‹ Causeries d'un curieuxChapitre 109 sur 124 · LA L CM 1ÈRE SE FAIT. DA>TE · texte numérisé non relu

LA L CM 1ÈRE SE FAIT. DA>TE

Blancs ou Gibelins, rpi se disputent Florence; entre le Saint-Sié(j,e et la liberté politique qui se disputent l'empire de la terre et de l'opinion , il sait rester lui-même. De toutes parts, on court vers la liberté, mais pour s'en faire une arme contre son voisin. Au bruit du choc violent des intérêts qui se froissent, l'anarchie a passé jusque dans les ré(jions intellectuelles. On a commencé h croire ou à ne pas croire à volonté. Chacun a fait son choix parmi les erreurs régnantes. Le jurisconsulte prêche l'athéisme et l'obéissance absolue ; le moine, l'infaillibilité du Saint-Sié{je et la licence républicaine, pour assurer l'infaillibilité de ses propres opinions et de ses actes. Etouffée sous les préjugés de l'intérêt et sous ceux de Tif^morance, la vérité seule n'a point d'organe. C'est au milieu de cette confusion que l'œil doit te suivre, immortel Alighieri, pour mesurer toute ta grandeur. C'est là qu'il faut aller chercher toute la force de ta raison, la supériorité de tes lumières, la hauteur de ton âme, tes généreux ressentiments et ton inflexible droiture : toutes ces nobles qualités enfin qui te valurent l'ingratitude de tes concitoyens, l'exil et les souffrances, et qui ont fait de toi l'Homère des temps modernes.

^lalheureuse Italie, toujours divisée (et sa division est sa ruine), quelquefois indépendante, jamais libre! Elle s'affranchit des Goths , mais pour devenir successivement la proie des Franks , des Lombards, des Grecs, des Sarrasins, des Normands, des Espagnols, des Français, des Allemands ! Puisse le rêve d'unité qui séduisit ses grands génies du Moyen Age et de la Renaissance se réaliser de nos jours, et cette patrie du Beau faire refleurir ses antiques gloires ! Le laurier de Virgile et

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