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étudier une langue grecque fort analogue d'une part au (jrec des Septante, de l'autre à celui de Polybe. Je ne rappelle rpie pour mémoire les incorrections (ji'ossières de patois du bas peuple, qui se rencontrent dans certaines pièces d'un caractère tout familier. Là enfin Anaio;;ics ou a retrouvé l'écriture f;recque cursive, qui n'a été, ra.Hienue
' constitution
comme nous le disions , bien connue que iiar ces i)a- sociale
et la iiiStro.
piers mêmes (1). Ainsi ont été révélées les rè(jles de la comptabilité antique; ainsi l'on a su (jue le droit d'enregistrement pour les ventes était dans l'Egypte ptolémaïque, comme aujourd'hui chez nous, de cinq pour cent (2) ; que les actes étaient dressés avec la phis scrupuleuse recherche dans le signalement des parties contractantes, et qu'on faisait usage de titres à souche dont le double restait aux mains de l'ayant droit. Ce n'est j)as tout : le riche butin de la haute antiquitt' s'est grossi encore de j)récieux fragments inédits dt; littérature grecque, })ar exemple d'un nouveau discours du rival de Démosthène, l'Athénien Hypéride, l'élève; de Platon et de Socrate (3), et d'utiles variantes pour
(1) Une inscription «les plus cuiieuses, reproduite par M. Franz, d'après M. Letronne, donne la transition entre l'écriture épijjraphiqiu! classique et la cursive des papyrus. Elementa epi(jraphices f/rxcx, n» 81.
(2) C'est aussi de cinq pour cent qu'était l'intérêt de l'arfjcnt clicz les Grecs et chez les Romains. Quand le commerce de l'aryent devint commun chez ces derniers, l'intérêt s'éleva au taux de un par mois. On en était arrivé à passer cet intérêt en justice (Cicéron , Lettres à Atticus, I, 12; V, 21; VI, 1, 2). Cliez les Grecs et chez les Romains les intérêts se payaient tous les mois : chez les premiers, à la tin du mois ; chez les seconds , au milieu , c'est-à-dire aux ides,
(3) C'est une Oraison funèbre, imprimée avec luxe à Candnidjje, en 1858, et réimprimée à Paris, par M. Deliè<pic, élève de M. Hase, et aujourd'liui son lonrirrc à lliislilut.
des fra^^ments d'ouvrapos d('j'à connus, entre autres quelques pages d'un livre d'Isocrate. Enfin, on a trouvé dans ces tombeaux des fragments d'études d'astronomie, d'alchimie, de dialectique, des mémoires sur procès, des lettres familières (1), et jusqu'à des consultations sur des rêves; en un mot, tous les détails de la vie administrative et de la vie intime. Or, les annales do l'Egypte ptolémaïque nous sont assez mal conmies; fussent-elles d'ailleurs moins obscures, l'histoire antique, toujours un peu fiènî et d(''daigneuse, ne nous aurait pas fourni autant de détails qu'en a puisé la science dans ces précieux documents, sur les mœurs publiques et privées de cette vieille terre, durant les quatre siècles qu'ils embrassent. Polybe lui-même, qui seul a essayé de faire comprendre par le meiui le mécanisme de la vie administrative chez les Romains; Plutarque, qui savait si bien k guetter les grands hommes aux petites choses » , ne nous eussent pas dit autant que ces muets témoins de l'antique société sur le tous les jours de la vie de ces temps anti- On a trouve- ^ucs. Je ne sache pas cependant que l'on ait encore (lociiments trouvé dcs lettres d'amour. Vous verrez que ces mala- "^ excepté'*^' <^'""its Egyptiens, façonnés cependant à la langue tramo'ur' gi'f^cquo , u'out j)as SU profiter du Tinicc de Platon, où Socrate, si merveilleusement habile dans la science des hommes, prononce ces paroles sacramentelles : « Je fais profession de ne savoir (jue l'amour. »
(I) Letroxse, à la suite iln Cuttiloijiic raisonné et hislorii/ite des anli(/itités découvertes en E'jyjjtc par Joseph I'assai.acqla, de Tr teste. Paris, 1826.
