XII AVANT-PROPOS
Il est possible que mes lectrices s'irritent contre les développements historiques dans lesquels je suis entré, je ne leur en voudrai pas; seulement, tout en passant condamnation sur ces chapitres, je les prierai de m'indiquer un autre moyen de leur tout dire sans blesser leur juste délicatesse. J'ai cherché et beaucoup cherché ce moyen. L'histoire seule m'a fourni un voile convenable et suffisamment transparent. J'avais à choisir entre Fennui et le dégoût ; j'ai préféré l'ennui. J'oserai encore me permettre cette réflexion : La beauté et la grandeur du Christianisme ne peuvent être appréciées, à leur vrai point de vue, que par l'opposition du Christianisme au paganisme. J'ai dû essayer de résumer l'antiquité.
Ma critique des romans contemporains, fruit d'un travail aussi pénible que fastidieux, m'avait amené à penser qu'il importait de répondre par un ouvrage spécial à l'immensité des erreurs répandues, dans la société et dans le peuple, par cette foule d'écrits défigurant et la morale et le Christianisme. J'ai cherché dans ces Causeries à réaliseï un plan conçu en lisant G. Sand, Eugène Sue. Balzac, etc., etc.fJ'ai préludé dans mon premiei ouvrage à cette réfutation, mais d'une manièn
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nécessairement incomplète; dans celui-ci je l'ai présentée au fond, dégagée de toute préoccupation de critique spéciale, et seulement par voie d'exposition. Le saint prélat, mort pour son jtroupeau, Monseigneur Affre, avait daigné encourager l'exécution de ce projet qui lui avait été soumis; la bienveillance avec laquelle ce glorieux martyr avait accueilli et recommandé mon premier travail m'a soutenu dans celui-ci ; le souvenir des bontés dont m'honorait ce grand évêque, bontés que m'avait attirées cette publication, est sacré pour moi, et je place mes Causeries sous sa protection sainte.
Je ne suis pas théologien; j'ai du prendre toutes sortes de précautions pour mettre à couvert mon orthodoxie. Monseigneur Tévêque de Bayeux a daigné lire, avec la bonté qui le caractérise, mon manuscrit, le corriger et l'approuver; j'ose lui offrir ici l'hommage public de ma profonde et respectueuse reconnaissance. Un théologien, justement apprécié dans la science, a bien voulu revoir avec moi une à ^e toutes les pages de ce livre ; je suis donc ras- . sure sur la pureté des doctrines qu'il contient.
J ai dû beaucoup emprunter et aux vivants et aux morts. J'ai puisé, le plus que j'ai pu, dans Bos-