‹ Causeries d'un curieux (volume 3)Chapitre 91 sur 127 · CARI>ET DF, SOULAVIE · texte numérisé non relu

CARI>ET DF, SOULAVIE

les, et celle du maréchal d'UxelIes et tant d'autres, augmentées encore, depuis, des riches portefeuilles de de Bure, et qui contribuent à faire du Cabinet des estampes, si bien dirigé de nos jours, un des musées chalcographiques les plus splendides de l'Europe. Cabinet H est regrettable qu'il ait laissé passer à l'étranger

de Soulavie.

une collection de même genre d'environ dix-huit mille pièces , qu'avait formée , en cent quarante-huit volumes, l'abbé Soulavie. Sans briller, il est vrai , davantage que le cabinet de Fontette par la beauté des épreuves , sans l'égaler non plus ni pour la richesse ni pour la rareté des estampes anciennes contemporaines des événements ou reproduisant des peintures ou des dessins du temps, ce recueil avait néanmoins son intérêt, et la série de la Révolution, qui comprenait vingt-cinq volumes, y était particulièrement remarquable par le nombre et la rareté des gravures , et par l'addition de quelques curieux dessins. Jean-Louis Giraud Soulavie est un de ces hommes étranges que l'on méprise et avec lesquels on compte. Nul faiseur de livres n'a été plus fécond ni en môme temps moins écrivain. Mais admis aux archives des Affaires étrangères et dans le cartulaire de quelques grands seigneurs, il a puisé à dos sources abondantes et authenticjues. Compilateur indigeste, prolixe, trivial, fastidieux, il a enfanté des volumes condamnés longtemps au pilori des quais, après une vogue ("phémère due pour quelques-uns au scandale; mais les documents utiles dont ils abondent , mais je ne sais quel sentiment politique naturel ou d'emprunt (jni y règne, les ont justement rachetés tle l'oubli , et le Curieux d'histoire leur rend mie place dans sa bibliothè-

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que. chercheur infati(jable et avisé, il avait amassé sa collection d'estampes avec fort peu de ressources d'argent. Les archives des Relations extérieures lui avaient permis , pendant qu'il exerçait à Genève les fonctions de résident de France, d'y déposer tous les recueils de son cabinet , et ces recueils y demeurèrent longtemps. C'est ce qui a fait supposer au rédacteur de l'article qui lui est consacré dans la Biographie universelle qu'ils ont été confisqués, à la mort de Soulavie , en 1813, par le gouvernement impérial, et sont encore aux Affaires étrangères. C'est une erreur. Il n'y en est resté qu'un seul volume de mauvaises épreuves de mauvais portraits. La collection a été acquise par le prince Eugène de Beauharnais, et fait partie aujourd'hui de la bibliothèque du palais de Leuclitenberg, à Munich.

L'abbé Soulavie, qui s'était jeté dans les opinions Soulavie avait

^ des papiers

les plus avancées en 1789, s'était marié, et avait fait historiques. partie du club des jacobins. Il s'était par cela même attaché à tout ce qui touchait à la Révolution , et , indépendamment des estampes , il avait amassé sur cette époque plus de trente mille pièces et brochures qui sont allées en ])artie se fondre dans le cabinet de M. Deschiens, et dont le reste s'est disséminé. Beaucoup d'autographes, surtout du temps de Louis XV et de Louis XYI , fruit de ses relations ou bien épaves révolutionnaires, étaient réunis dans ses mains, et j'en ai acquis de sa veuve les derniers débris.

Une collection d'estampes . de médailles et de des- i e chevalier

Heunin.

sins historiques constituant, de nos jours, un vrai cabinet national , qui compléterait la splendeur des recueils de la Bibliothèque impériale de France pour

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