‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 9 sur 259 · PREMIËRE PARTIE. - PREMIERE SOIRÉE · texte numérisé non relu

PREMIËRE PARTIE. - PREMIERE SOIRÉE

— Soit, 80Ît, mon enfant, plus de respect, je reprends mon ancien rôle, puisque vous me le rendez ; mais je Taurai tout entier, n'est-ce pas? Vous me semblez bien malade, me direzvous tout?....

— Oui, si je puis; mais soyez bon, vous, comme il y à quinze ans, quand vous me faisiez sortir de celte odieuse peùsion. Quelles douces paroles vous m'adressiez ! Jamais, non jamais, je n'oublierai ces heures. Vous me parliez de mon père, que vous avez tant aimé, enlevé sitôt à mon amour I Puis, quand je vous disais ces mots si pénibles à prononcer: (( Je suis bien seuledans la vie maintenant I x> oh je m'en sou'viens, vous pressiez mes petites mains, et vous me répondiez arec cet accent qui vous appartient : Courage, ma petite Constance, les bons jours viendront; et moi, je ne t'abandonnerai pas. Eh bien, m'abandonnerez-vous? les bons jours ne sont pas venus!... Ce n'est pas votre faute...

Membre de ma tutelle, on ne Vous a jamais consulté sur mes intérêts ; je sais que vous étiez bien loin de moi lors de mon mariage, je sais que vous m'avez écrit, et que Ton ne m'a pas reom votre lettre ; je ne vous accuse pas. Dieu m'en garde; mais me voilà, et me voilà venant vous demander le secret de ces bons jours que vous m'avez promis et que je n*ai pas.

— Votre mère?...

— Elle est heureuse, dit-elle, et je n'entends presque plus parler d'elle.

— Je comprends. Votre mari?

— Il n'est pas à Paris. Je le suppose en mer ou bien près de s'embarquer; il a un commandement. Ne m'interrogez pas aujourd'hui, je vous en conjure. Je vous dirai tout un autre jour.

— Votre fille est charmante, ma bonne Constance, et son heureuse physionoAiie annonce une âme d'élite; de plus je dois vous dire que cette bonne nature me paraît bien dirigée. Est-ce votre œuvre que celte éducation î Votre fils est beau, fort, fl me rappelle votre brave père. Puisse-t-il lui ressembler en tout, voilà probablement les éléments des beaux jours que

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je TOUS ai préditS| il y a longtemps déjà. Dans la \ie, voyez- ▼ouSt les bons jours n'ont pas d*époque Gie, pas de saison ; ils Tiennent à un moment ou à un autre. Peut-être épuisez- TOUS actuellement les mauTais; puis, mon enfant, on apprend à souffrir, on se fait à la Tie : c*est là une grande et pénible étude, parfois.

— Eh bien, c'est cette étude que je Tiens faire, mon Tieil ami. Je n'en puis plus. Je suis accourue Ters tous parce que TOUS m'aTez dit : Tenez. Le Tase est comble; aTecTOus il peut déborder sans danger. Vous êtes mon père, tous ; je tous Ténère comme tel ; mais, je tous en conjure, enseignez-moi à être heureuse, apprenez-moi le bopheur.

— Si je professais cette science, ma chère Constance, comme le commun des hommes du monde Tentend, j'aurais bien des disciples; car tout homme aspire au bonheur, encore qu'il ne soit pas compris de la même manière partout. Vous tous plaignez, et il est plus que probable que jeune,riche, belle, bien posée comme tous Têtes, tous faites euTie à une foule de personnes, dont Tous-même tous euTiez le sort, et Irès-cerlainement tous possédez des éléments de Trai bonheur. Le bonheur, Toyez-Tous, c'est un mot dont l'homme a perdu le sens Trai.

— Si je TOUS comprends bien, la science du bonheur n'est donc plus que la science de la souffrance? oh ! celle-là je la possède; maisalorsqu'est-cedoncque notre destinée où la justice du Dieu juste!... Deslarmes, puisdes larmes, toujoursdes larmes. L'enfant pleure en naissant, au berceau; la jeune fille» en pension ; en rentrant dans la maison de sa mère, la jeune femme. .. Oh! quede pleurs encore; et qui les séchera, ces larmes ?. . . Nos enfants?... Oui, peut-être! et cependant combien ne nous en font-ils pas répandre ; et la Tie s'écoule ainsi !... On vient à TOUS. On suppose que le bonheur s'est installé à votre foyer; et si l'on TOUS interroge, tous tous taisez. Il faut donc y renoncer.... Et ce besoin que Ton sent au fond de son cœur, ce besoin de bonheur qui sans cesse nous tourmente, qu*est-ce donc, encore?... Une cause de souffrance I! Vous le diraî-je l

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