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Il est vrai qu'on possède, clans le Recueil do B. Pcy- i:i)îtrcs
^ ' •' tendres a
ron (1), deux épîtres touchantes adressées à un certain Héphestion. Héphestion , l'une par son IVère, l'autre par sa femme, pour le rappeler dans sa famille. Il parait qu'après avoir couru de {j^rands danjjers, cet Héphestion aurait ahandonné tout à la fois mère, femme et enfant, et se serait mis en réclusion (en quelque sorte au couvent) dans le Scrdjieinn de Memjîhis, ap])arennn(!iit pour accomplir un vœu. La lettre de la femme est assez tendre, mais ce n'est point encore là une lettre d'amour. Peut-être les dames épvptiennes disaient-elles à leurs admirateurs : « Brûlez ma lettre, » ce que ces amants j)rimitifs auraient trop fidèlement exécuté. Qu'il y a loin de là à cette invention j)leine de verve de cette jeune femme de l'Egypte, surprise en flagrant délit, au bout de quatre mille ans, par nos soldats étonnés (2) !
Bridez ma lettre ! voilà une recommandation dont en général on tient peu de compte , si l'on en juge par le grand nombre de lettres qui la contiennent et que les cabinets de nos curieux possèdent. Cic(h*on avait la prudence ou la conscience d'être plus exact. Dans une lettre à Atticus (3), sur les différemls entre César et Pompée, il dit : «.l'ai écrit cette lettre à la juème lampe <[ui m'a s(;rvi à brûler la vôtre : Ouum eadem lucerna hanc e})istolam scripsissem, qua inflammarani tuam. »
Le célibat perpétuel ou momentané, dmit nous par-
Ci) >■'« 18 (-t 19.
(2) Lettre auto{;raplie île Fourier (( aliincl de rauleui). Voir aussi Recherches hixlorif/iies cl morala .mr le maits, dans li-s OL'iivres de Lemontey, t. I, p. 288.
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lions à la pajje précédente , espèce de réclusion nionasti(|ue à laquelle s'était condamné l'Héphestion de Mempliis, n'était point un cas exceptionnel dans les mœurs de l'antiquité. Les exemples en étaient nombreux. En effet, sans parler des Vestales romaines, sans parler de ces jeunes fdles Israélites qui vouaient leur virginité à Dieu, comme la fille de Jephté, comme Marie mère de Jésus-Christ, et qui pouvaient choisir le Temple pour demeure ; sans parler non j)lus des premiers chrétiens qui allaient vivre de la vie érémitique ou de la vie conventuelle, pour fuir au désert les exemples du monde et les persécutions du ])aganisme, n'avaiton pas sur l'Euphrate la secte israélite de ces Esséniens, constitués en véritables moines, « nation éternelle où il ne naît personne, » disait Pline l'Ancien? Sorte de jansénistes, ou plutôt de trappistes de la loi mo- (joiiveiits saique, sous le nom de Thérapeutes, ils se vouaient
dans
1 antifiiiitt'. au céHbat perpétuel , dans des couvents solitaires Les d'hommes et de femmes , les femmes séparées des
Thérapeutes.
hommes par un mur ou cloison de trois ou quatre coudées, du haut duquel la sainte parole se distribuait en chaire. Prière en commun matin et soir; vie contemplative et de mortifications; études dans la journée et travail à la terre ; cellules ou chambrettes sacrées j)our la retraite et les oraisons (1) ; farine de froment et sel assaisonné d'hysope, pour toute nourriture ; eau de source pour boisson ; lin en été , laine en hiver, pour vêtement; célébration solennelle du septième jour
(1) Cot oratoire séparé s'appelait en grec semnéion ((JîULVîTov) et monastère. Le traducteur de IMiilou l'appelle semnie.