , . collections ,
qui tournait tout naturellement au profit et à l'accrois- Bttlume ferme
la sienne.
sèment de la collection elle-même. Mais Philippe de Béthune s'était acquis une réputation tout opposée à celle des trois savants frères, quant à la facilité des communications. Les Dupuy laissaient sans difficulté fouiller sur place et même voyager leurs trésors; Philippe, plus prudent ou plus défiant, les covivait incessamment du regard. A peine obtenait-on de revoir à l'aise ce qu'une fois on lui avait donné. « Je doute, disait Chapelain au gouverneur de Cherbourg, M. de Callières, qui s'était montré prodigue pour l'avare Curieux, je doute que vous jouissiez assez facilement de ce que vous avez donné à M. de Béthune, qui ne
(1) CatalofTue de Marolles. ,