PREMIERE PARTIE
PREMIÈRE SOIRÉE
Oh! je me s^ns hear^use ici, mon vieil ami; je suis calme, je respire à l'aise sur les bords de ce petit lac^ appuyée sur votre bon bras, je me trouve forte. Que je suis bien ici !.. . Et je quittais Paris hier à pareille heure ! . . . Cela ne semble pas possible. 11 y a un monde entre son tapage et votre solitude!... bonne solitude, mon ami, que la vôtre! Cette lune naissante qui se reflète dans cette eau limpide ; ces beaux arbres, tellement grandis que je ne les reconnais plus, baignant leurs branches et leurs feuilles dans celte onde si pure , cette vue si étendue et si douce, cette pelouse si fraîche, vos fleurs si brillantes, si parfumées ! 1! oh ! tout cela vaut mieux que la poussière de notre grande ville; et ce qui vaut mieux encore,. c'est ce calme si profond. On est bien ici. Ici vous êtes heureux, vous, ami : vous êtes loin de toutes nos passions, de toutes nos luttes du monde ; sa corruption ne vous arrive que par les articles de votre journal, vous vivez de votre bonne vie I Oh oui ! vous êtes heureux, vous I
Vous ne me répondez pas !... Ai- je bien compris TOtre 8i<^ lenee?.. .. Vous tous taisez I... Je ne tous interrogerai pasl... mais je ne comprends plus !... car la vertu est ici* toutes les conditions du bonheur sont ici !..• vos enfants sont charmants» Totre femme est parfaite. Vous êtes riche, tous êtes respecté de tous, <m tous aime, on vous recherche; et tous êtes.... I chrétien... Et tous n'êtes pas heureux, complètement heureux !... Et je croyais, moi, que quand on possédait tout cela on aTait le bonheur. Et je me suis trompée, bien trompée, donc! '
Et une larme brillait dans l!<Bil de la jeune femme qui par- i lait ainsi, et sa figure si expressiTC se couTrait d^une teinte sombre, et elle interrogeait du regard encore Fhomme aTanoé en âge sur le bras duquel elle s'appuyait aTec une affection toute filiale. Elle souffrait celte jeune femme, et du malaise que j semblait éprouTcr son Tieil ami, et bien plus encore de quelque peine profonde cachée au fond du cœur.
— Encore une illusion perdue I . . . Ces mots lui échappèrent après un court silence... Encore une découTerte pénible I.... Je TOUS croyais heureux 1 Et tous ne Têtes pas , oh ! je le tois bien. Et je croyais que le christianisme donnait le boiûieur . Je me suis donc trompée ! . . .
— Chère petite dame... • •
— D'abord ne parlez pas comme cela. Je ne suis pas ponr TOUS une dame^ ni grande, ni même petite; je suis Totre en* fant adoptif. H y a quinze ans, quand je Tins ici dans Totre bonne Bretagne, tous m'appeliez encore Constance. N*estH» pas à TOUS que je dois ce nom, puisque tous me TaTez donné au baptême?Vous continuerez, ou....
— Ou quoi?... Il y a quinze ans, tous étiez une pensionnaire, une enfant; je conservais, et j'aTais tort déjà, une habitude prise auprès de Totre berceau; mais à cette heure, tous êtes mariée. Tous aTCz une fille que j'appelle Marthe, un fils queje tutoie ;)e tous dois le respect, et je ne puis consentir tju'â le modéf«r, ce respect.
— 'Oh f je +0U8 en prie!... Je n'ai plus de père , Toué le
sarez <
ff ••*•