X AVANT-PROPOS
lume. La conclusion de cette conversation^ dans laquelle bon nombre de traités spéciaux furent cités, fut celle-ci : « Il n'existe pas de livres acceptés sur cette matière par les gens de notre temps, surtout par les femmes du monde ; si vous en voulez un, faites-le I d li
J'ai pris au sérieux cette réponse. Ai-je été téméraire? oui, sans doute. Si je n'ai pas fait ce qu'il y avait à faire, ce qui est probable, je donnerai peut* être à quelque homme de talent l'idée de consacrer
ses veilles à l'instruction des gens du monde, œuvre grande et indispensable; j'aurai alors rendu un grand service.
On ne lit pas les productions sérieuses : le temps manque; les préoccupations politiques et sociales; les soins et les affaires du monde, autant que ses devoirs et ses plaisirs, ne laissent pas d'heures à la méditation de choses plus graves encore que tout le reste. On oublie promptement ce que l'on a appris de la religion par un enseignement abandonné dès l'adolescence, trop souvent nul et incomplet. On devient irréligieux par ignorance.
[ Comment combattre cette ignorance sinon en
plaçant sous la main des lecteurs, des livres à peu
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près de leur goût. Présentez donc la coupe de la science à ces livres délicats, elles se retirent. Le premier problème à résoudre est celui-ci : Pouvoir être lu partout et n'importe où : au salon, au boudoir, sur un banc du parc, en voiture, derrière un comptoir, au foyer de la cabane, à l'église. J'ai donc essayé de résumer l'ensemble de la doctrine chrétienne de manière à n'effaroucher personne, pas même les lecteurs de romans.
Je n'ai pas dû entrer dans la démonstration des preuves de la religion, Constance a la foi. De nos jours l'irréligion, chez les femmes surtout, provient bien plus de l'ignorance que de l'incrédulité dogmatique. On agit mal, parce que l'on ne sait pas bien. Les bons ouvrages consacrés à prouver la vérité du Christianisme abondent.
On me reprochera peut-être d'avoir exagéré l'ignorance de Constance. A ce reproche, je répondrai que, vivant dans le monde, j'y ai rencontré beaucoup de femmes plus ignorantes encore que l'interlocutrice de M. de Kerkoff; j'ai entendu toutes les erreurs que j'ai reproduites. Mon drame n'est l'histoire d'aucune, mais l'histoire d'un grand
nombre. *