INTRODUCTION. ?II
j'espère qu'on n'a pas eu tort, qu'il fallait donner à ces écrits une forme plus durable, parce qu'ils renferment des vérités qui, de nos jours, doivent être affirmées hautement. *
M. de Sainte-Beuve a fait des causeries dujundi; M. de Pontmartin a publié des causeries du samedi^ et après eux sont venus d'autres lundistes et d'autres samedistes. Causeries du Dimanche m'a paru être un titre convenable aux écrits hebdomadaires que j'ai publiés dans le Courrier du Cangdisur^'^^'''''^ ^^^^^^
En France, le lundi est le jour consacré aux plaisirs et à la débauche, et le dimanche au travail. M. de Sainte-Beuve a été le type du lundiste, et quand le lundi n'a pas suffi à ses joies, il n'a pas craint d'y consacrer le vendredi. Pour lui les saucisses avaient un goût plus suave le Vendredi-Saint.
Ses causeries sont imprégnées de ce fumet d'une vie matérielle. Malgré l'habileté de sa critique littéraire, et la pureté de son style, on y sent l'absence de Foi, et c'est un vide immense.
Dans notre pays, où la Foi catholique est encore vivace, le dimanche appartient au Seigneur, et les loisirs que ce jour m'a laissés, je les ai consacrés à la défense de la Vérité.
Quoi qu'on en dise, la Vérité compte partout des ennemis. L'Eglise, qui ne respire que l'amour et la charité, est l'objet d'une haine implacable et mystérieuse. Depuis qu'elle existe, cette institution si belle, si grande, si digne de toutes les admirations, de tous les hommages et de tous les amours, a toujours suscité dans le monde cette haine extraordinaire, qui^«erait un
VIII INTttODUCTION.
phénomène inexplicable si nous ne savions pas que la terre est le champ de bataille où Satan veut être vainqueur du Christ.
La haine de TEglise, voilà la grande passion du monde moderne, celle qui résume et contient toutes les autres. Voilà la source de toutes les erreurs dont le triomphe a conduit la France jusqu'au fond de Tabîme. Voilà le miracle perpétuel dont les effets se sont produits dans tous les siècles, et dont le récit embrasserait l'histoire de l'humanité.
Grâce à Dieu, la haine de l'Eglise n'a pas encore envahi tous les peuples. Mais un germe de haine et de discorde a fermenté partout. A côté des ennemis déclarés ont surgi les indifférents et les conciliateurs indiscrets, ceux qui rêvent je ne sais quel compromis entre l'Eglise et la civilisation moderne, ceux qui demandent des concessions à l'épouse du Christ pour la mettre en harmonie avec les tendances des sociétés.
A côté de ceux qui nient carrément les droits de l'Eglise, il y a ceux qui distinguent et ceux qui séparent; ceux qui s'inclinent respectueusement devant cette institution divine, mais qui voudraient renfermer son action dans un cercle étroit qu'ils appellent le domaine spirituel ; ceux qui adorent Dieu et son éternelle Providence, mais qui voudraient l'exclure du domaine littéraire, du domaine scientifique et du domaine politique.
Voilà les erreurs subtiles qui ont pénétré jusque dan» notre beau pays, et qui finiront par y produire leurs effets ilatUrelS) la négation et la haine de l'Eglise. QueU qu0 soient les noms qui désignent ces erreurs ;