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CHAPITRE IL

MONUMENTS KCKITS (lUECS ET ÉGYI'TO -GRECS.

Les modes d'écriture, on le sait, varioit à rinfmi comme les lan^jues. Le sanscrit s'éciit de (jauclie à droite; le chinois, en colonnes perpendiculaires. De même le japonais, de même aussi l'ancien mexicain. Les anti(|ues habitants de l'ile de Gevlan (Taprobane) avaient le même usa^ye (1), connue depuis les Mandschous. Mais les colonnes d<; ces écritures diverses ne vont |)as toutes dans le même sens. Les Chinois commencent les colonnes pai- le haut et les diri(jent de droite à gauche; les Japonais, eu sens inverse, en commençant aussi par le haut; les Mexicains, de bas en haut. L'écriture cunéiforme [)ersépQlitaine est tracée de gauche à droite. Au conniien cernent , les Grecs écrivaient, comme le font aujourd'hui les Arabes et les Turcs, de droite à gauche. Ils ])rati(pièrent ensuite, par une sorte de transition , une disposition particulière des caractères consistant à faire sillonner et

(1) DiOD. DE Sicile, Bll>lii)th. Iii\t., II. .57.

serj)enter les li(jiies on zijjza^ sans s'interrompre, et l'on finissait par le côté o])posé à celui j)ar l('(|uel on L'écriture uvait commciicé. Cette écriture s'appelait hoiistroj)héstropiudoii. don, de deux mots qui signifient : comme tournent les bœufs. On abandonna ce genre d'écriture, six cents ou cinq cent cinquante ans avant notre ère, j)our écrire horizontalement de gauche à droite, ainsi qu'on le fait aujourd'hui chez tous les Occidentaux. L'écriture qui suivit était aussi bien connue des modernes qu'aucune le |)ût être, par les nombreuses inscriptions monumentales ou tumulaires, par les médailles, les jaspes, les cornalines et autres pierres précieuses gravées. Elle l'était aussi par les manuscrits moulés de la main de scribes de profession. Mais c'était là l'écriture solennelle, à laquelle répondent nos caractères graAés et nos caractères d'imprimerie, et l'on ignorait quelle avait pu être l'écriture épistolaire et cursive. En effet, ni les épîtres, ni les notes et brouillons des écrivains, non plus que les mille écrits rapides de la vie sociale, ne devaient avoir ressemblé à -ces œuvres de calligraphie patiente ou d'éj)igraj)liie et de légendes monumentales. Ce n'est guère que depuis une trentaine d'années que la cursive a été bien connue, après avoir été aperçue, il Y a soixante-treize ans, par un érudit danois nommé Schow, éditeur du premier papyrus grec apporté en Europe (1), Depuis lors, plus de trente années se sont écoulées avant que la science interrogeât de nouvean les nombreux papyrus gréco-égvptiens et les tessères

(1) Sr.iioAV, Charla papyracea (jrxcc srripta miisei Borr/iani Vt-litris, otc. 1788, iii-4".

MOÎNUMEINTS EG YPTO-GP.ECS. 153

trouves dans les nécropoles. Enfin, à Turin, à Berlin, à Leytle, à Londres, à Paris, la saffacité des j)hilolo- [jues disputa d'activité et livra au public de piipiautes révélations.

Un des monuments les ])lus anciens de l'histoire Moimmenis (jrecrpie est sans contredit la Ghroui([ue de l*aros, plus anciens {gravée sur les marJ)res d Arundel, ])ul)li(;s par Selden j;iTt(iuo. en 1G49, par Prideaux en KJTG, et conservés à l'université d'Oxford. D'autres moiuunents non moins précieux font la décoration de notre.' Louvre, savoir : les marlires de Ghoiseul, dans la salle des Cariatides, (;t les marbres de ram])assadeur Nointel, tous monuments antérieurs de ])lus de quatre siècles à l'ère chrétienne. Un travail, lu à l'Institut par M. E(;(jer, sur les Origines de la prose dans la Grèce, me foiu'uit un ])récieux et plus ancien exemple, c'est le traité d'alliance entre les villes d'Herœa et d'Elis dans le Péloponnèse, ^fravé sur une pkupu^ de bronze, retrouvée en 1813 dans le lit de l'Alplu^e. Le texte eji était inséré au recueil d'inscriptions {grecques de lîoeckh (1). Le voici :

« La parole aux Héréens et aux P^léens. — Qu'il y Texte

I,. 1 , II . . ■,., très-ancien

ait alliance de cent ans, et qu elle commence ici ; et s il .inu traité

, . 1 1 1 1' j- I' (l'alliance

est besoin de quelipie parole ou d action , <pie 1 on entre s unisse les uns aux autres, tant pour la {jiierre que jjreajues. pour le reste. Que si l'on lu; s'unit pas, on j)aye à Zeus Olympien un talent d'argent pour ameiule. Que si (piehpi'un détruit l'écriture, soit citoyen, soit magistrat, soit peuj)le, il soit tenu à l'amende ci-inscrite. » Tous les manuscrits gréco-égyptiens dont nous par-

A fjueiio lions tout à l'heure, et qui nous ont révélé les formes

;ipimrt'i'eiiiie.it ^.6 lii cursive (jrecque , ont été exhumés la plupart du

manuscrits, temps parmi des papyrus en écriture démotique ou

éfjyptienne populaire. Ils appartiennent en général aux

temps com[)ris entre le second siècle avant Jésus-Christ

Ce ([II ils et le second de notre ère, époque des Laeides. Ce sont

contiennent.

des contrats de vente ou d'emprunt, souvent bilingues; des correspondances administratives et de nombreuses pétitions avec apostilles des officiers supérieurs ordonnant de faire droit ; des lettres familières ; des reçus délivrés, sous l'administration romaine, par des soldats, pour leur salaire en denrées. Ces dernières pièces, écrites sur des tessons de poteries, sont quelquefois appelées par les rédacteurs eux-mêmes tahellia. Plusieurs sont tracées de la main de tiers, les susnommés ne sachant écrire, comme il est dit à la fin (1). Ce quêtaient Lcs papvrus d'écriturc égyptienne cursive consistent

les papvrus , , > " -,. .

en langue généralement, disions-nous, en contrats. Le tout depuis ' fournit d'amples notions sur la constitution de la pro-

ia dominatiun . , , i i. . , . .

grecque. pi'iete ct sur Ics couditious de sa transmission ; sur la forme officielle des actes de chancellerie et de ceux que nous appellerions aujourd'hui notariés; sur le système des mesures, sur la constitution du sacerdoce égyptien et sur la vie de réclusion en quelque sorte monas- Révclations tiquc (religiou à part) qu'on menait dans les temples , parles OÙ l'aduiission de Grecs, introduisant avec eu.x la diécrits grécn- vcrsité dcs intérêts, la rivalité des superstitions, amea)P 'e"s jj,jj|. |^,g conflits les plus violents (2). Là encore on a pu

(1) Voir Rkcvens, Lettres à M, Letronne, et les Papyrus qrecs publiés par ce dernier à Paris, et par M. A. Peyron à Turin.

(2) Voir Peyron, p. 11 et suivantes, et les Papvrus du Louvre.

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