CABINET D'HORACE WALPOLE
et n'oublions pas que les documents peints, gravés, écrits, amassés par le zèle des Curieux, sont les lambeaux de la vie de nos pères. C'est dans les monuments de l'histoire que sont les titres des nations. Si cette histoire n'était <|u'un tableau inanimé sur lecpiel vinssent se dessiner avec leur simple nudité les événements divers par lesquels a passé la vie d'un peuple, ses guerres, ses négociations, ses traités, ses prospérités et ses revers , sans autre coloris que celui de la topographie et des dates , l'histoire ne serait qu'une froide éphéméride. Il est un autre ordre de faits dont se composent les annales d'une nation , ce sont les idées morales et religieuses , les usages , les mœurs , tout ce qui forme en un mot l'état d'une société ; et c'est la partie vivante de l'histoire ; c'est le tous les jours d'autiefois, comme nous avons le nôtre. Ce tous les jours est dans les scènes gravées, dans les caricatures, dans les enseignes, comme il est dans les documents autographes intimes et pulilics, dans les pamphlets, dans les feuilles volantes, dans les vieilles ballades, dans les ponts neufs, dans les chants et complaintes du carrefour, de l'atelier (;t de la prison, dans toutes les œuvres fugitives de l'imagination populaire et des passions ondoyantes de la foule.
Ij'autograjihe se glisse donc en tout cabinet d'homme Horacn un pcu instruit. Horace Walpole, comte d'(3xf()rd, un grand connaisseur, qni a eu tant de relations avec la France, et ([ui avait amassé à sa résidence de Strawberry-Hill , aux ])oites de Londres, des collections de tout genre, aujourd'hui dispersées par le marteau du commissairc-priseur, avait des ]>orf('feuill('s (h^ cor-
^Val[)ole